L’ESSOR : Qu’est-ce que la collaboration avec le projet USAID NPI EXPAND «Survie de l’enfant» a apporté de plus à votre structure ?
Néné Kane : Le partenariat de One Stop Center avec le projet USAID/NPI Expand «Survie de l’enfant» a été d’un appui considérable dans la mise en œuvre de nos activités. Le projet a pu contribuer à la prise en charge des frais de transports aller-retour des survivants des Violences basées sur le genre (VBG) venant d’autres villages pour être pris en charge à One Stop Center. Auparavant, certains survivants ne pouvaient pas s’y rendre, faute de moyens financiers. Grâce à cette assistance, des cas ont été référés et gérés par le projet.
L’ESSOR : Est-ce qu’il y a eu plus de cas référés avant ce projet ?
Néné Kane : Oui, avant le projet, il y avait des cas. Mais, on ne pouvait pas les référer à cause des problèmes de transports. Il n’y avait pas de fonds disponibles au niveau de One Stop Center pour assurer le transport des survivants. Or, ces victimes n’avaient pas le moyen de nous rejoindre. One Stop Center ne prévoyait pas ce volet. L’arrivée du projet nous a vraiment soulagé.
L’ESSOR : En quoi consiste la prise en charge des cas de VBG au One Stop Centre ?
Néné Kane : Le Centre spécialisé «One Stop Center» est un dispositif de mise à échelle des services de qualité visant à obtenir une approche multisectorielle de prise en charge de santé, psycho-sociale, de la police, de la justice, des cas de VBG. Tous ces services sont fournis au même endroit physique dans le cadre de la prise en charge. Au niveau du One Stop Center, no
us travaillons sur quatre principes fondamentaux qui sont respectés. Le premier principe est relatif à la non-discrimination. Les survivants doivent recevoir un traitement égal et équitable, indépendamment de leur âge, genre, race, religion, nationalité, origine ethnique ou autres caractéristiques. La personne est toujours prise en charge, en cas de nécessité. Donc, il n’y a pas de différenciation sexuelle entre les survivants qu’ils soient riches ou pauvres.
Le deuxième principe concerne la sécurité de la survivante. Le One Stop Center prend toujours des mesures pour assurer la sécurité et le bien-être des survivants.
Le troisième principe concerne la confidentialité. Les survivants ont le choix de choisir leurs interlocuteurs, c’est-à-dire les personnes à qui ils peuvent se confier pour exposer leur situation et donner des informations au temps opportun. Toute information livrée par la survivante est d’abord confidentielle. Seule la gestionnaire des cas est au courant de la situation de la survivante ou un partenaire qui appuie le projet dans le cadre de sa prise en charge. La confidentialité est assurée. Le quatrième principe est le respect du choix de la survivante. On consulte toujours la survivante avant de prendre une décision la concernant. Elle est la première à donner sa décision et bénéficiera par conséquent d’un accompagnement dans ce sens.
L’ESSOR : Quelles sont les difficultés auxquelles le One Stop Center est confronté dans la prise en charge des cas ?
Néné Kane : Par rapport aux difficultés, certains de nos matériels, comme ceux de la climatisation, sont constamment en panne. Certains branchements électriques et frigos sont endommagés à cause de la baisse de tension. Or, nous n’avons pas de partenaires pour assurer l’entretien de ces appareils. On constate aussi une méconnaissance de notre centre par la majorité de la population. Nous sommes également confrontés à un manque de site d’hébergement pour accueillir les survivantes qui n’ont pas de famille à Kayes ou qui viennent d’autres localités de la région. Le Centre se heurte également au problème de réinsertion socioéconomique des survivants. Certains survivants, après leur prise en charge, ont besoin d’une assistance financière. Or, nous n’avons pas de partenaires pour ces cas.
L’ESSOR : Que comptez-vous faire pour résoudre ces difficultés ?
Néné Kane : En plus de l’USAID, nous souhaiterions avoir d’autres partenaires dans le cadre de la mise en œuvre de nos projets. Souvent, One Stop Center connait des difficultés liées à l’arrêt des financements. Élargir notre partenariat à d’autres structures, ne fera que soulager davantage One Stop Center et ses survivantes.
Propos recueillis par
Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes
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