Lutte contre la faim : Welthungerhilfe compte sur la justice de genre

Welthungerhilfe Mali (WHH) a lancé, hier au Parc national du Mali, son indice de la faim dans le monde (Global Hunger Index, GHI 2024) sous le thème : «Comment la justice de genre peut-elle faire progresser la résilience et la faim zéro».

Publié mardi 29 octobre 2024 à 19:43
Lutte contre la faim : Welthungerhilfe compte sur la justice de genre

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali (c)

 

La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, en présence du directeur pays de WHH, Francesco de Pasquale, et de l’ambassadeur d’Allemagne au Mali, Dr Dietrich Fritz Reinhold Pohl.

L’indice de la faim dans le monde (GHI) est un outil utilisé pour mesurer et surveiller l’évolution de la faim aux niveaux mondial, régional et national. Ses scores sont calculés à l’aide d’une formule regroupant 4 indicateurs permettant de cerner la nature multidimensionnelle de la faim. Il s’agit des indicateurs «sous- alimentation», «retard de croissance», «émaciation infantile» et «mortalité infantile».

WHH, qui est à sa 19è édition de la publication du GHI a pour objectif «Faim zéro» d’ici 2030. Celui-ci est loin d’être atteint, car des milliards de personnes dans le monde ne jouissent pas du droit à une alimentation adéquate. S’agissant particulièrement de notre pays, sa tendance du score a eu un léger progrès dans l’alimentation de 2016 à 2024, il est passé de 24.7 à 24.0. Il reste, cependant, toujours dans un niveau de faim grave.

Selon le directeur pays de WHH, cette année, le rapport et l’analyse du GHI mettent en relation la justice de genre avec l’éradication de la faim. Francesco de Pasquale a souligné qu’après un recul considérable de la faim en 2006, la tendance s’est de nouveau dégradée, notamment du fait de la recrudescence des conflits et des effets du changement climatique. Il a spécifié que l’Afrique subsaharienne connaît une situation grave, rendant l’objectif «Faim zéro» d‘ici 2030 impossible à atteindre. «Si la tendance persiste, il faudra attendre jusqu’au 2160», a-t-il fait savoir.

Le rapport met en lumière le lien entre l’inégalité des genres, le changement climatique et l’insécurité alimentaire. Sans mesure immédiate, 158 millions de femmes pourront basculer dans la pauvreté et 236 millions dans la faim d’ici 2050. à cause des inégalités, les femmes sont les plus touchées par l’insécurité alimentaire. Leur situation est encore pire dans les pays touchés par le changement climatique.

Dans certains pays, a noté Francesco de Pasquale, l’écart entre les hommes et les femmes en sécurité alimentaire s’élève jusqu’à 19%. Et de souligner au passage que WHH, dans ses projets au Mali, a touché environ 100.000 femmes en 2023 à travers les actions concrètes dans les domaines de l’élevage, l’agriculture, l’entreprenariat vert et la transformation agro alimentaire.

Pour le commissaire à la sécurité alimentaire, il est généralement admis que les inégalités entre les femmes et les hommes constituent un facteur important de pauvreté et que partout dans le monde, les femmes sont confrontées à des discriminations, injustices et violences. De cette triste réalité, il ressort la nécessité que les femmes puissent prendre part à l’élaboration des politiques et des décisions qui touchent l’ensemble de la société. Redouwane Ag Mohamed Ali a souhaité que les résultats de ce débat permettent de comprendre les enjeux et défis nutritionnels et permettront de savoir comment la justice de genre peut faire progresser la résilience climatique pour atteindre la Faim zéro.

N'Famoro KEITA

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