Malheureusement,
nombre de nos compatriotes le confondent avec «bonni» (jeter un mauvais sort).
La confusion entre les deux termes fait qu’il y a une appréhension diffuse chez
les femmes à faire le dépistage du cancer du col de l’utérus. La tendance
plutôt est à la consultation des marabouts et féticheurs sans pouvoir obtenir
les résultats escomptés.
Ainsi,
la protection de l’avant-première dudit film s’est déroulée, samedi dernier au
Ciné-Magic, dans la dynamique de sensibilisation par le 7è art sur le cancer du
sein dans notre pays. C’était en présence du directeur du CNCM, Fousseyni
Maïga, du représentant du ministre de la Jeunesse et des Sports, Dr Adama
Sangaré.
Le
réalisateur du film, Sougalo Traoré, a expliqué ses motivations. «J’ai réalisé ce
film sur le cancer du sein. Parce que des sœurs de deux amis sont atteintes par
ce cancer. Elles ont eu recours à des marabouts et féticheurs, avant d’être
dépistées tard. C’est pourquoi en tant que cinéaste, je me suis dit pourquoi ne
pas sensibiliser sur ce fléau afin d’éviter que d’autres femmes ne vivent la
même situation», a succinctement évoqué le réalisateur. Et de préciser que le
film a été tourné en deux mois pour un coût global de plus de 48 millions de
Fcfa. Mais aussi qu’une vingtaine d’acteurs et quelques personnages font des
témoignages poignants sur ce redoutable cancer.
Dr
Adama Sangaré, directeur général du Centre de médecine du sport qui a assisté à
la projection du film, a indiqué qu’il va au-delà de la sensibilisation et de
l’éducation. «Il y a des séquences qui émeuvent tout être humain», a-t-il
témoigné. Selon lui, il est temps aujourd’hui qu’il yait des actions concrètes
notamment un programme national de lutte contre le cancer du sein pour que les
personnes qui en sont atteintes puissent être prises en charge. Cela, est très
important parce que nous savons aujourd’hui que le cancer aux stades 1, 2 et 3
peut être guéri, a-t-il fait savoir.
Le
directeur du CNCM a révélé que le cancer du sein fait beaucoup de ravages dans notre pays. Selon
Fousseyni Maïga, les dangers de cette maladie sont méconnus du grand public.
D’ou l’initiative de sensibiliser l’opinion publique sur les tenants et
aboutissants de la maladie. Il a ajouté que son établissement a vocation à
produire des films, mais pas que des films artistiques. «Notre mission nous
commande aussi à produire des films à vocation citoyenne, qui peuvent apporter
une réelle valeur ajoutée, en termes de transformations sociales. C’est un peu
cela aussi la valeur du cinéma », a expliqué Fousseyni Maïga. Ce puissant
vecteur de conscientisation des masses est, selon lui, utilisé dans le domaine
de la santé pour porter un message fort contre le cancer du sein.
Le
directeur du CNCM a aussi témoigné de sa satisfaction. «Personnellement, j’ai
été approché par une bonne dizaine de personnes
prêtes à faire le dépistage. On a souvent tendance à croire que c’est le
mauvais sort. Mais en réalité c’est une maladie comme toutes les autres. Le
seul moyen aujourd’hui d’y remédier efficacement, c’est de se faire dépister
tôt. C’est ce message que nous avons porté dans le film», a-t-il-dit.
Le
patron du CNCM a également déclaré que ce film a permis, au-delà de
l’information et de la sensibilisation, de pouvoir valoriser le travail des
agents de santé qui font du bon travail. «Au-delà de sensibiliser, il faut
porter un message d’espoir et dire aux femmes qu’une fois que le cancer du sein
est dépisté à temps, il y a 99% de chance d’en guérir», a évoqué le directeur
du CNCM.
Il a remercié toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation
de ce film, notamment le réalisateur et toute l’équipe de réalisation et
l’ancien directeur du CNCM, Modibo Souaré, qui a porté ce projet avec clairvoyance et intelligence. Il ressort du
film que sur 100 cas de cancer du sein au Mali, 98 sont des femmes et 2 sont
des hommes. Il a rappelé aussi que notre pays ne dispose que d’un seul centre
de radiothérapie (à l’Hôpital du Mali) et la nécessité de prendre les
dispositions nécessaires pour lutter efficacement contre le cancer du sein.
Sinè TRAORE
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