En présence du Ministre de la Communication, de l'Economie numérique et de la Modernisation de l'administration, Alhamdou Ag Illyene, le document a été lu lors de la cérémonie de clôture par Salif Sanogo, président du Comité d'organisation du FOPAME 2026, devant un parterre de responsables de médias, journalistes, universitaires, experts du numérique, d'anciens ministres et de représentants d'institutions venus de nombreux pays africains.
Dans cet appel, les participants estiment que l'Afrique traverse une période marquée par de profondes mutations technologiques, la montée de l'intelligence artificielle, la désinformation et les transformations des modèles économiques des médias.
Ils affirment que la souveraineté politique, économique et culturelle des États africains ne saurait être pleinement réalisée sans une véritable souveraineté informationnelle et numérique.
L'Appel de Bamako préconise notamment la reprise du contrôle du récit africain par les Africains eux-mêmes, la promotion des langues nationales dans les médias et les plateformes numériques, ainsi qu'une coopération renforcée entre agences de presse, médias publics, médias privés et créateurs de contenus du continent.
Les signataires demandent également aux États africains et aux institutions régionales d'investir dans des infrastructures numériques souveraines, notamment des centres de données, des plateformes de diffusion, des systèmes d'archivage et des réseaux africains de distribution de l'information.
Le document plaide aussi pour la création de banques africaines d'images, de vidéos et de données afin de réduire la dépendance du continent vis-à-vis des plateformes étrangères.
Sur le plan professionnel, les participants recommandent un renforcement de la formation des journalistes aux nouveaux enjeux du numérique, à la couverture des crises, à l'éducation aux médias ainsi qu'à l'utilisation éthique de l'intelligence artificielle dans les rédactions.
L'Appel de Bamako insiste également sur la nécessité de bâtir des modèles économiques viables pour les entreprises de presse africaines, à travers des mécanismes de financement durables, le développement d'abonnements numériques et un soutien accru des investisseurs africains.
Les participants ont, en outre, réaffirmé le rôle des médias dans la promotion de la paix et la lutte contre l'extrémisme violent. Ils ont rappelé que les médias ne doivent jamais servir de tribune aux groupes terroristes ou aux idéologies radicales.
Dans leur engagement final, les signataires ont exprimé leur volonté commune de construire un espace médiatique africain « libre, fort, innovant, solidaire et souverain », afin que l'Afrique devienne pleinement maîtresse de son récit, de ses technologies et de son avenir informationnel.
Kemoko Diabaté
Rédaction Lessor
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