Industrie extractive et souveraineté énergétique : Un colloque sur la problématique du capital humain

L’événement va réunir des experts chercheurs, des décideurs publics, des représentants des entreprises minières et énergétiques, mais aussi des institutions de formation. Les participants viendront de la Russie, du Maroc, des pays de l’AES et de la sous-région

Publié mardi 10 mars 2026 à 08:52
Industrie extractive et souveraineté énergétique : Un colloque sur la problématique du capital humain

Le président de l’UPAB, Ousmane Dramé et le président de la commission d'organisation du colloque, Dr Baba Faradji N'Diaye

 

Sous l’égide de l'Université privée Ahmed Baba (UPAB), Bamako accueille du 24 au 26 mars 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), un  colloque scientifique international sur la problématique du capital humain dans  l'industrie extractive et la souveraineté énergétique dans la zone de la Confédération des États du Sahel (AES). L’annonce a été faite, jeudi dernier, lors d’une conférence de presse, tenue dans l’enceinte de l’établissement universitaire. Elle était animée par le président de l’UPAB, Ousmane Dramé et le président de la commission d'organisation du colloque, Dr Baba Faradji N'Diaye. C'était en présence des représentants des structures partenaires.

L’événement, placé sous la haute présidence du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a pour objectif de créer un cadre scientifique et stratégique de dialogue entre chercheurs, décideurs publics, institutions de formation, entreprises extractives et partenaires internationaux. Il s’agit aussi de mieux cerner les enjeux de la formation et du capital humain dans les industries extractives et de réfléchir collectivement aux stratégies permettant d'adapter les systèmes de formation aux besoins réels du secteur.

Dr Baba Faradji N'Diaye notera que l’Afrique de l’Ouest dispose d’un potentiel considérable en ressources minières, énergétiques et pétrolières. Le continent abriterait environ 30% des réserves mondiales de minérais et produits et ressources stratégiques indispensables aux économies modernes. Pour le cas spécifique du Mali, selon le conférencier, le secteur minier, particulièrement aurifère, constitue l'un des piliers de l’économie nationale. Le pays compte aujourd'hui plusieurs mines d'or industrielles, et ce secteur représente environ 70% des recettes d'exportation, plus de 8% du PIB national et génère d'importantes recettes fiscales et des milliers d'emplois directs et indirects, a-t-il fait savoir.

Malgré ce potentiel remarquable, dira le président de la commission d'organisation du colloque, nos pays continuent de faire face à des défis pour transformer leurs ressources naturelles en leviers durables de développement. Parmi ces défis, figurent l'insuffisance des ressources humaines hautement qualifiées dans les domaines minier, pétrolier et énergétique. Il y a aussi l'inadéquation entre les formations universitaires et les besoins réciproques réels de l'industrie extractive. À cela, s’ajoutent la dépendance persistante à l'expertise étrangère pour certains emplois techniques ou stratégiques, et la question cruciale de l'approvisionnement énergétique des industries extractives dans un contexte de transition énergétique.


Dr Baba Faradji N'Diaye a souligné que ces enjeux sont aujourd'hui stratégiques dans les pays membres de la Confédération de l'AES qui ambitionnent de renforcer leur souveraineté économique, énergétique et technologique. C'est dans ce contexte que l’UPAB a initié cette rencontre scientifique avec des partenaires stratégiques dont les travaux permettront d'établir un état des lieux de la formation dans le domaine des mines, du pétrole, du gaz et des énergies renouvelables dans la zone de l’AES et dans plusieurs pays partenaires.

Pour Dr Baba Faradji N'Diaye, la rencontre va aussi permettre  d'identifier les besoins des industries extractives en ressources humaines qualifiées, d’analyser les mécanismes de financement, de renforcer des compétences dans le secteur tout en promouvant l'emploi local et le contenu local dans les industries extractives. Le conférencier a donné les axes autour desquels s’articuleront les communications scientifiques de ce colloque.

Ils sont, entre autres, les besoins en ressources humaines dans l'industrie extractive et énergétique, la formation minière et pétro-gazière, l'ingénierie extractive dans la zone de l’AES, les industries extractives et la création d'emplois. S’y ajoutent le contenu local et les industries extractives, le rôle de l'industrie extractive dans le financement de la formation et de la recherche, les enjeux et perspectives de la souveraineté énergétique dans les pays de l'AES, et la problématique de l’après mine.

Ces thématiques témoignent, selon Dr Baba Faradji N'Diaye, de la volonté des organisateurs d'aborder les enjeux du secteur extractif dans une approche intégrée, combinant les dimensions économiques, technologiques, énergétiques, sociales et environnementales. Et d’ajouter que cet événement va réunir des experts chercheurs, des décideurs publics, des représentants des entreprises minières et énergétiques, mais aussi des institutions de formation. Les participants viendront de la Russie, du Maroc, des pays de l’AES et de la sous-région.

De son côté, le président de l’UPAB, Ousmane Dramé, a laissé entendre que la formation est capitale pour tout projet de développement. C’est pourquoi, il est nécessaire de promouvoir l’excellence dans l’éducation pour avoir une ressource humaine compétente, capable de faire face aux défis du secteur. «Vu que notre pays a du potentiel minier, notre établissement s’est engagé dans la formation de ressources humaines dans les différentes filières du secteur pour pouvoir combler ce besoin crucial», a-t-il déclaré.

N'Famoro KEITA

Lire aussi : Télécommunications : Régulateur et consommateurs en quête d’offres plus équitables

Le premier forum 2026 organisé par l’Autorité malienne de régulation des télécommunications (AMRTP), en partenariat avec les associations de consommateurs, a servi de tribune d’expression directe entre usagers, régulateur et autorités. L’objectif était d’interroger la pertinence des.

Lire aussi : La fin de la reconnaissance de la République Saharaoui par la République du Mali

Le gouvernement malien a officiellement motivé sa décision par une "analyse approfondie" du dossier du Sahara, qu'il juge avoir "un impact sur la paix et la sécurité sous-régionales»..

Lire aussi : Protocoles additionnels de l’AES : Le CNT donne son quitus

Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté, hier en séance plénière, des projets de loi portant ratification des protocoles additionnels de la Confédération des États du Sahel (AES). Les travaux étaient présidés par le président de l´Organe législatif, le Général de corps d'arm.

Lire aussi : Communiqué du conseil des ministres du 23 avril 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le jeudi 23 avril 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Lire aussi : Sécurité routière : Des données fiables pour mieux orienter les politiques publiques

Réunis à Bamako, les acteurs de la sécurité routière ont validé les statistiques 2025 des accidents de la circulation. L’objectif est de disposer de données fiables pour mieux orienter les politiques publiques et réduire la mortalité sur les routes. La rencontre s’est tenue hier au mini.

Lire aussi : Port de pêche de Mopti : Des dizaines de commerces réduits en cendres

Si aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, les flammes ont, en revanche, ravagé une partie importante des installations commerciales de ce lieu névralgique de la Venise malienne. Des dizaines de magasins de stockage de poissons, des boutiques de vente de filets et de matériels de pêche.

Les articles de l'auteur

Circulation routière : La courtoisie évite les accidents

Le lancement de la 16è édition de la Journée nationale de la courtoisie sur la route a été marquée hier par la démonstration des sapeurs-pompiers sur le 1er secours en cas d’accident sur la route, la projection de film sur la sécurité routière et la remise des exemplaires de documents du nouveau code de la route aux légitimités traditionnelles et religieuses.

Par N'Famoro KEITA


Publié mercredi 25 mars 2026 à 08:41

Agriculture, élevage et pêche : De bonnes perspectives

Le Conseil de cabinet élargi des départements de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche et du Commissariat à la Sécurité alimentaire sur la validation du plan triennal de campagne agricole consolidé et harmonisé s’est tenu, mardi 17 mars, à la Direction des finances et de matériels du ministère de l'Agriculture..

Par N'Famoro KEITA


Publié mercredi 18 mars 2026 à 08:12

Renforcement de la production agricole : La phase 2 de l’approche Shep lancée

Cette phase renforcera davantage les capacités opérationnelles des agents de vulgarisation agricole pour améliorer la qualité des activités agricoles et introduire l'approche Shep à l'échelle nationale.

Par N'Famoro KEITA


Publié mardi 17 mars 2026 à 08:47

Ageroute : Le budget 2026 en hausse de 96%

Le budget 2026 validé de l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (Ageroute) est équilibré en recettes et en dépenses à la somme d'environ 55,179 milliards de Fcfa contre 28,151 milliards de Fcfa en 2025, soit une hausse de 96%..

Par N'Famoro KEITA


Publié vendredi 27 février 2026 à 08:29

Ousmane Maïga, DG de l’Anaser, à propos de la circulation routière : «Le mauvais dépassement est à l’origine des accidents graves»

La circulation à Bamako semble devenue, aujourd’hui, une véritable jungle. Presque chaque jour, des vies sont fauchées sur les routes de la capitale à cause de l’indiscipline et de l’incivisme de certains conducteurs et autres chauffards. Dans cette interview, le Directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser), Ousmane Maïga, explique le cas de dépassement entre usagers de la route qui est à l’origine de nombreux accidents dans la grande métropole malienne.

Par N'Famoro KEITA


Publié jeudi 26 février 2026 à 08:50

Emploi et insertion professionnelle : La CEFORPA, un espoir pour les arabophones

La ministre de l’Entrepreneuriat national de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck, a présidé, hier, dans les locaux de son département, la 1ère session du conseil d’orientation de la Cellule d’appui à l’emploi et à la formation professionnelle des diplômés et formés en langue Arabe (Ceforpa)..

Par N'Famoro KEITA


Publié mardi 24 février 2026 à 08:41

Formation professionnelle : Le cfp-Sénou engrange deS résultats satisfaisants

Le budget 2026 du Centre de formation professionnelle de Sénou (CFP-Sénou) est équilibré en recettes et en dépenses à environ 666,750 millions de Fcfa. C’est ce qui ressort de la 3è session ordinaire de son conseil d’administration, tenue hier dans les locaux du Centre..

Par N'Famoro KEITA


Publié mardi 17 février 2026 à 08:34

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner