En effet,
il n’arrive pas à appréhender la réalité de ce mouvement de résistance qui a
fini par incarner les aspirations de son peuple. Au départ, minoritaire face à
l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) plus modérée, le Hamas a
fini par gagner des galons. Se reconnaissant de moins en moins dans la
politique de l’OLP accusée de docilité vis-à-vis de l’occupant israélien, les
Palestiniens se tournent de plus en plus vers le Hamas dont la ligne dure leur
permet de résister aux spoliations de leurs terres, aux assassinats et
humiliations. Des élections libres ont permis au Hamas de régner sur la bande
de Gaza.
Aujourd’hui, son aura est telle qu’une bonne partie des Palestiniens,
en particulier les jeunes, se mobilise à ses côtés. Coupez sa tête, il en
repousse une autre tel l’hydre. Abattez ses combattants, de nouveaux bras
prennent la relève. Comment alors anéantir un tel espoir, à moins de massacrer
tout un peuple, ce qui relève du domaine de l’impossible.
Toute la
bande de Gaza a été labourée par des obus et des destructions de souterrains
que le Hamas a creusé en surnombre, sans qu’une trace des otages soit trouvée.
Le courroux des parents des otages se manifeste incessamment et les Israéliens
pacifistes font souvent entendre leurs voix dans la rue sans que M. Netanyahu ne
leur prête la moindre importance.
Les
observateurs s’accordent à penser que sa fuite en avant résulte de sa volonté
d’échapper à la justice de son pays, ou retarder au maximum une condamnation
qui pourrait sonner le glas à sa carrière politique. Non satisfait de détruire
Gaza, il étend sa sanglante aventure guerrière au Liban par des pilonnages, une
incursion et des assassinats sous prétexte de lutter contre le Hezbollah qui
soutient activement le Hamas. D’ores et déjà, on dénombre près de 45.000 Palestiniens
morts sous les bombes et les balles israéliennes.
À côté de
lui, fait pâle figure Ariel Sharon, un général Premier ministre d’Israël de
2001 à 2006. Il est tenu pour responsable du massacre de plus de 3.500
Palestiniens perpétré, du 16 au 18 septembre 1982 dans le
camp de réfugiés de Sabra et Chatila, à Beyrouth Ouest. Ce général de l’armée
israélienne qui a, le premier, autorisé l’implantation de colonies israéliennes
en Cisjordanie et dans la bande de Gaza est mort en 2014, après ... huit ans
passés dans le coma.
Où s’arrêtera donc Israël dans ce que ses dirigeants appellent “ la défense de son existence “ ? 76 ans d’état de guerre et d’affrontements avec les Palestiniens et ses voisins arabes n’ont abouti qu’à cette impasse. À rappeler que la création de l’état d’Israël a été permise par la résolution 181 de l’ONU, votée le 29 novembre 1947 qui impose un plan de partage de la Palestine. Sur la partie du territoire qui leur est accordée, les Juifs proclament, le 14 mai 1948, l’État d’Israël. De guerre en guerre contre les Palestiniens et les voisins arabes et avec l’appui militaire et financier des états-Unis, Israël a étendu son territoire par l’annexion d’une bonne partie du territoire palestinien, de la Cisjordanie et du Golan en Syrie.
Une lueur d’espoir
de paix est née lorsqu’en 1993, Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien et
Yasser Arafat président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP)
ont signé les accords d’Oslo (Suède) aboutissant à une reconnaissance mutuelle
de l’OLP et d’Israël et un partage de territoire..
Mais, très
vite cette lueur s’est évanouie avec l’assassinat de Yitzhak Rabin par un
terroriste ultranationaliste juif israélien à Tel-Aviv le 4 novembre 1995,
lors d’un discours qu’il prononçait à la fin d’une manifestation populaire en
faveur des accords d’Oslo. Cet accord enterré avec son initiateur, Israël
poursuit ses expéditions guerrières.
Sûr de l’indéfectible soutien en tout
genre des USA, il étend sa campagne meurtrière au Liban et menace l’Iran. Ce
permanent esprit de belligérance qui l’amène à rester en état de guerre tout au
long des 76 ans de son existence est aujourd’hui largement contesté par sa
population qui semble pencher pour la démarche pacifiste de Yitzhak Rabin.
C’est d’autant plus une nécessité urgente que les débordements du
va-t-en-guerre de Netanyahou entrainent des fissures dans le rang de ses alliés
occidentaux poussés à cette prise de conscience par leurs populations dégoutées
par les horreurs qui n’en finissent pas.
Préconiser
la création de deux états ne peut être que la répétition de l’initiative de
l’ONU qui a créé l’état d’Israël en 1947 dans une partie de la Palestine. La
vraie solution reste la reconnaissance par Israël de l’existence de l’état
palestinien sur le territoire que lui accorde ladite résolution 181
Kabiné Bemba Diakité
Journaliste
Rédaction Lessor
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