Noix de cajou : Une pépite pour les femmes de Madina Kouroulamini

Grâce à la cueillette de ce fruit sec, elles assurent la prise en charge de plusieurs besoins, notamment les condiments pour les repas familiaux

Publié mardi 25 avril 2023 à 05:37
Noix de cajou : Une pépite pour les femmes de Madina Kouroulamini

En l’absence du propriétaire de la plantation des femmes coupent les fruits avec le bâton

 


Dans les zones rurales, la cueillette des fruits constitue l’activité principale des femmes pendant la saison sèche. Les noix de cajou ou anacardes sont, en cette période, des pierres précieuses. Selon le bilan de la campagne 2019 du Projet d’appui à la filière anacarde au Mali (Pafam), la production de l’anacarde occupe plus de 200.000 personnes en milieu rural dans notre pays.


Environ 90.000 tonnes sont produites par an, avec des recettes d’exportations évaluées à près de 32,5 milliards de Fcfa. Pour la collecte de ces noix dans les champs, filles, mères et sœurs marchent des kilomètres. Dans le village de Madina Kouroulamini dans la Région de Bougouni, les revenus de cette activité prennent en charge une grande partie des besoins des dames.

 Un jour du mois de mars dernier aux environs de 17 heures, le gazouillement des oiseaux mettait fin au silence des pommiers de cajou dans un champ? Et les coups de bâton géant assénés par une femme aux branches de ces arbres touffus pour qu’ils larguent les pommes de cajou. Une autre récupérait les fruits et retirait la noix de cajou. Pendant ce temps, d’autres femmes empruntaient, à pied, une voie en latérite pour rentrer à la maison. Certaines portaient sur leurs têtes des récipients contenant des noix de cajou.

Alimatou Ballo, 45 ans, et une autre femme étaient assises dans une charrette tirée par un âne. À côté d’elles, se trouvaient deux récipients remplis de noix de cajou. Les deux dames rentraient d’une partie de collecte de noix de cajou. «Nous venons de notre champ, situé à plusieurs kilomètres du village. On y va deux fois par semaine», explique la quadragénaire. Selon elle, du fait que l’étape de fructification de l’anacardier tend vers sa fin, elle peut collecter 15 kg de cette noix par jour. Au début de la cueillette (mois de février), indique Alimatou Ballo, elles pouvaient obtenir entre 30 à 50 kg.

Selon la paysanne, elle amasse ces noix pour les vendre quand elles atteignent un prix plus conséquent sur le marché. Elle précise que l’année dernière, elle a vendu 300 kg au prix unitaire de 200 Fcfa. Avec l’argent provenant de ce commerce, la quadragénaire achète des condiments pour la préparation des repas quotidiens.

Depuis l’enfance, Sitan Diawara accompagne ses parents à la cueillette des noix de cajou. Cette année, elle a 30 ans. L’activité, dit-elle, l’aide à acheter les condiments pour la cuisine.  «Nous passons souvent toute la journée au champ à collecter ces produits. Quand nous avons faim, nous retournons à la maison. Si tu fais une semaine sans aller, d’autres personnes passeront après toi», confie la trentenaire qui a collecté l’année dernière, 250 kg de noix de cajou.

 

Cacao du village- Quant à Salimata Doumbia, elle explique que les revenus de cette cueillette servent également à la prise en charge des besoins des enfants notamment l’achat de vêtements. Elle rappelle qu’il y a plusieurs années, le kilogramme de l’anacarde était vendu à 50 Fcfa. «Pendant une saison, on peut avoir 300 kg. L’année dernière, j’ai eu 200 kg», se souvient-elle, avant de se réjouir de la bonne récolte de noix cette année. Salimata Doumbia estime que la noix de cajou représente le «cacao» du village.


«Certaines femmes ne peuvent s’empêcher de choper ces produits dans les champs d’autrui pour subvenir à leurs besoins pressants», confie-t-elle, déclarant que les coupables de ces pratiques sont soumises au payement de 1.000 Fcfa d’amende par noix de cajou. Et d’indiquer qu’il y a des femmes qui déposent leur mil au moulin et partent, pendant ce temps, au champ cueillir des noix pour avoir les frais de condiments.

Diakaridia Diawara est propriétaire de 8 hectares de plantation de pommies de cajou. Il confirme que la cueillette des noix permet aux femmes de prendre en charge leurs dépenses liées aux besoins personnels, aux frais des condiments et aux charges des enfants. «Dans ma famille, les femmes nous aident à ramasser les anacardes. Après la vente, nous leur donnons de l’argent», affirme le cultivateur de 38 ans. En l’absence du propriétaire de la plantation, regrette-t-il, des femmes coupent les fruits avec le bâton.


Par conséquent, poursuit-il, les fruits non mûrs tombent et l’arbre perd ses fleurs. «Chaque année, nous tenons des échanges avec les femmes sur la manière de cueillir les noix», fait-il savoir. Diakaridia Diawara aussi bien que les femmes citées plus haut souhaitent voir naître dans le village, un projet portant sur la valorisation des noix de cajou et de la pomme de cajou.

En la matière, les défis à relever restent énormes. Selon la Pafam, moins de 1% de la production est transformé, la transformation des produits de l’anacarde occupe plus de 3.000 personnes dont 80% de femmes majoritairement en milieu rural. Le bilan de la campagne 2019, souligne que la filière ne bénéficie pas suffisamment de l’accompagnement de l'État, malgré son importance socioéconomique. Cette insuffisance se traduit par le faible niveau de règlementation de la filière et la faible capacité des services techniques concernés.

Dans une de nos parutions, le chef de la section des cultures sèches et cultures irriguées à la direction nationale de l’agriculture (DNA), affirmait que le document de la stratégie nationale de la filière anacarde avec son plan d’action budgétisé est validé par les services techniques. Cette stratégie prend en compte tous les acteurs de la filière, des producteurs aux transformateurs en passant par les commerçants et les transporteurs.

Mohamed DIAWARA

Lire aussi : Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Lire aussi : Agriculture, élevage et pêche : De bonnes perspectives

Le Conseil de cabinet élargi des départements de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche et du Commissariat à la Sécurité alimentaire sur la validation du plan triennal de campagne agricole consolidé et harmonisé s’est tenu, mardi 17 mars, à la Direction des finances et de matériels .

Lire aussi : Le ministre des Mines à propos de la Brigade spéciale des mines : «Le gouvernement a créé cette brigade pour mener une lutte implacable contre les exploitations illégales des mines»

La création de la Brigade spéciale des mines a été adoptée lors du Conseil des ministres du 11 mars 2026. Dans cet entretien, le ministre des Mines, Amadou Keita, revient sur les motivations du gouvernement en mettant en place cette brigade. Il explique également l’organisation de cette no.

Lire aussi : Approvisionnement en carburant : Plus de 500 citernes réceptionnées, les autorités rassurent

Plus de 500 camions-citernes chargés d’hydrocarbures ont été réceptionnés ce vendredi 13 mars 2026 à l’Office malien des produits pétroliers (Omap). Cette opération vise à renforcer la disponibilité du carburant et à stabiliser l’approvisionnement du marché national, dans un contex.

Lire aussi : Affaire Wave : Le décryptage dE Mamadou Coulibaly

L’expert en audit stratégique des filières économiques soutient que la régulation du secteur du mobile money au Mali nécessite d’équilibrer la concurrence, d’harmoniser les tarifs et de renforcer la sécurité des consommateurs.

Lire aussi : Filière lait au Mali : Un potentiel de 2,55 millions de tonnes encore sous-exploité

La valorisation du lait local était au cœur d’une séance de travail tenue, jeudi dernier, dans les locaux du ministère de Élevage et Pêche. Cette rencontre a réuni le groupe de dialogue Élevage et Pêche, les acteurs du sous-secteur, ainsi que les autorités sectorielles avec pour objectif.

Les articles de l'auteur

Pharmacie populaire du Mali : Des résultats encourageants face aux défis

Malgré les impacts négatifs des inondations de 2024, la Pharmacie populaire du Mali (PPM) travaille d’arrache-pied pour assurer sa mission qui est la disponibilité des produits de santé de qualité. Cette mission est assurée à hauteur de souhait avec 75% de taux de disponibilité en moyenne sur les trois dernières années..

Par Mohamed DIAWARA


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:11

Dr Djénéba Koumba Dabitao : La première femme agrégée en Biologie moléculaire au Mali

Des talents féminins emblématiques se révèlent de plus en plus au Mali. Dans le domaine de la pharmacie, Dr Djénéba Koumba Dabitao a inscrit son nom en lettres d’or dans la discipline «biologie moléculaire» en tant que première femme maître de conférences agrégée du pays..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 10 mars 2026 à 08:41

Promotion des droits de la femme : Le coup de pouce des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux constituent, depuis quelques années, un espace de promotion des droits de la femme. De nombreuses associations qui se sont assignées cette mission y présentent divers contenus visant à sensibiliser sur l’abandon des pratiques néfastes contre la gent féminine comme l’excision et d’autres violences physiques.

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 10 mars 2026 à 08:39

Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali : Madiou Simpara réélu Président

Madiou Simpara a été réélu, ce jeudi 05 mars, au Parc des expositions, Président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM)pour un mandat de 5 ans, à travers un vote consensuel. Son bureau a été validé par le ministre de l’Industrie et du Commerce, lors de la cérémonie solennelle d’installation de l’assemblée..

Par Mohamed DIAWARA


Publié jeudi 05 mars 2026 à 18:34

Année de l'éducation et de la culture : Pr Jean Bosco Konaré préside le Comité préparatoire

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a créé le Comité préparatoire de l'Année de l'éducation et de la culture 2026-2027. Le décret annonçant la création de cet organe d'une vingtaine de membres a été rendu public le mercredi 4 mars..

Par Mohamed DIAWARA


Publié jeudi 05 mars 2026 à 08:47

Mali : Un Comité préparatoire de l'Année de l'Éducation et de la Culture mis en place

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a créé le Comité préparatoire de l'Année de l'Éducation et de la Culture 2026-2027. Le décret annonçant la création de cet organe d'une vingtaine de membres a été rendu public ce mercredi 4 mars 2026..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 04 mars 2026 à 13:09

Amap : Cinq tonnes de riz offertes aux travailleurs

Le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) a remis 5 tonnes de riz au comité syndical de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap)..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 03 mars 2026 à 08:35

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner