Le président de l’UPAB, Ousmane Dramé et le président de la commission d'organisation du colloque, Dr Baba Faradji N'Diaye
Sous l’égide de l'Université privée Ahmed Baba (UPAB), Bamako accueille du 24 au 26 mars 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), un colloque scientifique international sur la problématique du capital humain dans l'industrie extractive et la souveraineté énergétique dans la zone de la Confédération des États du Sahel (AES). L’annonce a été faite, jeudi dernier, lors d’une conférence de presse, tenue dans l’enceinte de l’établissement universitaire. Elle était animée par le président de l’UPAB, Ousmane Dramé et le président de la commission d'organisation du colloque, Dr Baba Faradji N'Diaye. C'était en présence des représentants des structures partenaires.
L’événement, placé sous la haute présidence du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a pour objectif de créer un cadre scientifique et stratégique de dialogue entre chercheurs, décideurs publics, institutions de formation, entreprises extractives et partenaires internationaux. Il s’agit aussi de mieux cerner les enjeux de la formation et du capital humain dans les industries extractives et de réfléchir collectivement aux stratégies permettant d'adapter les systèmes de formation aux besoins réels du secteur.
Dr Baba Faradji N'Diaye notera que l’Afrique de l’Ouest dispose d’un potentiel considérable en ressources minières, énergétiques et pétrolières. Le continent abriterait environ 30% des réserves mondiales de minérais et produits et ressources stratégiques indispensables aux économies modernes. Pour le cas spécifique du Mali, selon le conférencier, le secteur minier, particulièrement aurifère, constitue l'un des piliers de l’économie nationale. Le pays compte aujourd'hui plusieurs mines d'or industrielles, et ce secteur représente environ 70% des recettes d'exportation, plus de 8% du PIB national et génère d'importantes recettes fiscales et des milliers d'emplois directs et indirects, a-t-il fait savoir.
Malgré ce potentiel remarquable, dira le président de la commission d'organisation du colloque, nos pays continuent de faire face à des défis pour transformer leurs ressources naturelles en leviers durables de développement. Parmi ces défis, figurent l'insuffisance des ressources humaines hautement qualifiées dans les domaines minier, pétrolier et énergétique. Il y a aussi l'inadéquation entre les formations universitaires et les besoins réciproques réels de l'industrie extractive. À cela, s’ajoutent la dépendance persistante à l'expertise étrangère pour certains emplois techniques ou stratégiques, et la question cruciale de l'approvisionnement énergétique des industries extractives dans un contexte de transition énergétique.
Dr Baba Faradji N'Diaye a souligné que ces enjeux sont aujourd'hui stratégiques dans les pays membres de la Confédération de l'AES qui ambitionnent de renforcer leur souveraineté économique, énergétique et technologique. C'est dans ce contexte que l’UPAB a initié cette rencontre scientifique avec des partenaires stratégiques dont les travaux permettront d'établir un état des lieux de la formation dans le domaine des mines, du pétrole, du gaz et des énergies renouvelables dans la zone de l’AES et dans plusieurs pays partenaires.
Pour Dr Baba Faradji N'Diaye, la rencontre va aussi permettre d'identifier les besoins des industries extractives en ressources humaines qualifiées, d’analyser les mécanismes de financement, de renforcer des compétences dans le secteur tout en promouvant l'emploi local et le contenu local dans les industries extractives. Le conférencier a donné les axes autour desquels s’articuleront les communications scientifiques de ce colloque.
Ils sont, entre autres, les besoins en ressources humaines dans l'industrie extractive et énergétique, la formation minière et pétro-gazière, l'ingénierie extractive dans la zone de l’AES, les industries extractives et la création d'emplois. S’y ajoutent le contenu local et les industries extractives, le rôle de l'industrie extractive dans le financement de la formation et de la recherche, les enjeux et perspectives de la souveraineté énergétique dans les pays de l'AES, et la problématique de l’après mine.
Ces thématiques témoignent, selon Dr Baba Faradji N'Diaye, de la volonté des organisateurs d'aborder les enjeux du secteur extractif dans une approche intégrée, combinant les dimensions économiques, technologiques, énergétiques, sociales et environnementales. Et d’ajouter que cet événement va réunir des experts chercheurs, des décideurs publics, des représentants des entreprises minières et énergétiques, mais aussi des institutions de formation. Les participants viendront de la Russie, du Maroc, des pays de l’AES et de la sous-région.
De son côté, le président de l’UPAB, Ousmane Dramé, a laissé entendre que la formation est capitale pour tout projet de développement. C’est pourquoi, il est nécessaire de promouvoir l’excellence dans l’éducation pour avoir une ressource humaine compétente, capable de faire face aux défis du secteur. «Vu que notre pays a du potentiel minier, notre établissement s’est engagé dans la formation de ressources humaines dans les différentes filières du secteur pour pouvoir combler ce besoin crucial», a-t-il déclaré.
NFamoro KEITA
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