Du 8 au 12 juin, chercheurs, représentants d’institutions régionales et internationales de recherche et d’enseignement, partenaires techniques et financiers ainsi qu’utilisateurs des résultats de la recherche examineront les documents susmentionnés.
Le Comité de programme a notamment pour mission d’harmoniser les propositions régionales avec le programme national de recherche agricole, d’examiner les nouvelles propositions de recherche avant leur soumission au Comité national de la recherche agricole (CNRA) et d’évaluer les résultats de recherche proposés à la diffusion.
À l’ouverture des travaux, le directeur général de l’IER a expliqué que cette session annuelle constitue un cadre privilégié permettant aux chercheurs de présenter les résultats obtenus sur le terrain et de proposer de nouveaux projets répondant aux préoccupations des producteurs. Les recherches concernent notamment le riz, le sorgho, le maïs, le coton, le blé, l’élevage et la mécanisation agricole.
Dr Kalifa Traoré a également attiré l’attention sur la dégradation progressive de la fertilité des sols, particulièrement dans les régions du sud du Mali. À cet effet, il a invité les équipes chargées du projet régional d’élaboration de la carte de fertilité des sols à renforcer leur collaboration afin de produire un outil d'aide à la décision pour les autorités et les producteurs. Le patron de l’IER a salué l’engagement de notre gouvernement qui prévoit la mobilisation d’un financement de 1,5 million de dollars américains (environ 850 millions de Fcfa NDRL) auprès de la Banque islamique de développement (BID) pour la réalisation de ce projet.
Malgré un contexte marqué par de nombreux défis tels la crise énergétique, la raréfaction de certains financements extérieurs et les nombreux départs à la retraite, l’IER affiche des résultats jugés satisfaisants.
Au cours de la campagne agricole 2025-2026, l’institut a produit 200.284 kg de semences de prébase et de base, ainsi que 4.344 kg d’hybrides toutes cultures confondues. Il a également accompagné les producteurs dans la production de 121.599 kg de semences certifiées et obtenu l’inscription de 48 variétés et 8 hybrides au catalogue national. À cela s'ajoutent 30.120 kg de semences de prébase de coton.
L’IER a également développé de nouvelles variétés améliorées ainsi que des techniques culturales et de protection phytosanitaire. Dans le cadre de l’appui aux populations rurales, 1.330 kg de semences améliorées de mil, de niébé, de fonio, de riz, de blé et de sorgho ont été distribués aux femmes rurales à travers le ministère du Développement rural.
Les efforts de renforcement des capacités se sont traduits par la formation de 42.867 acteurs, dont 38 % de femmes, dans divers domaines liés à la production et à la transformation agroalimentaire. Ces formations ont porté notamment sur les mélanges nutritionnels, les bonnes pratiques horticoles, l’élevage des coqs améliorés Wassachiè et des chèvres du Sahel.
Selon Dr Kalifa Traoré, les interventions de l’institut ont contribué à la diversification alimentaire de plus de 5.000 ménages, y compris les enfants de moins de cinq ans. En matière de formation diplômante, la structure enregistre plusieurs acquis dont l’inscription de huit agents aux études doctorales et l’encadrement de 584 stagiaires.
Le directeur général a toutefois exprimé ses préoccupations face au vieillissement du personnel scientifique. Depuis le 1er janvier 2026, vingt agents ont fait valoir leurs droits à la retraite, dont seize chercheurs.
Pour renforcer son dispositif de recherche, l’IER a créé un Centre régional de recherche agronomique à Diré, couvrant les Régions de Tombouctou et Taoudéni. Un programme de recherche consacré au blé y a également été mis en place. Des démarches sont en cours pour l'ouverture de nouveaux centres dans les Régions de Kidal et de Ménaka.
L’insécurité foncière demeure néanmoins l'un des principaux défis de l'institut. « Toutes les terres de recherche font l’objet d’agressions », a déploré le directeur général. Par ailleurs, il a remercié le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, pour l’adoption d’un décret restaurant la vocation agricole du titre foncier n°1209 du 26 novembre 1936.
Dr Kalifa Traoré a également salué l’accompagnement constant des partenaires techniques et financiers qui continuent de soutenir la recherche agricole malienne malgré les contraintes sécuritaires.
Avec un record de 71 documents soumis à l’examen cette année, le directeur général estime que l’IER démontre sa capacité de résilience et son engagement à mettre des technologies innovantes à la disposition des producteurs pour contribuer au renforcement de la souveraineté alimentaire du Mali.
Makan SISSOKO
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