Alors que les attaques contre les citernes et les axes stratégiques se multiplient, Mamoutou Coulibaly, l'un des membres influents du Bureau national du Collectif pour la défense des militaires (CDM) dénonce une stratégie d’asphyxie économique orchestrée par les Groupes armés terroristes et leurs sponsors étrangers. Dans cet entretien, le jeune leader analyse la nouvelle posture des ennemis du Mali et appelle les citoyens à collaborer étroitement avec les forces armées
L'Essor : Quelle analyse faites-vous de la nouvelle posture des groupes terroristes qui ont décidé de s'attaquer aux sources de ravitaillement du pays en carburant ?
Mamoutou Coulibaly : La nouvelle posture des groupes terroristes qui cherchent à asphyxier l'économie en s'attaquant aux sources de ravitaillement vise à affaiblir le Mali et à rendre les populations réactionnaires en s'attaquant à leurs revenus et à leurs infrastructures. Ils cherchent ainsi à saper la stabilité économique et sociale du pays en multipliant les actes de sabotage. Cette stratégie qui combine des attaques directes avec des tactiques de déstabilisation, cherche à créer un climat de violence, de terreur et d'insécurité grandissante tout en renforçant leur propre capacité de financement par le biais d'activités illicites comme la razzia, le racket, le pillage des ressources naturelles, et le contrôle des réseaux de contrebande. En continuant l'analyse de cette nouvelle posture, l' on se rend compte que l'objectif idéal derrière cette mise en scène est l'affaiblissement économique du pays et surtout la mise sous embargo des secteurs clés de l'économie malienne et les routes d'approvisionnement via le Sénégal. En s'attaquant aux citernes des compagnies pétrolières, les groupes terroristes sapent les économies locales et nationales à la demande des sponsors étatiques hostiles à la création de l'AES et à la stabilité de cette nouvelle alliance: cela peut inclure le racket des marchés, le pillage des terres agricoles, la saisie de ressources naturelles, ou la perturbation des activités commerciales.
L'Essor : En plus des opérations militaires sur le terrain, il y a aussi une guerre informationnelle en cours. Quel peut-être l'impact de cette guerre sur les populations ?
Mamoutou Coulibaly : En manipulant l'opinion publique, en diffusant de la désinformation et en exploitant les peurs, la guerre informationnelle impacte les populations. Ce qui peut entraîner des troubles sociaux, exacerber la division, semer la discorde et affaiblir la confiance envers les institutions. La manipulation de l'information est devenue un outil de guerre psychologique, dans ce sens, la guerre informationnelle vise à influencer les perceptions et les croyances des populations, créant un environnement de confusion et de méfiance à l'égard de l'information fiable. Elle peut exacerber les divisions au sein de la société, en attisant les ressentiments et en créant une fracture entre différentes communautés. La diffusion de fausses informations ou de propagande vise à semer la peur, à démoraliser les forces de défense et de sécurité et à affaiblir la résistance de la population et de ses partenaires. Derrière les campagnes de désinformation, les auteurs, probablement des jeunes recrutés par la DGSE Française, cherchent à déstabiliser le gouvernement et les institutions en compromettant la stabilité du pays pour installer des valets locaux au service de la France Afrique.
L'Essor : Avez-vous un message à l'endroit des citoyens?
Mamoutou Coulibaly : Nous disons aux populations de rester sereines et de ne point tomber dans le piège de l'ennemi. Les populations doivent comprendre que la défense de la patrie est un devoir envers chaque citoyen et de ce fait, la population ne doit pas rester en croisant les bras. Elles doivent être actives en donnant des informations fiables aux forces de l'ordre par le biais des canaux sécuritaires mis en place par les autorités. Les citoyens doivent rester sereins, de ne point céder à la panique et de chercher à vérifier les informations par les canaux de la Dirpa et par d'autres voix officielles.
Interview réalisée par
Souleymane SIDIBE
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