Produits de première nécessité : L’État fixe des prix plafonds au détail

Pour le ministre Mahmoud Ould Mohamed (d), les efforts du gouvernement n’auraient pas suffi sans l’accompagnement des opérateurs économiques

Publié mardi 12 avril 2022 à 05:48
Produits de première nécessité : L’État fixe des prix plafonds au détail

Les brigades économiques de la DGCC appuyées par les forces de sécurité, sont déployées sur les marchés pour sanctionner les éventuelles infractions à la réglementation

 Les nouveaux prix plafonds détaillants (aux consommateurs) des produits de grande consommation sont disponibles depuis le 6 avril. Le kg coûte 375 Fcfa pour le riz brisure non parfumé, 500 Fcfa pour le sucre local, 600 Fcfa pour le sucre importé. Le litre de l’huile locale vaut 1.000 Fcfa, contre 1.200 Fcfa pour l’huile importée. La miche de pain de 250 g est cédée à 270 Fcfa contre 135 Fcfa pour celle de 125 g. Le prix de la tonne du ciment local est fixé à 105.000 Fcfa, contre 115.000 Fcfa pour le ciment importé.

Le sac de 50 kg de l’aliment bétail est vendu à 9.000 Fcfa. Ils ont été rendus publics par le ministre de l’Industrie et du Commerce. Mahmoud Ould Mohamed animait vendredi dernier un point de presse dans la salle de conférence de son département pour rappeler les efforts faits par le gouvernement pour aider les consommateurs à faire face à l’augmentation mondiale des prix des produits de première nécessité. Il avait à ses côtés le directeur général du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), Boucadary Doumbia.

Ces prix indicatifs plafonds ont été fixés par l’arrêté n°2022/0865/MIC-SG du 6 avril 2022. Ils sont le fruit d’une consultation entre le département du Commerce, les opérateurs économiques importateurs et les membres du Conseil national des prix. Objectif : fixer des prix consensuels sur la base de l’analyse des structures des prix des produits subventionnés.


Ces consultations ont abouti à la signature des cahiers de charge fixant les conditions d’importation et de distribution des produits exonérés, a précisé le conférencier, prévenant que les brigades économiques de la DGCC appuyées par les forces de sécurité, sont déployées quotidiennement sur les marchés pour sanctionner les auteurs d’éventuelles infractions à la réglementation.

 

Marges bénéficiaires- Produits exonérés, car le gouvernement a subventionné l’importation de 300.000 tonnes de riz, 60.000 tonnes de sucre et 30.000 tonnes d’huile alimentaire correspondant à deux mois et demi de consommation nationale en renonçant à 50% de la base taxable au niveau du cordon douanier, a expliqué le ministre de l’Industrie et du Commerce. Selon lui, le manque à gagner pour le Trésor public est évalué respectivement à 32.000 Fcfa, 49.800 Fcfa et 48.720 Fcfa.

Toutefois, a fait savoir Mahmoud Ould Mohamed, ces efforts n’auraient pas suffi sans l’accompagnement de nos opérateurs économiques, qui ont sans doute renoncé à des marges bénéficiaires pour permettre aux Maliens d’acheter les produits à ces prix-là. Les augmentations du prix fournisseur (prix d’achat hors taxe) pour ces denrées étant de 45.000 Fcfa la tonne du riz brisure, 95.000 Fcfa la tonne du sucre et 116.000 Fcfa celle de l’huile de palme, a détaillé le conférencier.


À titre d’exemple, la tonne du riz brisure est passée de 225.000 Fcfa à 270.000 Fcfa. Quant au prix fournisseur de la tonne de sucre, il est passé de 275.000 Fcfa à 370.000 Fcfa. En 2020, le prix fournisseur de la tonne de l’huile de palme importé de la Côte d’Ivoire s’élevait à 784.000 Fcfa, contre 900.000 Fcfa cette année. Au même moment, le fret maritime a augmenté de 20% entre 2020 et 2022, a argumenté le conférencier, précisant que ces hausses sont consécutives à la reprise des activités économiques post Covid-19 qui a entrainé une hausse généralisée de la demande par rapport à l’offre.

Campagne décevante- À ces facteurs exogènes s’ajoute, à son avis, la faiblesse de la production céréalière résultant de l’arrêt précoce de la pluviométrie et de l’insécurité ayant empêché le déroulement normal des travaux champêtres dans les zones de production. «Pour sécuriser la production disponible issue de cette campagne décevante, le gouvernement a suspendu les exportations de céréales jusqu’à nouvel ordre», a rappelé le conférencier.

Cette mesure a, selon lui, conforté l’offre de céréales sur le marché national atténuant ainsi la portée des hausses de prix. «D’autres mesures sont en cours pour anticiper les impacts de la campagne agricole décevante sur la sécurité alimentaire des populations rurales notamment.

Il s’agit de l’adoption par le gouvernement d’un plan d’urgence axé autour de l’achat de 200.000 tonnes de riz par le Commissariat à la sécurité alimentaire pour lesquelles des ventes d’intervention et des distributions gratuites seront organisées pendant la période de soudure afin de stabiliser les prix à la consommation», a annoncé le ministre Mahmoud Ould Mohamed.

Toutefois, a-t-il insisté, les fluctuations brusques constatées sur les prix de la plupart des denrées alimentaires sont liées à un changement des habitudes de consommation alimentaire, qui était tout à fait normale du point de vue économique en période de ruée des consommateurs sur les produits entrainant du coup une augmentation brusque de la demande.

Cette réaction passagère du marché ne présage aucune imperfection mais plutôt une dynamique des structures de l’offre qui s’adaptent bien à la demande, a expliqué l’animateur de la conférence.

Revenant sur l’actualité brûlante, le ministre du Commerce a souligné que les polémiques nourries la semaine dernière autour des prix des légumes et d’autres produits saisonniers n’en valaient pas la peine. «Les produits saisonniers sont des cultures de contre-saison durant laquelle période leur disponibilité est abondante.


Présentement, sur les marchés de légumes, les produits maraîchers, la pomme de terre et autres tubercules alimentaires sont disponibles à des prix abordables au point que des producteurs cèdent à vil prix leur production», a argumenté le ministre Mahmoud Ould Mohamed.

 

Amadou GUÉGUÉRÉ

Rédaction Lessor

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Lire aussi : Ramadan : Faible engouement pour les jus industriels

Beaucoup pensent que ce commerce est particulièrement rentable en période de jeûne. Pourtant, la réalité est toute autre pour nombre de commerçants.

Les articles de l'auteur

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

Journée internationale de la femme : Zoom sur deux amazones aux parcours exemplaires

A l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont le parcours peut inspirer d’autres..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 08 mars 2026 à 12:20

CAN-féminine : La compétition reportée au mois de juillet

C’était attendu, c’est désormais officiel. La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé hier le report de la CAN-féminine qui était prévue du 17 mars au 3 avril au Maroc. Le tournoi aura finalement lieu du 25 juillet au 16 août 2026, toujours dans le Royaume chérifien..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:19

Familles fondatrices de Bamako : Le petit-fils le plus âgé de «jamanatigi» s’appelle Samba Niaré

Dans l’article intitulé «Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è Jamanatigi», une erreur nous a fait dire que le contrôleur général de police à la retraite Mamadou Niaré dit Gari est le petit-fils le plus âgé de Titi Niaré qui a été intronisé, le samedi 7 février à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:50

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner