C’était
sous la présidence du directeur pays de Canada Sans Frontières, Brian Menelef,
en présence du représentant du ministère de la Promotion de la Femme, de
l’Enfant et de la Famille, Ousmane Mahamane, et de la représentante du
département en charge de la Justice, Kontin Marie Thérèse. Y étaient aussi une
actrice du changement, Aminata Yeya Bocoum, l’Imam du Centre furu djiguiyaso,
Youssouf Bagayoko, et la présidente de l’Association pour le progrès et la
défense des droits des femmes (APDF), Mme Diawara Bintou Coulibaly.
La
rencontre visait à favoriser une synergie d’action et un partage de bonnes
pratiques entre acteurs des régions d’intervention du projet, notamment Ségou,
Sikasso, Mopti, Tombouctou, Gao et le District de Bamako.
Selon
le directeur pays de Canada Sans Frontières, le mariage d’enfants est la cause
de plusieurs maux qui affligent les filles de nos communautés. Les conséquences
sont, entre autres, la déscolarisation, la grossesse précoce, l’exploitation,
voire la mortalité.
À
l’en croire, agir contre le mariage d’enfants, c’est lutter à la fois contre
tous ces maux. Pour lui, les textes existants doivent être respectés par les autorités politiques et administratives. Pour
sa part, Ousmane Mahamane a indiqué que notre pays a dénombré 1 million de
femmes et filles mariées avant l’âge de 15 ans, soit environ 18% de la
population malienne.
L’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans, le
viol, les violences sexuelles, les actes de torture constituent des crimes de
guerre contre l’humanité. Kontin Marie Thérèse expliquera le projet Justice et
paix (Jupax) qui prendra le relais du projet Justice, prévention et
réconciliation pour les femmes, mineurs et autres personnes affectées par la
crise au Mali.
Et
de dire que cela a permis à des milliers de compatriotes de participer à la
lutte contre les Violences basées sur le genre (VBG), l’impunité et la
corruption, mais aussi de participer activement à la réconciliation et à la
prévention des conflits. Pour elle, ce projet accroît la participation des
femmes et des filles en situation de vulnérabilité dans la prise de décision,
mais consolide aussi la paix et la réconciliation. Elle a aussi apporté un
démenti cinglant aux rumeurs selon lesquelles, on aurait enlevé toutes les
avancées dans le Code pénal.
Quant
à Aminata Yeya Boucoum, elle a fortement déconseillé les parents à marier leurs
enfants précocement. Et d’interpeller
les parents à penser aux conséquences, car l’enfant n’est pas prêt mentalement
à faire face aux réalités du foyer et à assumer souvent les charges familiales.
L’actrice du changement a cité deux cas
émouvants où les victimes avaient moins de 15 ans. L’une a été traumatisée à
vie et l’autre a trouvé la mort ainsi que les jumeaux à la suite des
complications liées à la grossesse. Contrairement à une coroyance, l’imam
Bagayoko a apporté un éclairage de taille. Selon lui, le mariage à un certain
âge n’est pas une recommandation de l’islam. Et l’homme de foi de donner
l’exemple du Prophète Mohamed (PSL) qui est une référence.
Le Messager d’Allah a marié sa fille à 19 ans et lui-même a épousé des femmes d’un certain âge. La présidente de l’APDF a recommandé l’application stricte du Code pénal qui réprim les VGB. Mais aussi que «le mariage religieux soit reconnu par les autorités politiques et administratives». Cela les aiderait dans le combat quotidien contre les VGB.
Maïmouna SOW
Rédaction Lessor
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