Ces dames travaillent pendant un mois au moins pour avoir la charge d’une benne vendue entre 25.000 et 30.000 Fcfa
Certaines femmes
exercent des activités qui sortent de l’ordinaire comme par exemple les
conductrices d’engins lourds de travaux publics, de remorques ou citernes, électricienne
au poteau, mécanicienne ou menuisier. Les femmes sont également de plus en plus
présentes dans les carrières d’extraction de matériaux ou de mines pour exécuter
les tâches les plus ingrates peu rémunérées.
C’est le cas de ces femmes qui
s’adonnent à l’extraction du gravier sur une colline à Yirimadio plateau en
Commune VI du District de Bamako. Sous un soleil brûlant, notre équipe de
reportage a rencontré au flanc de la colline ces exploitantes de graviers disséminées
par groupe sur leur périmètre de travail. Pour arriver sur leur site
d’extraction, il faut parcourir avec effort une dizaine de mètres.
L’échine
courbée vers le sol, certaines dames à l’aide d’un morceau de bidon raclent à
la force de leurs biceps une importante quantité de sable mélangé à du gravier.
Elles tamisent ces matériaux à travers un bidon de fortune conçu sous forme de
tamis. Le gravier ainsi tamisé est rassemblé sur un point de dépôt.
Pour obtenir une
quantité suffisante de gravier capable de remplir une benne, ces exploitantes
doivent suer eau et sang pendant trois semaines à un mois d’intenses et
harassantes activités. La saison sèche est une période très pénible pour ces
exploitantes à cause essentiellement de l’état très dur du sol. Pour obtenir la
charge d’une benne, ces exploitantes doivent décupler d’efforts pendant un mois
au moins afin d’amasser le volume nécessaire. Le prix de ce volume varie entre
25.000 et 30.000 Fcfa. Portant son enfant à califourchon, Fatoumata Naparé
remplit son récipient de sable.
La quadragénaire exerce ce métier depuis deux
ans. Elle et ses enfants sont au four et au moulin du lundi au dimanche de 8
heures à 18 heures. «Même la pluie n’est pas dissuasive pour nous. Nous sommes
contraints d’exercer ce métier en vue d’assurer pleinement mon autonomie
financière», avoue l’exploitante. Ce travail lui permet de subvenir à ses
besoins et éviter la mendicité occasionnelle.
Grâce à ce métier, cette mère de
huit enfants paie les fournitures scolaires, les frais de scolarité et assure
la prise en charge médicale de ses mômes. «On pouvait faire deux jours sans préparer
de repas à la maison à cause de la galère», confesse la quadragénaire avant de
conseiller aux femmes de refuser l’oisiveté.
DES BRAVES
FEMMES-Anta Ouologuem est de cet avis puisqu’elle ne s’avoue pas vaincue par
l’inactivité. Elle assure que l’extraction du gravier est laborieuse, mais
fructueuse. «Je résous mes petits problèmes financiers. C’est déjà un avantage»,
confie la mère de famille. Toutefois, elle affirme que son activité a des conséquences
sur la santé. «Une fois, tous mes enfants ont contracté une maladie provoquée
par ce dur labeur», déplore-t-elle.
S’y ajoute le souci de son époux de la
soustraire de ces travaux pénibles. Elle relève les diverses formes d’arnaque
auxquelles elle et ses collègues dont elles sont victimes. Souvent,
confirme-t-elle, des conducteurs de bennes ne leur payent que la moitié du prix
de la benne et n’honorent pas leur promesse de revenir payer le reliquat. Par
ailleurs, relèvent les femmes, il arrive que les graviers amassés la veille
soient volés la nuit, laissant la place déserte. Cette situation les oblige à
replonger dans le dur labeur pour reconstituer le tas.
Lassine Boiré,
chauffeur de camion benne, assure qu’il entretient une bonne relation de
travail avec les exploitantes de gravier. Cependant, il reconnaît que des
divergences surviennent généralement entre les deux parties et peuvent porter
sur la quantité de gravier nécessaire pour remplir la benne. Les chamailleries
autour de cette quantité sont interminables entre les deux parties et les
femmes gardent l’amertume de la frustration et sont outrées d’être grugées par
le sexe fort.
Alou Coulibaly est un
riverain de la colline d’extraction du gravier par les femmes. Il a de
l’admiration pour ces braves dames qui font ce travail pour aider leurs maris à
faire face aux dépenses conjugales. Il explique que ce sont les conditions de
vie difficile qui contraignent certaines femmes à se livrer à des activités pénibles
et qui fragilisent leur santé.
Elles ne tarderont pas à porter les stigmates de
ces durs labeurs sur tout le corps et dont les manifestations apparentes sont
les douleurs musculaires, articulaires et autres pathologies qu’elles peuvent
contracter du fait de l’environnement dans lequel elles ont évolué. Il arrive,
témoigne Alou Coulibaly, que certaines qui portent leurs bébés à califourchon
trébuchent et tombent en essayant de gravir la colline. Ces chutes
accidentelles peuvent provoquer des hématomes et ou des fractures. Cependant,
le vieil homme apprécie le fait que ces femmes gagnent leur argent dans la
dignité et le respect.
Aïssata El Moctar TRAORÉ
Rédaction Lessor
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