Goundo Magassa est une jeune célibataire orpheline de mère vivant avec un enfant au domicile paternel. Malgré cette situation sociale peu enviable, elle est détentrice d’un BT2 en comptabilité. Muni de ce parchemin et arpentant vainement les structures techniques pour déposer son dossier et demander un stage professionnel, la chance n’a pas souri à la trentaine Goundo Magassa, même auprès de l’Agence pour l’emploi des jeunes, (APEJ). Peut-être que cette année, ça ira, dit-elle avec optimisme. Pour ne pas vivre aux crochets des siens et loin de s’apitoyer sur son sort, elle s’est lancée dans le petit commerce.
Elle a démarré avec une modique somme de 20.000 Fcfa empruntée chez un commerçant de la place. De 2014 à 2015, elle vendait de la glace pendant le Ramadan. À l’époque, il n’y avait pas d’électricité dans la ville pour faire marcher les frigos. Ainsi, cette denrée ne se trouvant pas à profusion dans sa cité, la téméraire Goundo s’est lancée à l’assaut de sa marchandise jusque dans la capitale. Elle remplissait 5 à 6 sacs de 100 kg de la glace qu’elle venait revendre au détail. «Par jour, je pouvais réaliser une recette de plus de 50.000 Fcfa. C’était la pluie et le beau temps», commente notre commerçante, en lançant un grand rire qui laissait entrevoir ses dents d’une blancheur éclatante.
Prenant un peu de la hauteur, Goundo Magassa a diversifié la gamme de ses produits. Désormais, elle vend des fruits et légumes ainsi que des jus de boisson. À cause de la cherté de la pomme de terre en cette période et des conditions de conservation, elle a préféré arrêter momentanément ce commerce.
Avec ses maigres revenus, Goundo Magassa s’occupe de son enfant et subvient aux besoins des siens, le père étant moins productif à cause de son âge avancé. Elle ne connait guère de répit et achemine ses marchandises sur les foires hebdomadaires de Dioumara, Groumera, Madiga-Sacko, Kana, Tinkare et Diéma. En marge des différentes foires, elle sillonne la ville avec ses produits, allant de service en service sur une moto Jakarta, pétaradante, empruntée pour ses courses.
On ne réussit pas sans peine. Goundo Magassa ne cache pas ses difficultés. Elle est confrontée à un problème de conservation de ses fruits et légumes, dont certains pourrissent facilement dans son magasin à cause de la chaleur. Ses doléances portent essentiellement sur l’octroi d’une moto-taxi pour le transport de ses produits. Interrogée sur l’utilisation de cet engin à trois roues, elle affirme gaillardement qu’elle a passé par une auto-école qui lui a permis d’acquérir un permis de conduire datant de 2013. Elle est en train d’éponger ses dettes dont le montant s’élève à près de 200.000 Fcfa. Cette battante ne mérite-t-elle pas d’être soutenue et encouragée ?
En attendant de trouver l’âme sœur, Goundo Magassa continue de vivre honnêtement pour, argue-t-elle, être à l’abri des tentatives des hommes. Les sages ne disent-ils pas que «la pauvreté n’est synonyme de destin fatal !» Il suffit de croire en ses propres forces et d’oser entreprendre plutôt que d’attendre une hypothétique assistance qui souvent n’est pas déniée d’arrière pensée. Goundo Magassa montre le chemin à ses semblables sœurs qui vivent les mêmes situations familiales qu’elle et leur envoie le message suivant : «La meilleure des aides est celle qui provient de soi-même».
Ouka BA
Amap-DIÉMA
Rédaction Lessor
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