#Mali : Circulation routière : La discipline doit être de mise

Des usagers de la voie publique circulent sur certaines artères de la capitale en double voire triple file pour se soustraire du piège des embouteillages. Le phénomène peut représenter un gros risque pour les autres

Publié mercredi 24 avril 2024 à 05:29
#Mali : Circulation routière : La discipline doit être de mise

La triple file par exemple est une pratique de plus en plus courante dans la circulation routière

 

 

être automobiliste n’est pas souvent enviable dans notre pays surtout dans les situations d’embouteillage. Les usagers de la voie publique, notamment automobilistes, motocyclistes et autres sont fréquemment pris dans la nasse et peinent à se frayer un chemin. Cet état de fait amène souvent certains conducteurs de véhicules à faire de l’indiscipline sur la voie en circulant en double voire triple file sur certaines grandes artères de la capitale pour se sortir du piège de l’embouteillage.

La triple file par exemple est une pratique de plus en plus courante dans la circulation routière. C’est une situation que l’on rencontre souvent aux heures de pointe où le trafic est dense. On pointe du doigt le non-respect du Code de la route par les usagers, notamment les automobilistes. Mais certains évoquent aussi le nombre élevé de véhicules  qui se retrouvent dans la circulation.

Le phénomène fait grincer des dents du côté d’autres usagers qui n’entendent pas s’accommoder d’une indiscipline d’autres usagers sur la voie publique d’où des frictions  récurrentes entre usagers, souvent sur fond de violence verbale et autres langages orduriers. Les plus grincheux font des invectives et essaient parfois d’en découdre physiquement avec ceux qu’ils estiment être en faute. Samedi, il était environ 18 heures et les rayons du soleil n’étaient plus brûlants.  L’astre lumineux se couchait sur Djicoroni Para et Sébénikoro, deux quartiers de la Commune IV du District de Bamako.

De la gare routière appelée «Guinée place» à la rivière «woyowayanko», la circulation était très dense. Les automobilistes étaient soumis à une gymnastique intense, embrayer, accélérer sur des portions de route et freiner. Les coups de klaxon le disputaient aux vrombissements des moteurs et à l’impatience des usagers, tous pressés de rentrer à la maison. Dans ce tohu-bohu général, il n’est pas question de respecter la file. Des usagers rebroussent chemin dans les stations-services. D’autres circulent en double ou triple file pour rapidement se retirer de l’entonnoir. Sur ces entrefaites, deux personnes se disputent sans se soucier du désagrément qu’ils causent aux autres.

Au niveau du boulevard de l’Indépendance, Bamakan, une motocycliste, essaie tant bien que mal de traverser la route. Les usagers qui circulent en troisième file nous mettent à risque en dédoublant sur la piste cyclable, explique la jeune femme. Des conducteurs d’engin à quatre roues aussi déplorent de telles situations qui se présentent souvent. Mme Cissé, une automobiliste, reconnaît que le phénomène est stressant. Elle explique en souffrir lorsqu’elle doit amorcer un virage. Pour elle, il faut mettre de l’ordre dans les choses et sanctionner les conducteurs indisciplinés dans la circulation.

La plupart des usagers que nous avons rencontrés, incriminent les conducteurs de transports en commun comme étant responsable du grand bazar dans la circulation. Barka est chauffeur de Sotrama. Il estime que pendant les heures de pointe, les transporteurs en commun gagnent beaucoup d’argent grâce à la forte demande. C’est pourquoi, à cette heure, avoue le conducteur, ceux-ci font preuve d’indiscipline. Il explique succinctement que si on ne respecte la file normale, c’est parce qu’il y a la course aux passagers pour récupérer une bonne partie de la recette journalière.

Pour son collègue, Yaya Doumbia, les transports en commun ne sont pas les seuls responsables de la triple file. «Nous sommes les plus indexés dans cette affaire. Alors que même certains propriétaires de véhicules particuliers observent la pratique sous prétexte qu’ils sont pressés de se rendre au travail. Ils oublient qu’ils sont à l’image du pays. Quand ils ne se conforment pas à la loi, ils restent des mauvais exemples pour les autres», explique le taximan.

L’agent de police Djiré précise qu’il est admis de circuler en double file sur certaines voies. Mais pour lui, il est clair que conduire en triple file relève simplement d’une indiscipline sur la voie publique. Et de signaler que la pratique est formellement interdite, car elle cause d’énormes ennuis à tout le monde. «Les gens doivent se mettre en tête que les routes appartiennent aussi aux pompiers, ambulances, corbillards, motards, cyclistes et piétons. L’espace qui doit être libéré à côté est fait pour ces engins et piétons. Mais au Mali, même la piste cyclable n’est pas respectée à plus forte raison libérer un passage pour les ambulances», explique l’agent de sécurité, qui tient à inviter les usagers à s’inscrire dans le strict respect du Code de la route.

Pour juguler cette pratique incivique, l’agent Djiré déclare que chacun doit s’impliquer davantage en accompagnant l’état pour faire des sensibilisations à travers des animations sur les antennes de télévision, mais aussi dans les stations de radio, ainsi que la formation pour que les uns et les autres aient la volonté de respecter le Code de la route et le sens du patriotisme.

Le sous-officier Traoré rappelle que la pratique peut être à l’origine d’accidents directs. Selon lui, le phénomène est un danger pour soi et pour les autres usagers. Et de conseiller les usagers à cultiver les valeurs de patience et de respect des uns et des autres dans la circulation.

N'Famoro KEITA

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