Journée internationale de la femme rurale : Une actrice à ne pas mettre sur la touche

Les autorités sont de plus en plus attentives aux préoccupations de la femme rurale dont le rôle est essentiel dans la quête de l’autosuffisance alimentaire. Il est surtout temps de dépasser les préjugés, selon lesquels la place de la femme est à la maison

Publié lundi 30 octobre 2023 à 06:55
Journée internationale de la femme rurale : Une actrice à ne pas mettre sur la touche

Remise d’équipements à une brave dame

 

À l’instar de la communauté internationale, notre pays aussi a célébré la Journée internationale de la femme rurale, fêtée le 15 octobre de chaque année. Mais pour des raisons de calendrier, l’événement a été fêté dans notre pays, jeudi dernier à Ouélessébougou sous le sous le thème : «émergence politique des femmes rurales, facteur de changement pour leur autonomisation accrue». C’était couplé à la Journée mondiale de l’alimentation dont le thème est intitulé : «L’eau c’est la vie, l’eau nous nourrit. Ne laisser personne de côté».

Les deux manifestations étaient co-présidées par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Coulibaly Mariam Maïga, et son collègue de l’Agriculture, Lassine Dembélé. Étaient présents aussi le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba et le ministre commissaire à la Sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, et d’autres invités de marque.

La Journée internationale de la femme rurale offre l’opportunité de faire une mobilisation générale en faveur des femmes rurales, de mettre en lumière leur rôle, notamment dans la quête de sécurité alimentaire et dans la nutrition. Mais aussi de rappeler la nécessité de l’amélioration de leur condition de vie.

La Journée internationale de la femme rurale (fêtée pour la 27è édition) et la Journée mondiale de l’alimentation représentent un cadre d’information et de sensibilisation sur les préoccupations des femmes rurales et sur leurs contributions à la sécurité alimentaire. Mais surtout de faire le bilan des actions menées dans la lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie, de mesurer les progrès réalisés ou les efforts consentis. Il s’agit aussi de profiter de l’opportunité pour rehausser le statut de la femme rurale et faire comprendre à la société les réalités qu’elles vivent.

Pour le ministre de l’Agriculture, ces journées représentent des moments d’échanges et de partage d’informations sur les systèmes alimentaires, les défis de la femme rurale, en vue d’une capitalisation des acquis pour une meilleure alimentation des citoyens maliens. Il a aussi souligné que le thème de la journée mondiale de l’alimentation de cette année célèbre l’une des ressources les plus précieuses de la planète : l’eau. «Donc, cela rappelle que l’eau est essentielle à la vie et aux moyens de subsistance, en réduisant la faim et la pauvreté et en réalisant tous les Objectifs de développement durable (ODD)». Et de déclarer que la crise climatique, la croissance démographique, l’urbanisation, l’industrialisation et le développement socio- économique exercent tous une pression sur les ressources en eau.


Cependant, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes croissants comme les sécheresses et les inondations, font que nos écosystèmes sont mis à rude épreuve, et cela engendre des conséquences redoutables sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, notamment des plus vulnérables, a souligné le ministre Lassine Dembélé. Il a également rappelé qu’à l’échelle mondiale, l’agriculture est le plus grand consommateur des ressources en eau douce de la planète et représente 70% de la consommation. Enfin, il s’est empressé d’ajouter que la journée est l’occasion pour le gouvernement d’appeler les producteurs et en particulier les femmes rurales à renouveler leurs engagements pour la promotion des objectifs des ODD et l’adoption de stratégies plus résilientes face aux défis du changement climatique.

Selon la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, l’émergence politique des femmes rurales est sans conteste l’un des facteurs de leur autonomisation sociale, culturelle et économique. Les femmes rurales jouent un rôle de premier plan dans le développement de notre pays, mais leur statut et leur rôle restent toujours à valoriser. La ministre Maïga a ajouté que la participation de ces femmes à la vie politique leur permettra de mieux s’impliquer dans le développement local et le processus de décentralisation avec l’évolution de la société. Elles seront en mesure de s’investir dans la vie de la cité, de s’intéresser à la dégradation de l’environnement, aux droits des femmes, à l’égalité entre les femmes et hommes et à l’équité entre les sexes, a-t-elle indiqué.

 Pour la ministre Maïga, ces différents objectifs ne seront réalisés ou atteints qu’avec l’implication et l’accompagnement de toute la population et particulièrement des femmes de tout bord. À cet égard, elle a promis que pour l’implication des femmes, son département mettra tout en œuvre en termes d’information, de sensibilisation et de formation des femmes et particulièrement des femmes rurales, lors des prochaines échéances électorales. Elle a aussi inauguré le Centre multifonctionnel des femmes de Ouéléssebougou et rappelé que ce joyau a été construit à l’initiative de l’ancienne ministre en charge de la Promotion de la Femme, Mme Bouaré Bintou Founè Samaké.

Ce centre servira certainement de lieu de renforcement des capacités des femmes, de formation et d’amélioration de leur état de santé.  La ministre Mariam Maïga n’est surtout pas venue à Ouélessébougou les mains vides. Elle a fait don de matériels (tricycle, balance moulin, natte, brouette, des tasses, marmites, daba, machines, etc.) aux braves femmes rurales pour les aider dans leur dur labeur. Et aussi déboursé 1,1 million de Fcfa pour la prise en charge les interventions chirurgicales de 4 femmes touchées par le prolapsus utérin (une descente d’organes dans le vagin), et remis des  attestations de mérite à des femmes battantes de différentes régions.

Quant à son collègue de l’Élevage et de la Pêche, il a souligné que les femmes rurales ont fortement contribué à l’atteinte des résultats en  matière de productions avicoles, piscicoles, animales de 2021 à 2022 de son département. Il a félicité et encouragé les femmes rurales pour leur apport inestimable dans la quête de la souveraineté alimentaire et nutritionnelle. Koundo Kamissoko, présidente de la Fédération nationale des associations des femmes rurales du Mali (Fenafer) a souligné la possibilité aux femmes rurales d’exprimer leurs préoccupations aux gouvernants. Elle a égrené quelques doléances et espéré que la ministre Mariam Maïga les transmette à qui de droit, notamment le chef de l’État. 


Djénèba KASSOGUÉ                                                              

Rédaction Lessor

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