Dans les différents stands, les démonstrations s’enchaînent et les contacts se multiplient
Depuis mardi, le Centre international de conférences de Bamako (CICB) s’est transformé en une véritable ruche technologique. Le français, le bambara et les langues du Burkina Faso et du Niger se mêlent dans cette ambiance particulière. Étudiants, entrepreneurs, experts, curieux et représentants des administrations se croisent autour d’une même passion : le numérique.
Pour sa 4è édition, la Semaine du numérique, consacrée à la transformation digitale, a donné une place de choix aux deux autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), invités d’honneur. Au-delà des stands, l’enjeu est de taille : faire de la technologie un accélérateur de développement et un nouveau levier d’intégration régionale. Dans les stands maliens, l’innovation se veut pratique. EduMali propose une école virtuelle conforme aux programmes scolaires. MoonScan, de son côté, met l’intelligence artificielle au service de la santé pour assister les radiologues dans l’analyse des radiographies thoraciques. «Le médecin garde toujours le contrôle final. MoonScan assiste, il ne remplace pas le professionnel de santé», souligne Sékou Togo.
Dans l’agriculture, Sénéfamou entend rapprocher les producteurs de l’information. Conseils agronomiques, calendrier agricole, prévisions météorologiques et alertes sur les maladies des cultures sont accessibles depuis un téléphone. L’application peut même restituer les informations en bambara, grâce à l’Intelligence artificielle. Autre innovation remarquée, Sackotech propose un système de localisation en temps réel des enfants en cas de disparition. Le Burkina Faso et le Niger ne sont pas venus les mains vides.
Le Burkina présente notamment son casier judiciaire en ligne, une plateforme de paiement des services publics et un système de pétition numérique. Le Niger expose, entre autres, Kaomini, CCP Mobile et ESCEP Niger, consacrés à la formation aux métiers du numérique. Pour Noureidine Gado, de Niger Post, la coopération s’impose naturellement : «Nous sommes une confédération, nous avons un destin commun.
Il est donc naturel de collaborer ensemble. Les démonstrations s’enchaînent, les contacts se multiplient et les idées circulent. Au CICB, l’AES donne à voir un autre visage : celui d’une jeunesse qui innove, d’entrepreneurs qui créent et de trois pays qui cherchent à mutualiser leurs compétences. L’intégration de l’AES ne se joue donc plus uniquement sur les terrains sécuritaire, diplomatique ou économique. Elle investit désormais un autre espace stratégique : celui du numérique. Au CICB, les trois pays ne se contentent plus de parler d’avenir. Ils commencent à le coder, à le connecter et à le partager.
Siguéta Salimata DEMBÉLÉ
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