Souvent, la route bouleverse des vies en une fraction de seconde. Le sort a choisi Mariam Boubacar Maïga, un samedi 21 novembre 2009. Ce jour-là , où tout a basculé, la jeune lycéenne, comme à ses habitudes, se rend aux cours au lycée Pie XII de Koulikoro. Son père qui la dépose est empêché.
La jeune dame sollicite donc les services de son cousin qui venait juste d’avoir une nouvelle moto. À peine sortie de chez eux, leur trajet est brutalement interrompu par un accident de circulation. L’engin qui les transportait entre en collision avec une charrette conduite par un jeune garçon de douze ans, juste en face du Centre de santé communautaire (CSCom) de la Cité du Méguetan.
Agée de 16 ans, l’adolescente tombe presque instantanément dans les vapes. «J’ai juste entendu un grand bruit. Le choc fut tellement violent que j’ai tout de suite perdu connaissance. Quand j’ai ouvert les yeux, j’étais allongée par terre et il y avait du monde autour de moi, la plupart en larmes», se souvient-elle encore.
D’une voix tremblante, notre victime raconte qu’elle a été transportée au Centre de santé de référence (CSRéf) de Koulikoro par la Protection civile où elle a reçu les premiers soins avant d’être évacuée rapidement au Centre hospitalier universitaire Grabiel Touré de la capitale. Une fois sur place, elle apprend la mauvaise nouvelle qui va changer sa vie à jamais: «Après la radiographie, le scanner et les autres analyses, le diagnostic tombe comme un couperet ! Les praticiens ont décidé d’amputer ma jambe. J’ignorais complètement toutes les implications que mon accident allait induire dans ma vie.»
Ainsi, pendant que les autres adolescents enfants de son âge partaient à l’école, Mariam Boubacar Maïga fut contrainte d’arrêter ses études pendant une année entière pour se faire soigner, appareiller et réapprendre à marcher. «Le changement était brusque. Il m’a fallu le soutien indéfectible de ma famille pour affronter les péripéties et les aspérités de cette nouvelle vie», confie-t-elle.
Les proches de Mariam ont aussi été présents durant cette rude épreuve. Avant la reprise de ses études, ses camarades du lycée et le corps professionnel lui ont apporté du réconfort moral et psychologique. «Quand j’étais hospitalisée, j’ai reçu beaucoup d’appels et de visites. Et le jour de la reprise des cours, tous mes camarades, désormais dans une classe supérieure, sont venus m’encourager et réaffirmer leurs affections.
L’abbé Jean Toé, le proviseur d’alors du lycée Pie XII, m’a laissé choisir la salle de classe qui m’était plus facile d’accès», se rappelle-t-elle. Pendant ses trois années du lycée, Mariam a étudié dans la même salle qui a, d’ailleurs, fini par être dénommée «La classe de Mariam» en souvenir de sa ténacité et de son intrépidité à poursuivre ses études.
Après le malheureux évènement, Mariam Boubacar Maïga a publié un livre intitulé «L’Espoir dans l’amertume». Un récit autobiographique dans lequel elle raconte comment le destin l’a contrainte à être dans une situation de handicap à la suite d’un accident de la circulation. Selon l’autrice, l’ouvrage est plus une invite aux personnes porteuses de handicap à ne pas s’apitoyer sur leur sort, à rêver grand et se donner les moyens de réaliser leurs rêves malgré leur handicap. Elle dénonce le regard social pesant et moqueur sur les personnes se trouvant dans cette situation.
DEMBÉLÉ Siguéta Salimata
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