Dès la publication du
rapport, toute la faune des médias de la Françafrique a, dans une belle
unanimité, repris les informations, sans aucune distance. Aucune précaution
d’usage dans le traitement de ce sujet. De la part des médias prompts à donner
des leçons, cela est troublant.
Manifestement, les médias occidentaux oublient
les règles élémentaires du journalisme quand il s’agit de diaboliser une
personnalité, de la chasser du champ de la respectabilité, de la
décrédibiliser, avant de l’abattre.
Les médias, entièrement au service de la
propagande, ne s’embarrassent guère de scrupules quand l’Occident veut perdre
un individu ou un pays gênant. On se rappelle les fausses images satellites et
la fiole présentées par les Américains devant le Conseil de sécurité comme
preuves des armes de destruction massive en Irak.
Le mensonge, admis par tout
le monde aujourd’hui, était destiné à mettre à exécution le projet d’invasion
de l’Irak parce que la puissante Amérique avait mis à prix la tête de Saddam
Hussein.
À l’époque, les médias occidentaux ont tous soutenu les positions
va-t-guerre. Pas une seule objection n’était entendue sur les antennes des grands
médias.
Cet épisode de triste mémoire a malheureusement un précédent. Au début
dans les années 90, l’Occident, dans sa furia pour mettre à bas les régimes
communistes, a fabriqué les images du prétendu charnier de Timissoara afin
d’accuser le président roumain Nicolae Ceausescu. Le malheureux a été fusillé
par son peuple qu’on a réussi à soulever contre lui sur la base du faux.
Les envolées d’Ousmane N’Diaye, le rédacteur en chef de TV5 Monde contre le Mali - la Hac n’a pas manqué de l’épingler - relèvent d’une tradition bien établie dans les médias occidentaux. Ils taxent les autres médias de propagandistes mais ils sont sans nuance quand il s’agit de faire porter le manteau du diable par une personnalité devenue trop gênante pour l’hégémonie occidentale.
Brehima TOURE
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