Le Premier ministre à la Maison de la presse : Pour apaiser le climat social

Le Général de division Abdoulaye Maïga a eu des échanges francs et constructifs avec les hommes de médias, notamment sur l’aide publique à la presse et la liberté de la presse

Publié vendredi 13 décembre 2024 à 07:03
Le Premier ministre à la Maison de la presse : Pour apaiser le climat social

Le directeur général de l’Amap, Alassane Souleymane (premier à droite) prend part à la rencontre  copie


C’est dans une ambiance décontractée que le Premier ministre, ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de division Abdoulaye Maïga, s’est entretenu, hier, avec les représentants de l’ensemble de l’écosystème médiatique du Mali (presse écrite, radio, télé, presse en ligne), dans la salle de conférence de la Maison de la presse. C’était en présence du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, du président de la Haute autorité de la communication, Gaoussou Coulibaly et du président de la Maison de la presse, Bandiougou Danté.

Ce dernier s’est fait le devoir de porter la voix de toute sa corporation pour interpeller le gouvernement sur trois points essentiels, tous prioritaires mais aussi nécessaires pour un espace médiatique assaini au Mali. Il s’agit de la garantie de la liberté de la presse, l’adoption des textes relus qui régissent les médias et l’aide publique à la presse à travers le financement et un appui conséquent à la formation et aux instances de formation.

Le patron de la Maison de la presse est revenu sur les cas de violence faites aux journalistes dans l’exercice de leur métier, d’enlèvement et d’assassinat, mais aussi de la fermeture dans les conditions douteuses de certains médias en citant l’exemple récent de Djoliba TV News.

Il a dénoncé la lenteur avec laquelle les dossiers de la relecture et l’adoption de la loi sur la presse et l’aide publique à la presse sont traités. Le président Bandiougou Danté a particulièrement insisté sur ce dernier point qu’il estime être un droit pour la presse malienne. Car, l’aide à la presse permet de garantir aux hommes de médias un environnement de travail propice et d’être à l’abri de certaines tentatives opportunes contraires à l’éthique et à la déontologie. Il a conclu ses propos par une note d’apaisement en présentant les excuses publiques de la presse malienne à l’endroit des autorités et du peuple burkinabè qui se sont sentis offusqués des propos tenus sur Djoliba TV News à leur encontre.

À l’aise devant ses interlocuteurs, le Premier ministre a décliné les huit points de la lettre de cadrage du Président de la Transition pour réaliser l’union sacrée autour du Mali, dont l’apaisement du climat social qui est l’objet de cette rencontre. Il a promis que les paroles du président de la Maison de la presse ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Tout en prenant bonne note de toutes les préoccupations évoquées, il a divisé la poire en deux. «Avant d’être ce que nous sommes individuellement, nous sommes d’abord tous Maliens…

Qu’on soit journaliste, commerçant, menuisier, etc., chacun de nous a au moins un membre de sa famille parmi les Forces de défense et de sécurité. Ce qui fait que nous sommes une famille d’abord», a lancé le Général de division Abdoulaye Maïga. C’est pourquoi, il a invité les médias à une auto critique aussi, quand il s’agit de diffuser de fausses informations ou tenir des propos diffamatoires sur les pouvoirs publics, l’Armée ou simplement un citoyen ordinaire. En se référant à sa propre personne, il dit n’avoir pas l’habitude de répondre aux contenus désobligeants des médias le concernant.

Cependant, le Chef du gouvernement a estimé que les médias doivent se faire le devoir de ne pas relayer certaines informations qui sont susceptibles de créer la division et attiser les tensions sociales. Il a cité pour exemple, la récente sortie dans les médias de son «grand père», selon ses propres termes, le Pr Aly Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale. Ce dernier aurait déclaré que son parti politique et ses alliés doivent se tenir débout, sinon les militaires sont en passe de créer leur parti politique aussi. «De tels propos qui sont sans fondement, car contraires aux dispositions constitutionnelles du Mali qui consacrent le caractère républicain de l’Armée, sont de nature à diviser le peuple malien, à propager une opinion négative sur l’Armée et menacer la cohésion sociale», a déploré le Général Maïga.

L’assistance est revenue à la charge par les voix de Awa Chouaïdou Traoré, directrice de publication de «Nouvel Horizon et Soir de Bamako», Abdoulaye Handane, directeur des programmes de la «Radio Klédu» et Tiégoum Boubèye Maïga, directeur de publication de «La Nouvelle République». Tous ont plaidé pour une aide soutenue et conséquente, aussi bien pécuniaire qu’en nature à la presse malienne. Certes, le contexte socio-politique et économique est difficile, reconnaissent-ils, mais c’est le prix à payer pour espérer un espace médiatique assaini, au service du développement du Mali. En se félicitant des échanges francs et fructueux, le visiteur du jour s’est dit confiant en l’avenir avec l’accompagnement des médias maliens dans la construction d’un Mali sécurisé, souverain et prospère.

Cheick Amadou DIA

Lire aussi : Fête de Ramadan : Le Président Goïta prône le vivre ensemble dans le pays

A l'occasion de la fête de l´Aïd-el Fitr, communément appelée Fête de Ramadan, le Président de la Transition, le Général d'armée Assimi Goïta a participé, au Palais de Koulouba, à la prière collective..

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Les articles de l'auteur

Eau, hygiène et assainissement : Un pacte de durabilité qui engage tous !

Par cet acte, le gouvernement, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers, la société civile, le secteur privé sont désormais tenus par une seule responsabilité, celle de rendre durable, l’accès aux services d’eau, d’hygiène et d’assainissement.

Par Cheick Amadou DIA


Publié lundi 02 mars 2026 à 09:05

Extraction d’or dans les cours d'eau : Fini le laxisme !

La journée du vendredi 12 décembre 2025 marque la fin des opération de traque, de saisie et de destruction des engins artisanaux servant à la recherche de l’or dans les cours d'eau et sur leurs rives bordant les forêts, dans la Région de Bougouni. Plus d’une centaine de dragues et de machines «cracheur» ont été mises à feu au grand dam de leurs propriétaires.

Par Cheick Amadou DIA


Publié lundi 15 décembre 2025 à 10:14

Sauvegarde du fleuve Niger : La chasse aux dragues

Le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable mène une lutte implacable contre ces engins très polluants utilisés pour extraire l’or du fond des cours d’eaux. L’objectif est clair : retrouver toutes les dragues partout où elles se trouvent, les saisir et les détruire.

Par Cheick Amadou DIA


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 08:50

Fonds vert pour le climat : L’ambassadeur Seyni Nafo au poste de co-pilote

Depuis janvier 2025, notre compatriote est le co-président du Fonds vert pour le climat (FVC) au nom des pays en développement, regroupant plus de 150 États dont le Mali. Le Green climate fund (GCF) en anglais ou le Fond vert pour le climat est la plus grande ressource financière multilatérale pour le climat au monde. Avec près de 60 milliards de dollars US (environ de 34.000 milliards de Fcfa) de portefeuille..

Par Cheick Amadou DIA


Publié jeudi 27 novembre 2025 à 08:45

BNDA-SFI : plus de 23 milliards de Fcfa pour soutenir les PME maliennes

L’hôtel Radisson Collection de Bamako a abrité, le jeudi 30 octobre, la cérémonie de signature de convention de financement entre la Banque nationale de développement agricole (BNDA) et la Société financière internationale (SFI). Par cette signature, la SFI met à la disposition de la BNDA plus de 23,341 milliards de Fcfa.

Par Cheick Amadou DIA


Publié lundi 03 novembre 2025 à 10:56

Paiement numérique : La BCEAO lance la PI-SPI

Cette plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI), permet d’envoyer et de recevoir de l’argent instantanément entre différentes banques, émetteurs de monnaie électronique, institutions de microfinances et établissements de paiement. Chaque citoyen de la zone Uemoa peut effectuer des opérations de transaction simples, sécurisées et facilement accessibles en quelques secondes, 24h sur 24 et 7 jours sur 7.

Par Cheick Amadou DIA


Publié mercredi 01 octobre 2025 à 09:08

Financement climatique : Une gestion «Kafkaïenne» des fonds

En 2015, à Paris, dans la capitale française, un Accord historique sur le climat a été adopté par 197 pays du monde. Il consacre un financement substantiel des actions de lutte contre le dérèglement climatique par les pays riches en faveur des plus pauvres, vulnérables au phénomène. La cagnotte, loin d’être remplie, est aussi soumise à une règle procédurale et administrative qui rend son accès difficile pour ses bénéficiaires.

Par Cheick Amadou DIA


Publié jeudi 14 août 2025 à 11:21

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner