D’abord,
le président du Cnid a salué le rôle primordial des hommes de médias dans
l’enracinement de la démocratie et du développement économique et social de
notre pays, ainsi que dans la réussite de la Transition en cours. «Car, c’est
vous le relais entre le peuple, capital le plus précieux pour la réussite des
politiques publiques, et les gouvernants», a renchéri Me Mountaga Tall, avant
de réitérer son engagement «inaltérable» pour la consolidation d’une presse
libre et économiquement viable.
Pour
le conférencier, la presse est irremplaçable en démocratie. Cependant, a conseillé le président du Cnid, pour jouer
pleinement son rôle, elle doit combler certaines de ses faiblesses qui sont,
entre autres, les questions liées à la formation initiale et continue des
hommes de médias, la sécurité de leur emploi et le respect de la déontologie.
«L’aide publique à la presse peut y contribuer, mais elle n’y suffirait pas», a
estimé Me Tall, avant d’appeler à la dépénalisation des délits de presse afin
que la liberté d’expression soit mieux protégée. Toutefois, a-t-il nuancé,
cette dépénalisation ne saurait jamais être «l’irresponsabilité».
Le leader politique a, par ailleurs, estimé que l’année 2023 a été riche en évènements dont certains façonneront de façon durable notre futur. Il a ainsi cité l’adoption de la nouvelle Constitution. Rappelant la création de l’Alliance des états du Sahel (AES), il a indiqué que cette fédération pourrait préfigurer d’une intégration d’états dont le contour et la forme restent à parfaire. Pour lui, cette dynamique est conforme à toutes les constitutions de notre pays.
Le
président du Cnid a aussi évoqué le retrait de la Minusma qui avait « non
seulement un problème mais était également un problème ».
D’après lui, les
missions de paix des Nations unies ne sont pas et ne doivent pas être des
missions permanentes. Il est revenu sur le retour de Kidal dans la République
après une épique épopée des Forces armées maliennes (FAMa). Pour lui, ce retour
donne vie «au Mali Un et indivisible». Cependant, a tempéré le leader
politique, il ouvre un nouveau chapitre tout aussi complexe et difficile, celui
de la réalisation de l’unité nationale après celle de l’intégrité territoriale.
De ce fait, le président du Cnid a exhorté les groupes armés, qui avaient pris
les armes ou formulé des revendications irrédentistes, sécessionnistes ou
indépendantistes à faire leur auto-critique, à renoncer à leur projet et à
prendre leur place dans la case commune. « Ainsi, le dialogue
inter-Maliens aura tout son sens. La main tendue doit être saisie »,
a-t-il dit.
Me
Tall n’a pas manqué d’évoquer la Journée nationale de la
souveraineté retrouvée, célébrée le 14 janvier dernier. Pour lui, quoi de plus
normal pour un état de réclamer, notamment le respect de sa souveraineté.
Il a rappelé que l’année dernière, les Maliens ont beaucoup souffert de la
hausse du coût de la vie et des coupures intempestives et prolongées de courant
qui ont impacté toutes les activités sur toute l’étendue du territoire
national. Le leader politique a, à ce propos, invité à situer les responsabilités
et à mettre en œuvre de solutions pérennes.
Le président du Cnid a, par ailleurs, défini la Transition comme « un moment relativement court entre ce qui fût et ce qui est en gestation». «Cette Transition est celle du peuple malien et par conséquent elle n’appartient à personne mais au contraire à tous », a-t-il soutenu. En conséquence, Me Tall a appelé à contribuer par des actes concrets à la réussite de la Transition, à travailler ardemment à sa bonne fin par des élections démocratiques, transparentes et régulières dont les résultats seront acceptés par tous. Mais aussi à s’impliquer pour la consolidation et la pérennisation des acquis de la Transition.
Bembablin DOUMBIA
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