Festival Bélénitugu: Un levier de développement

Au-delà de l’aspect festif de ce rendez-vous culturel qui prend de plus en plus une dimension importante, ses initiateurs veulent en faire un socle de consolidation des rapports humains, donc de vivre ensemble

Publié vendredi 20 mai 2022 à 06:27
Festival Bélénitugu: Un levier de développement

Véritable fête populaire à Somasso, une Commune rurale située à 35 Km de Bla avec une superficie de 2.185 Km et 17.000 habitants, le Festival Bélénitugu s’impose désormais dans l’agenda culturel de la localité. La 7è édition de ce rendez-vous culturel s’est déroulée du 14 au 18 mai derniers sous le thème : «Cohésion sociale, gage d’un Mali résiliant».

 Des centaines de personnes ont participé à l’événement malgré le contexte des sanctions de la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine  (Uemoa), imposées à notre pays.

A l’entrée du village, la population en file indienne a accueilli les délégations venues de Bamako et de l’intérieur pour participer à ce festival qui restitue un pan important de la culture du terroir. La présence massive des festivaliers et la qualité des invités attestent tout l’intérêt que revêt cette rencontre dont la dimension ne cesse de croître d’année en année. En tout cas, ceux qui ont la chance de participer à la première édition en 2015 peuvent mieux apprécier toute la dimension prise par ce Festival.

C'est dans cette ambiance festive, donc de vivre ensemble et de partage que le Festival Bélénitugu a tenu toutes ses promesses. Organisé à l’initiative de l’Association pour le développement de Somasso (ADS), en collaboration avec les autorités coutumières et politiques de Bla, l’évènement était présidé par le  ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné.

C’était en présence du chef d’état major de la Garde nationale, le général de brigade élizé Jean Daou, des membres du Conseil national de Transition, du directeur général de l’Agence de promotion touristique du Mali (APTM), Sidy Keïta, des membre de l’ADS dont le président Markatié Daou et la marraine de l’événement, Mme Daou Kadidia Coulibaly, native de Somasso, et le représentant de Orange Mali (partenaire officiel du Festival).

 Le ministre Modibo Koné a plaidé pour la paix, la cohésion sociale et l’accompagnement des initiatives de refondation. Il a exprimé sa satisfaction de soutenir les actions de développement de la Commune de Somasso à travers l’aménagement de la foret de Sommasso qui demeure une préoccupation du village. «Nous allons prendre des dispositions pour aménager les 6 hectares de cette forêt», a annoncé le patron du département en charge de l’Environnement.

Au nom des plus hautes autorités, il a salué l‘initiative et demandé à la population de soutenir les actions de la Transition, notamment la refondation d’un Mali nouveau dans la paix et le vivre ensemble. Il a offert une enveloppe d’un million de Fcfa aux «so denw» (ses sœurs de Somasso qui sont aujourd’hui mariées dans d’autres localités) venues participer au Festival.

Quant à Markatié Daou, il a témoigné de sa reconnaissance à l’endroit des partenaires et des personnes qui se sont investies pour la réussite de l’événement. Il a lancé un appel au ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme pour soutenir le Belenitugu qui existe depuis plusieurs siècles dans le Miangala (Somasso). Selon lui, le Beleni est un géni protecteur qui est célébré chaque année avant l’hivernage pour protéger le village contre le mal. C’est dans cette option que l’ADS a décidé de célébrer chaque année le Beleni à travers le Festival, a-t-il expliqué.

La grande innovation de cette édition est la renaissance d’une société sécrète (Koté) dont la dernière génération remonte à un peu plus de 45 ans après leur initiation. Elle est représentée sous une forme de danse traditionnelle.  Selon les initiateurs, le Kotè ou Kori en minianka est une société sécrète qui prépare les hommes à garder le secret et être endurants.

C’est un élément culturel de la communauté minianka qui régit la société et incite les hommes à affronter l’ennemi en cas de conflit. Il est ressorti des explications fournies que les femmes ne sont pas initiées à ce rituel. Les jeunes d’alors étaient initiés après leur circoncision qui se faisait entre 15 et 18 ans. C’est aussi une stratégie de guerre qui est enseignée aux jeunes pour défendre l’intérêt  de la contrée. 

Auparavant, les autorités coutumières et politiques avaient souhaité la bienvenue aux différentes  délégations. Cette rencontre  était un espace de promotion des jeunes artistes locaux.

Les temps forts du Festival étaient la prestation des troupes traditionnelles (Niogo, Koté), celle des enfants à travers un ballet, la projection du portrait de la marraine, la présentation des «so denw», la remise de moustiquaires imprégnées d’insecticide par Orange Mali et des médicaments contre le paludisme offerts par Madou Daou, un fils du terroir. `

La production et la présentation des émissions de divertissement, de débat et bon appétit sur Renouveau télé. Pendant 5 jours, le village de Somasso a été «pris en otage» par les festivaliers venus de différentes localités.

La programmation artistique était aussi riche avec Mamadou Dembélé dit Dabara et Seydou Daou dit Zamprin, Bonafas et sa troupe folklorique et d’autres artistes de la localité.

Amadou SOW

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