Kayes : L’Ong Savam relance le débat sur l’utilité des manuscrits anciens

Ces œuvres de nos grands érudits contribuent à la promotion de notre patrimoine culturel. Elles peuvent servir de sources d’inspiration pour la résolution des conflits

Publié mercredi 26 avril 2023 à 05:49
Kayes : L’Ong Savam relance le débat  sur l’utilité des manuscrits anciens

 Dr Amadou Dolo (d) lors de la conférence-débat

 

De nos jours, nul n’ignore l’importance des manuscrits anciens. Ces anciens documents, fruits de certains grands érudits dont Ahmed Baba de Tombouctou et El hadj Omar Tall de l’Empire toucouleur 1848-1897, symbolisent la richesse de notre patrimoine culturel. D’après Wikipédia, les manuscrits de Tombouctou sont un ensemble de copies d'ouvrages plus anciens connus dans le monde afro-musulman ainsi que des productions locales originales datant, pour la plupart, de la période allant du XVIIe au XIXe siècle. La majorité de ces manuscrits sont écrits en arabe, ou bien dans une langue africaine (songhaï, haoussa et peulh notamment) à l'aide d'une version africanisée de l'alphabet arabe appelée «écriture adjami». 

Ces textes comprennent une grande variété de sujets incluant les mathématiques, les sciences, la philosophie, l'islam, l'astronomie, le droit et même la rédaction de contrats. En 1995, un premier volume d'inventaire des manuscrits du Centre Ahmed-Baba a été publié. Les 1.500 manuscrits recensés sont principalement en arabe et incluent le Coran, des recueils de hadiths, parmi tant d’autres.

D'après des conservateurs maliens, une grande partie des manuscrits classés patrimoine universel concernent le Maroc, soit plus de 30 % des manuscrits recensés. On trouve notamment des textes qui évoquent le Maroc et les rapports économiques et culturels entre ce dernier et d’autres pays, alors que d'autres ont été écrits par des scientifiques marocains.


Ce n'est pas anodin puisque Tombouctou sera dominé par la dynastie des Saadiens puis par les Alaouites. Ainsi, la région du Mali sera administrée par le Pachalik de Tombouctou dont le gouverneur est nommé par le sultan du Maroc Ahmed al-Mansour, mais aussi par Moulay Ismail et leurs successeurs Arma de 1591 jusqu'en 1825 lorsque les Touaregs prennent la ville de Tombouctou.

Il existe une bibliothèque publique soutenue par l'Unesco, l'Institut des hautes études et des recherches islamiques Ahmed-Baba (IHERI-AB), fondé à Tombouctou par notre gouvernement en 1973, qui contient environ 30.000 textes. Un projet de numérisation des documents a été initié en 2008 et réalisé en France, à l'Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon.

«Vous savez, les manuscrits représentent notre trésor, l’histoire de notre pays, notre héritage. Donc, il faut qu’on s’intéresse à ces manuscrits-là qui montrent la grandeur du Mali pour que nos élèves, nos étudiants et nos enfants puissent en profiter», insiste le professeur d’université Dr. Amadou Dolo, lors d’une conférence-débat tenue le 18 mars à Kayes.

L’objectif de cette conférence était de montrer leur importance, car des ouvrages ont été édités, écrits sur la base de ces manuscrits. «On a eu à exposer le contenu de deux ouvrages afin que le public sache que nous avons vraiment un trésor au Mali qui est écrit par nos ancêtres. Des documents très intéressants et qui peuvent être des facteurs de cohésion sociale, de bonne gouvernance et de stabilité de notre pays», estime Dr Dolo. Le professeur d’université a cité en exemple le cas d’El hadj Omar Tall, une personne de haut niveau. Le fondateur de l’Empire toucouleur a écrit un ouvrage qui a permis de réconcilier les émirs de deux états (Kano et Haoussa). Selon lui, le Mali peut s’inspirer de son expérience, pour promouvoir réconciliation nationale, en optant pour solution endogène à nos problèmes.

 De son vrai nom Oumar Seydou Tall, El hadj Omar Tall est né en 1797 à Alwar au Sénégal où il a fait ses premières études. À partir de 1827 et pendant dix-huit ans, Omar Tall entreprend plusieurs voyages. Cet adepte du soufisme est passé par Hamdallaye, qui était à l’époque la capitale de l’Empire du Macina. Il a séjourné au Nigeria chez Amir Mohamed Bello, fils d’un grand savant Ousmane Dan Fodio. à l’époque, Amir Mohamed Bello était en conflit avec son voisin de Borno.  à son retour de La Mecque, l’érudit est parvenu à réconcilier les deux rois en leur remèttant un manuscrit qu’il a composé sur la résolution des conflits.

«Pour nous, la vulgarisation des manuscrits anciens est une chose très importante pour la simple raison qu’il y a des régions qui sont encore vierges. La question que vous-mêmes (votre serviteur) vous avez posée à savoir si l’érudit (El hadj Salim Souaré) de Diakhaba est recensé. La question est la bienvenue. Un jour, il y aura une mission sur l’ensemble des manuscrits de la région », affirme le directeur régional de la culture de Kayes, Alimane Alkamadasse.

Ce village du Cercle de Bafoulabé, Région de Kayes, aurait été fondé en 1059 par Salim Souaré, de retour de son dernier pèlerinage à La Mecque, pour servir de point de départ à la promotion de l’islam en Afrique de l’Ouest. D’après certains chercheurs, il est difficile d’accéder à ses manuscrits à cause de la réticence de sa descendance.

Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Lire aussi : Ramadan : Faible engouement pour les jus industriels

Beaucoup pensent que ce commerce est particulièrement rentable en période de jeûne. Pourtant, la réalité est toute autre pour nombre de commerçants.

Les articles de l'auteur

Kansoutou Kanouté : Une amazone de la radio à Kayes

L’Office de radio et de télévision du Mali (ORTM) regorge de femmes talentueuses tant à Bamako que dans les régions. Parmi ces braves dames qui font la fierté de la maison mère à Bozola, figure Mme Kansoutou Kanouté, directrice régionale de l’ORTM de Kayes. Avec son accent ivoirien, elle a forgé son chemin dans le paysage médiatique et culturel, grâce à sa voix captivante, son courage et sa rigueur au travail..

Par Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:31

Région de Kayes : Reconduction du Couvre-feu pour un mois

Le couvre-feu a été reconduit dans la Région de Kayes pour une période d’un mois à partir de ce dimanche, a appris l’AMAP de source officielle..

Par Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes


Publié lundi 02 mars 2026 à 09:09

Kayes : L’État apporte son soutien aux confessions religieuses et aux couches vulnérables

Le mois de Ramadan se déroule bien dans la Cité des rails et surtout dans un esprit de solidarité. Cette vertu cardinale de notre société a été encore concrétisée à Kayes dans le cadre de la 3è édition de l’opération «Sunkalo solidarité» du gouvernement à travers une remise de vivres aux fidèles musulmans et chrétiens, aux veuves de militaires, et à d’autres couches sociales de la Région de Kayes.

Par Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes


Publié vendredi 27 février 2026 à 08:59

Kayes : Un projet sous régional lancé pour consolider la paix

Il est financé par le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) à environ 4 milliards de Fcfa pour les trois pays concernés (Mali, Mauritanie et Sénégal). La part de notre pays est de 1,38 milliard de Fcfa.

Par Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes


Publié lundi 23 février 2026 à 08:36

Kayes : Le Mali et ses partenaires lancent de nouveaux programmes de réintégration pour les migrants de retour

Une délégation du ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine a effectué une visite de quatre jours dans la Région de Kayes, remettant des kits de réinsertion à des migrants de retour et lançant une nouvelle formation, dans le cadre d’une politique visant à créer des alternatives locales à la migration irrégulière..

Par Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes


Publié mardi 10 février 2026 à 08:46

Kéniéba : Des femmes périssent dans l’éboulement d’une ancienne mine à Kéniéty

Le village de Kéniéty, situé dans la Commune rurale de Dialafara (Kéniéba), est endeuillé, suite à un éboulement survenu le vendredi dernier dans une ancienne mine d’or qui appartenait à des ressortissants chinois..

Par Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes


Publié mardi 13 janvier 2026 à 09:52

Kayes : La lutte contre le Sida ne faiblit pas

Le VIH/Sida représente un réel problème de santé publique à l’échelle planétaire.

Par Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes


Publié mardi 09 décembre 2025 à 09:05

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner