Port du casque : La sensibilisation d’abord

Cet équipement de protection sera obligatoire dans la circulation à partir du 1er janvier 2023. Mais l’Agence nationale de la sécurité routière a commencé la sensibilisation depuis mars dernier pour amener les motocyclistes à se conformer à la réglementation

Publié vendredi 04 novembre 2022 à 06:21
Port du casque : La sensibilisation d’abord

Le Code de la route de notre pays qui date de 1999, impose à chaque conducteur et passager de moto le port d’un casque de protection. Cependant peu de conducteurs d’engins à deux ou trois roues respectent cette réglementation dont l’application effective est prévue à partir du 1er janvier 2023, conformément à la vision des autorités de la Transition, annonce le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser).

Pour justifier la décision de rendre obligatoire le port du casque, Ousmane Maïga évoque les statistiques sur les accidents de la circulation routière. Il révèle à cet effet que 70% des accidents de la circulation impliquent directement les engins à deux et trois roues. Aussi, au niveau des grands hôpitaux plus de 50% des cas d’urgence, sont des victimes d’accidents de la route et près de 80% sont des passagers ou conducteurs de moto.

D’où l’urgence de prendre le problème de circulation de moto à bras le corps. « Quand on regarde un peu les lésions enregistrées au niveau des hôpitaux, 75% ce sont des traumatismes crâniens, en tout cas des lésions qui concernent la tête », déplore notre  interlocuteur. Selon cet expert des questions de la sécurité routière, la seule possibilité de protéger un usager contre les traumatismes crâniens en cas d’accident de circulation, c’est le casque de protection.

 

Sensibilisation de proximité- Le gouvernement a décidé en conseil des ministres qu’avant l’application effective de la réglementation, une vaste campagne de sensibilisation soit menée, explique Ousmane Maïga. Objectif : permettre au maximum d’usagers de pouvoir se mettre en règle vis-à-vis de la réglementation.

« On fait cette campagne depuis mars 2022, qui devrait normalement finir en  août,  mais à l’évaluation, nous nous sommes rendu compte que peu de conducteurs et de passagers portent le casque. C’est pourquoi, il a été décidé lors du conseil des ministres du 24 août dernier de poursuivre la sensibilisation jusqu’à la fin de l’année et de commencer l’application effective à compter du 1er janvier 2023 », précise le directeur général de l’Anaser. 

Dans cette démarche, ce sont des sensibilisations de proximité qui ont été effectuées. « Chaque fois qu’on veut appliquer une mesure, les gens disent qu’ils ne sont pas au courant. Donc, nous avons des campagnes de sensibilisation sur le port du casque dans les lieux de culte, à travers le ministre des Cultes, dans les écoles et les marchés », confie le directeur général. à cette sensibilisation, s’ajoute la communication digitale en cours et qui continuera jusqu’à décembre pour avoir l’adhésion de la population, indique-t-il.

120.000 casques- Après avoir exploré le marché pour l’approvisionnement en casques, l’Anaser a fait des échantillonnages et a pu répertorier 51.000 casques à Bamako et près de 70.000 dans toutes  les régions réunies, révèle Ousmane Maïga. Au total : 120.000 casques sont disponibles sur le marché, alors que le nombre de motos est estimé à peu près à 2 millions. Ce nombre de casques est insuffisant. « Il n’y a pas une moto qui arrive au Mali dans les caisses sans que chaque moto soit muni de deux casques.

Donc s’il y a  deux millions de motos, c’est qu’il y a 4 millions de casques. Mais le fait que la réglementation n’était pas appliquée, certains commerçants ont réexporté les casques vers le Burkina Faso ou d’autres pays où les casques sont beaucoup utilisés », croit savoir le patron de la sécurité routière. Pour lui, c’est la règle du marché, à cet égard, c’est la demande qui doit faire en sorte que les commerçants vont importer des casques, il y a de gros vendeurs qui peuvent satisfaire ce besoin.

À Bamako et dans cinq régions, le prix du casque moyen varie de 5.000 à 20.000 Fcfa, pour les motos les plus utilisées. « Nous sommes en train de faire des sondages pour voir le taux du port du casque, pour voir si malgré toutes les démarches que nous sommes en train de faire,  est-ce que les gens continuent à porter les casques ?

Avant même le deadline de l’application effective, en décembre prochain, nous nous proposons de faire des contrôles routiers », annonce le directeur général. En attendant l’application effective de la réglementation, les motocyclistes qui ne portent pas de casque n’auront pas accès à certaines infrastructures, comme les ponts et certains artères à Sikasso ou l’artère principale à Ségou.

« Nous allons commencer par les moyens de dissuasion en même temps continuer à sensibiliser. Hier, pour faire la promotion de casques, la ministre des Infrastructures et des Transports a fait un don symbolique au ministère de la Sécurité et de la Protection civile et cela se poursuivra avec d’autres départements ministériels », révèle Ousmane Maïga. L’objectif étant de rehausser le taux du port de casque de protection.


Il ressort des explications du directeur général, qu’à partir du mois de janvier prochain, la réglementation s’appliquera dans toute sa rigueur et des amendes sont à payer en cas d’infraction. à cet égard, l’accès au service public sans casque sera interdit. Cette mesure est en vigueur déjà au ministère des Transports et des  Infrastructures. Mieux, une charte de la sécurité routière est en cours d’élaboration, que l’Anaser fera signer par les entreprises, pour qu’elles fassent autant.

« Chaque fois qu’un usager ne porte  pas son casque, il payera 3.000 Fcfa et la moto sera immobilisée jusqu’au paiement de l’infraction. Pour récupérer sa moto, l’usager va devoir chercher la preuve qu’il possède un casque », prévient notre interlocuteur. Selon le directeur général, courant 2023 l’Anaser, effectuera une évaluation afin de savoir s’il y a lieu d’augmenter l’amende au prix du casque.


Parlant des normes de qualité, il assure que tous les casques sur le marché sont normalisés et sa structure travaille actuellement avec l’Agence malienne de normalisation et de promotion de la qualité (Amanorm) pour établir une norme malienne.

Ce processus en cours, porte sur cette norme nationale qui servira de base pour les commerçants dans les intentions d’exportation. Aussi, sera-t-il demandé aux fournisseurs d’exiger aux firmes qui fabriquent les casques de tenir compte de la norme malienne pour approvisionner le pays. Le casque est pour la sécurité routière ce que le vaccin est pour la maladie.

Babba COULIBALY

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Lire aussi : Ramadan : Faible engouement pour les jus industriels

Beaucoup pensent que ce commerce est particulièrement rentable en période de jeûne. Pourtant, la réalité est toute autre pour nombre de commerçants.

Les articles de l'auteur

Affaire Wave : Le décryptage dE Mamadou Coulibaly

L’expert en audit stratégique des filières économiques soutient que la régulation du secteur du mobile money au Mali nécessite d’équilibrer la concurrence, d’harmoniser les tarifs et de renforcer la sécurité des consommateurs.

Par Babba COULIBALY


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:47

Axes Bamako-Kati : Les travaux s’accélèrent après un temps d’arrêt

Le constat a été fait hier par le directeur général des routes, Cheick Oumar Diallo et son équipe. Les deux chantiers coûteront plus de 92 milliards de Fcfa.

Par Babba COULIBALY


Publié vendredi 27 février 2026 à 08:54

Modibo Mao Makalou : «Le code minier de 2024 fait bondir les recettes minières de l’État de 547 à 835 milliards de Fcfa»

Le secteur minier malien connait d’importantes réformes à travers un nouveau code qui prévoit un contenu local afin que l’or puisse briller pour tous les Maliens. Le secteur stratégique des mines contribue déjà fortement au budget national. Dans ce décryptage, l’économiste Modibo Mao Makalou aborde les questions relatives à la souveraineté minière, au nouveau code minier, ainsi que les recettes d’exportation et fiscales générées par le secteur minier.

Par Babba COULIBALY


Publié mercredi 25 février 2026 à 08:49

Assemblée consulaire de la CCIM : Plusieurs points à l’ordre du jour

L’assemblée consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), session 2026, s’est tenue hier au Parc des expositions de Bamako. L’ouverture des travaux a été présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, en présence du président de la CCIM, Madiou Simpara, des membres de l’institution consulaire et des délégués..

Par Babba COULIBALY


Publié vendredi 20 février 2026 à 08:49

Madani Dravé, DG de EDM-SA : «Notre objectif, c’est une fourniture plus maîtrisée et plus stable»

Aujourd’hui, la priorité est la mise en service complète des infrastructures existantes, dont certaines sont à l’arrêt depuis quelques années.

Par Babba COULIBALY


Publié jeudi 19 février 2026 à 08:46

Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali : Moussa Coulibaly rempile

Le secrétaire général (sortant) de la Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali (FENAME), Moussa Coulibaly , a été reconduit à son poste pour un mandat de cinq ans. Il dirige un bureau de 36 membres, en plus des 7 membres de la Commission de vérification..

Par Babba COULIBALY


Publié lundi 09 février 2026 à 09:02

Foires de fin d’année : Madiou Simpara satisfait de l’organisation

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Madiou Simpara a visité, jeudi dernier, les foires d’exposition de fin d’année. Premier site visité: l’esplanade du Stade du 26 Mars où se déroule la Foire de fin d’année (FIAMA), une initiative de l’Union des associations des commerçants détaillants du Mali..

Par Babba COULIBALY


Publié lundi 05 janvier 2026 à 08:51

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner