Les brigades économiques de la DGCC appuyées par les forces de sécurité, sont déployées sur les marchés pour sanctionner les éventuelles infractions à la réglementation
Les nouveaux prix plafonds détaillants (aux consommateurs)
des produits de grande consommation sont disponibles depuis le 6 avril. Le kg
coûte 375 Fcfa pour le riz brisure non parfumé, 500 Fcfa pour le sucre local,
600 Fcfa pour le sucre importé. Le litre de l’huile locale vaut 1.000 Fcfa,
contre 1.200 Fcfa pour l’huile importée. La miche de pain de 250 g est cédée à
270 Fcfa contre 135 Fcfa pour celle de 125 g. Le prix de la tonne du ciment
local est fixé à 105.000 Fcfa, contre 115.000 Fcfa pour le ciment importé.
Le
sac de 50 kg de l’aliment bétail est vendu à 9.000 Fcfa. Ils ont été rendus
publics par le ministre de l’Industrie et du Commerce. Mahmoud Ould Mohamed
animait vendredi dernier un point de presse dans la salle de conférence de son
département pour rappeler les efforts faits par le gouvernement pour aider les
consommateurs à faire face à l’augmentation mondiale des prix des produits de
première nécessité. Il avait à ses côtés le directeur général du commerce, de
la consommation et de la concurrence (DGCC), Boucadary Doumbia.
Ces prix indicatifs plafonds ont été fixés par l’arrêté
n°2022/0865/MIC-SG du 6 avril 2022. Ils sont le fruit d’une consultation entre
le département du Commerce, les opérateurs économiques importateurs et les
membres du Conseil national des prix. Objectif : fixer des prix
consensuels sur la base de l’analyse des structures des prix des produits
subventionnés.
Ces consultations ont abouti à la signature des cahiers de charge fixant les conditions d’importation et de distribution des produits exonérés, a précisé le conférencier, prévenant que les brigades économiques de la DGCC appuyées par les forces de sécurité, sont déployées quotidiennement sur les marchés pour sanctionner les auteurs d’éventuelles infractions à la réglementation.
Marges bénéficiaires- Produits exonérés, car le gouvernement
a subventionné l’importation de 300.000 tonnes de riz, 60.000 tonnes de sucre
et 30.000 tonnes d’huile alimentaire correspondant à deux mois et demi de
consommation nationale en renonçant à 50% de la base taxable au niveau du
cordon douanier, a expliqué le ministre de l’Industrie et du Commerce. Selon
lui, le manque à gagner pour le Trésor public est évalué respectivement à
32.000 Fcfa, 49.800 Fcfa et 48.720 Fcfa.
Toutefois, a fait savoir Mahmoud Ould Mohamed, ces efforts
n’auraient pas suffi sans l’accompagnement de nos opérateurs économiques, qui
ont sans doute renoncé à des marges bénéficiaires pour permettre aux Maliens
d’acheter les produits à ces prix-là. Les augmentations du prix fournisseur
(prix d’achat hors taxe) pour ces denrées étant de 45.000 Fcfa la tonne du riz
brisure, 95.000 Fcfa la tonne du sucre et 116.000 Fcfa celle de l’huile de
palme, a détaillé le conférencier.
À titre d’exemple, la tonne du riz brisure est passée de 225.000 Fcfa à 270.000 Fcfa. Quant au prix fournisseur de la tonne de sucre, il est passé de 275.000 Fcfa à 370.000 Fcfa. En 2020, le prix fournisseur de la tonne de l’huile de palme importé de la Côte d’Ivoire s’élevait à 784.000 Fcfa, contre 900.000 Fcfa cette année. Au même moment, le fret maritime a augmenté de 20% entre 2020 et 2022, a argumenté le conférencier, précisant que ces hausses sont consécutives à la reprise des activités économiques post Covid-19 qui a entrainé une hausse généralisée de la demande par rapport à l’offre.
Campagne décevante- À ces facteurs exogènes s’ajoute, à son
avis, la faiblesse de la production céréalière résultant de l’arrêt précoce de
la pluviométrie et de l’insécurité ayant empêché le déroulement normal des
travaux champêtres dans les zones de production. «Pour sécuriser la production
disponible issue de cette campagne décevante, le gouvernement a suspendu les
exportations de céréales jusqu’à nouvel ordre», a rappelé le conférencier.
Cette mesure a, selon lui, conforté l’offre de céréales sur
le marché national atténuant ainsi la portée des hausses de prix. «D’autres
mesures sont en cours pour anticiper les impacts de la campagne agricole
décevante sur la sécurité alimentaire des populations rurales notamment.
Il
s’agit de l’adoption par le gouvernement d’un plan d’urgence axé autour de
l’achat de 200.000 tonnes de riz par le Commissariat à la sécurité alimentaire
pour lesquelles des ventes d’intervention et des distributions gratuites seront
organisées pendant la période de soudure afin de stabiliser les prix à la
consommation», a annoncé le ministre Mahmoud Ould Mohamed.
Toutefois, a-t-il insisté, les fluctuations brusques
constatées sur les prix de la plupart des denrées alimentaires sont liées à un
changement des habitudes de consommation alimentaire, qui était tout à fait
normale du point de vue économique en période de ruée des consommateurs sur les
produits entrainant du coup une augmentation brusque de la demande.
Cette
réaction passagère du marché ne présage aucune imperfection mais plutôt une
dynamique des structures de l’offre qui s’adaptent bien à la demande, a
expliqué l’animateur de la conférence.
Revenant sur l’actualité brûlante, le ministre du Commerce a
souligné que les polémiques nourries la semaine dernière autour des prix des
légumes et d’autres produits saisonniers n’en valaient pas la peine. «Les
produits saisonniers sont des cultures de contre-saison durant laquelle période
leur disponibilité est abondante.
Présentement, sur les marchés de légumes, les produits maraîchers, la pomme de terre et autres tubercules alimentaires sont disponibles à des prix abordables au point que des producteurs cèdent à vil prix leur production», a argumenté le ministre Mahmoud Ould Mohamed.
Amadou GUÉGUÉRÉ
Rédaction Lessor
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