La rencontre a permis de mieux faire connaitre les opportunités offertes par la BAD
Le Conseil national du patronat du Mali (CNPM), en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD), a organisé hier, dans ses locaux, une rencontre professionnelle d’échanges et de partage d’informations sur le thème : «Renforcer l’accès du secteur privé malien aux opportunités de financement et d’accompagnement de la BAD dans le cadre du Document de stratégie pays 2026-2031».
Présidée par le président du CNPM, Mossadeck Bally, en présence du représentant résident de la BAD au Mali, Cédric Achille Mbeng Mezui, la rencontre a réuni plusieurs représentants d’entreprises privées. L’objectif était de mieux faire connaître aux acteurs économiques les opportunités offertes par la BAD et de faciliter leur accès aux mécanismes de financement, notamment au profit des Petites et moyennes entreprises (PME). Les échanges ont également porté sur la nécessité d’aider les entreprises à préparer des projets bancables et de rapprocher les instruments financiers de la Banque des réalités du secteur privé malien.
Dans son intervention, le représentant résident de la BAD au Mali a insisté sur le rôle central du secteur privé dans la transformation économique du continent. « Pour la Banque, le secteur privé n’est plus seulement un partenaire potentiel, il est le véritable moteur de la transformation structurelle de nos économies en Afrique », a déclaré Cédric Achille Mbeng Mezui. Selon lui, la BAD accompagne le Mali depuis plusieurs décennies à travers des interventions destinées à soutenir la croissance, l’investissement privé et la transformation économique.
Depuis le début de ses opérations au Mali en 1974, la Banque a approuvé 117 projets au profit de l’État et du secteur privé pour un montant d’environ 4,3 milliards de dollars, soit près de 3.000 milliards de Fcfa. Le portefeuille actif compte actuellement 15 opérations, dont 14 dans le secteur public et une dans le secteur privé, pour un engagement total de 478 millions de dollars, environ 270 milliards de Fcfa.
Toutefois, le représentant résident a précisé que ces chiffres ne reflètent pas entièrement la contribution des entreprises privées aux projets financés par la BAD. « Il y a une seule opération du secteur privé, mais ce sont les entreprises privées qui mettent en œuvre l’essentiel de nos opérations », a-t-il expliqué.
Les infrastructures énergétiques, le transport et l’agriculture représentent environ 76 % du portefeuille actif de la Banque au Mali. Les autres interventions concernent notamment l’eau et l’assainissement, le secteur social, la gouvernance, les finances publiques et le changement climatique.
En cohérence avec les orientations nationales, notamment Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma et la Stratégie nationale pour le développement durable (SNEDD 2024-2033), la BAD a adopté en avril dernier sa stratégie d’intervention au Mali pour la période 2026-2031. Cette stratégie repose sur deux piliers : le développement d’infrastructures résilientes pour soutenir la croissance économique et la réduction de la pauvreté, avec un accent sur l’énergie, le transport et l’agriculture ; puis le renforcement des compétences et des capacités institutionnelles dans un contexte marqué par l’importance croissante des économies fondées sur le savoir.
Pour sa part, le président du CNPM a souhaité que cette initiative débouche sur une véritable feuille de route opérationnelle entre l’institution financière et le secteur privé. Mossadeck Bally a rappelé que les entreprises constituent un levier essentiel de croissance, de création d’emplois, d’innovation et de transformation économique.
Cependant, il a souligné que l’accès au financement reste l’un des principaux défis, particulièrement pour les PME. « Beaucoup disposent d’un savoir-faire, d’un marché et d’un potentiel de croissance, mais restent bloquées au stade de l’expansion faute de financement adapté », a-t-il déploré.
Face à cette situation, le CNPM plaide pour des mécanismes financiers plus adaptés aux réalités des entreprises, notamment des PME, avec des instruments tenant compte de la durée des investissements et des spécificités des secteurs d’activité.
Mossadeck Bally a également évoqué le Rapport pays 2026 de la BAD sur le Mali, consacré au thème : « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement du Mali dans un monde fragmenté ». Selon lui, cette problématique rappelle l’urgence de renforcer la mobilisation des financements pour accélérer la transformation économique.
Le président du CNPM a proposé de maintenir un dialogue permanent avec la BAD, d’orienter les entreprises vers les mécanismes appropriés, de constituer un portefeuille de projets bancables et d’accompagner leur structuration. Il a assuré que le CNPM entend jouer pleinement son rôle de plateforme de dialogue et de facilitation entre la BAD et les entreprises maliennes.
Cette rencontre a permis aux opérateurs économiques de mieux connaître les orientations de la BAD au Mali, ses mécanismes de financement ainsi que les critères d’accès à ses différents instruments.
Amadou GUEGUERE
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