Les deux usaient de la violence pour avoir ce dont ils avaient besoin et écoulaient facilement leur butin sur le marché noir
Le commissariat de police du 3ème arrondissement dirigé par le commissaire divisionnaire Amadou I. Balobo Maïga vient de mettre hors d’état de nuire, un malfrat spécialisé dans le vol qualifié ainsi que son receleur. L’homme a été identifié comme M.B alias « Spartacus ». Relativement jeune, celui dont le sobriquet fait penser au nom d’un héros de film de barbares fait partie d’un duo de malfrats qui agissait toujours dans les secteurs de Missabougou, en Commune VI du District de Bamako.
Selon nos sources, en compagnie de son binôme qui court toujours dans la nature, les deux bandits ont longtemps coupé le sommeil aux habitants de ce quartier et ses environs. Dans la pratique, c’est un duo qui entrait par effraction nuitamment chez leurs victimes et dépouillaient ces dernières de leurs biens.
Ils n’hésitaient pas à faire usage de violence dans certains cas. Rien d’étonnant, qu’ils soient toujours munis d’une hache et d’un pistolet dans leur opération. Malheur à ceux qui osaient leur opposer une quelconque résistance, la bande à « Spartacus » n’hésitait pas à faire usage de leurs armes.
Le plus souvent, ils les ligotaient avant de leur administrer une bonne correction corporelle. Comme cela fut le cas de A.Y, leur dernière victime à la suite de la plainte de laquelle, le glas a sonné pour les deux bandits. Cet employé de commerce et son épouse ont eu le malheur de recevoir les malfrats à domicile.
Cette nuit-là, comme à leur habitude, « Spartacus » et son complice ont fait irruption au domicile de A.Y. Ils trouveront sa femme dans la cuisine alors que lui-même somnolait. Ils ont mis le couple au respect avec une hache et un pistolet avant de couvrir leur tête par un drap. Pris de peur, A.Y leur dira où il a caché son argent avant de se voir dépouiller de la rondelette somme de 700.000 Fcfa.
Les bandits armés ont également emporté 5 téléphones portables. Après leur forfait, ils ont ligoté A.Y et sa femme avant de disparaitre dans la nature. Ainsi, le lendemain, A.Y a déposé une plainte contre ses agresseurs au niveau de plusieurs commissariats de police de la place. Et c’est ce qui a été déterminant dans l’interpellation de « Spartacus ».
Inutile de rappeler que l’une des forces de la police réside dans la collaboration de la population victime potentielle des malfrats de tout acabit. Cette approche a été déterminante dans la traque et l’interpellation du duo. Selon nos sources, il aura fallu tout le courage de AY qui a osé porter l’affaire chez les limiers pour en venir à bout de Spartacus.
À la suite de l’interpellation, A.Y s’est rendu au commissariat où il a formellement identifié M.B parmi les personnes interpellées ce jour-là. Car, selon lui, au moment de son agression les bandits n’étaient pas masqués. Interrogé, le suspect a en partie, reconnu les faits avant de se rétracter. Il a nié avoir participé au vol commis dans le domicile de A.Y à Missabougou. Toutefois, les enquêtes ont permis de savoir que le téléphone trouvé en sa possession appartenait à sa victime. En dépit de cette preuve, le suspect est resté dans sa logique de dénégation des faits.
Pour se défendre, il a déclaré avoir eu ledit téléphone portable des mains d’un certain A.G alias « Dogonon », un de ses amis d’enfance. Il a toutefois reconnu avoir aidé ce dernier à écouler des objets au marché des Halles de Bamako.
Ces informations ont conduit les enquêteurs sur la trace du receleur, « L.S.T ». Interpellé à son tour, ce dernier a désigné Spartacus comme celui qui lui a vendu deux téléphones portables, haut de gamme pour une somme de 150.000 Fcfa. Et que quelques semaines après la transaction, il a été surpris de voir les éléments du commissariat de police du 3ème arrondissement qui sont venus l’interpeller.
Ces aveux étaient suffisants pour que le dossier de « Spartacus » et celui de son receleur atterrisse sur le bureau du procureur du tribunal de Grande instance de la Commune II du District de Bamako. Ils ont été placés sous mandat de dépôt.
Tiédié DOUMBIA
Rédaction Lessor
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