Exploitation aurifère : L’or doit briller pour tous les Maliens

L’Union des comptoirs et raffineries d’or au Mali (Ucrom) prône l’organisation et l’assainissement du secteur, afin que le métal jaune profite à tous les Maliens

Publié le 5 avril 2022 à 06:08

850 vues Lecture : 3 minutes

Exploitation aurifère : L’or doit briller pour tous les Maliens

Comment l’or est exploité au Mali ? Quel est l’état de l’environnement dans lequel il est extrait ? Quelle est la situation de l’exploitation de l’orpaillage dans notre pays ? Ces questions étaient au cœur d’un point de presse organisé par l’Union des comptoirs et raffineries d’or au Mali (Ucrom), samedi dernier, au Centre Djoliba de Bamako.

D’entrée de jeu, le représentant du Centre d’études stratégiques «Djogo ni maya blon» a estimé que l’extraction du métal précieux est faite dans le seul intérêt des sociétés minières et des gouvernants qui délivrent les permis et assurent le contrôle des activités. De cette gestion opaque des ressources, l’État sort perdant, dans la mesure où ses 20% de part sont insignifiants, comparés à ce qui doit lui revenir, a argumenté Boubacar Bocoum. Par exemple, selon lui, il y a plus de 7 ans que les multinationales opérant au Mali n’ont pas versé un centime de dividende à l’État, correspondant aux 20% d’emprunt fait par le pays à l’installation des mines.

Cependant, le Centre «Djogo ni maya blon», dans ses recherches de solutions, a fait des propositions aux gouvernants, afin que nos ressources aurifères soient un outil de développement économique et de lutte contre la pauvreté. Dans la gamme, il y a la mise en place de la co-entreprise.

En ce sens, les sociétés d’exploitation qui ont les moyens techniques et financiers, deviennent des actionnaires. L’État et les collectivités seront les actionnaires majoritaires. Toutes les superficies sur lesquelles se trouvent les permis d’extraction doivent être récupérées, estimera-t-il. Car, à en croire le chercheur, ces terres appartiennent aujourd’hui aux sociétés qui possèdent les permis d’exploitation. Ce qui les met hors de contrôle des autorités.

Le Centre propose une coopération avec les pays africains non producteurs d’or, afin de créer des consortiums et des comptoirs, qui sont les seuls moyens de garantir une gestion efficiente de nos productions d’or, a souligné l’expert. «Djogo ni maya blon» déplore également l’impact négatif de l’activité d’extraction de l’or sur l’environnement. Le témoignage de la présidente de l’association nationale «Wassa Ton» du Cercle de Kéniéba (Kayes) donne froid au dos. Mme Méyété Aye explique que le fleuve Falémé est en passe de disparaître à cause de l’orpaillage illégal dans son lit. La faune et la flore sont en voie d’extinction. La santé des populations en pâtit.

Elle impute cette situation à des ressortissants asiatiques et à d’autres nationalités présentes dans le Cercle (environ 75 selon la police). «Aujourd’hui, Dieu merci, on ne voit plus d’étrangers dans notre cercle», se réjouit Mme Méyété, en saluant le courage et la détermination des autorités de la Transition qui ont mené des opérations de déguerpissement. Son collègue de Yanfolila, Farabalaye Kouyaté  abondera dans le même sens.

Le président de l’Ucrom, lui, a pointé du doigt la mauvaise organisation du secteur et le fait que le circuit d’exportation de l’or échappe à tout contrôle de nos autorités. Si l’État encourageait l’installation des raffineries et des comptoirs d’achats dans les zones de production, le Mali deviendrait le premier producteur d’or au monde, assure CROM

El Hadj Karamoko Doumbia a estimé que notre pays dispose des plus grands gisements d’or au monde. En effet, le Mali ne dispose que de deux raffineries d’or qui sont peu connues. Selon le responsable de l’une d’elles, Adoul Thiam, l’orpaillage seul génère chaque année, 2,5 milliards de Fcfa. Les produits dérivés de l’or tel que l’argent est importé de Dubaï, indique-t-il «Alors que nous pouvons être également un exportateur de ce métal précieux», dira le raffineur.

Cheick Amadou DIA
Lire aussi : Forum de Bamako : Les acteurs plaident pour une formation adaptée aux besoins de l’économie

Le rapprochement entre les formations et les besoins du marché du travail a été au centre des échanges du panel 4 du 26ᵉ Forum de Bamako, consacré à l’éducation, à l’emploi et à l’entrepreneuriat. Les intervenants ont notamment préconisé le développement de l’apprentissage, le .

Lire aussi : Corridor maritime : offensive de charme du port de Lomé

Le choix d’un corridor maritime ne se joue pas uniquement à la sortie d’un port. Pour les opérateurs économiques maliens, il se mesure surtout au coût du transport, aux délais d’acheminement, à la fluidité des formalités et à la sécurité des marchandises jusqu’à leur destination .

Lire aussi : 5ème édition du salon : Le Professionnalisme des médias sociaux et la viabilité économique en ligne de mire

Les travaux du Salon des Médias au Mali (SAM MALI) ont débuté ce jeudi 5 novembre 2026 au palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ sous le haut parrainage du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Abdoulaye Diop..

Lire aussi : 5ème édition du salon : Le Professionnalisme des médias sociaux et la viabilité économique en ligne de mire

Les travaux du Salon des Médias au Mali (SAM MALI) ont débuté ce jeudi 5 novembre 2026 au palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ sous le haut parrainage du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Abdoulaye Diop..

Lire aussi : Tamarin : Une richesse sous-exploitée au Mali

Dans les campagnes maliennes, il suffit parfois de lever les yeux vers un tamarinier pour mesurer l’immensité d’une opportunité oubliée. Cet arbre, qui accompagne depuis des générations les paysages ruraux, produit un fruit aux multiples vertus. Mais derrière cette richesse naturelle se ca.

Lire aussi : Productions agricoles : Le grand gâchis !

Faute de moyens adaptés de conservation, de stockage et de transformation, une partie des récoltes se détériore avant même d’atteindre les consommateurs.

Les articles de l'auteur

Humanitaire-Développement-Paix : Le cilss plaide pour le nexus

Humanitaire-Développement-Paix : Le cilss plaide pour le nexus

Pour rendre opérationnel le lien entre ces trois secteurs dans une visée sécuritaire, alimentaire et nutritionnelle, le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel a organisé un atelier technique, le 24 juillet 2026 à Bamako..

Par Cheick Amadou DIA


Publié mardi 28 juillet 2026 à 09:11

Développement agricole : Un système d’information inédit pour soutenir le monde rural

Développement agricole : Un système d’information inédit pour soutenir le monde rural

Le Mali franchit un cap décisif dans la modernisation de son agriculture. Les premiers résultats du Recensement général de l’agriculture, lancé en 2024, dessinent les contours d’un outil stratégique appelé à transformer la planification du secteur primaire..

Par Cheick Amadou DIA


Publié jeudi 07 mai 2026 à 08:23

Campagne agricole 2025 : Des résultats  encourageants, malgré un contexte difficile

Campagne agricole 2025 : Des résultats encourageants, malgré un contexte difficile

Lors de sa 16è session tenue hier à la Primature, sous la présidence du Premier ministre Abdoulaye Maïga, l’instance agricole nationale a fait le bilan de la campagne dernière, présenté le programme 2026 et les projections sur 2027 et 2028 des activités du secteur primaire.

Par Cheick Amadou DIA


Publié vendredi 03 avril 2026 à 08:51

Eau, hygiène et assainissement : Un pacte de durabilité qui engage tous !

Eau, hygiène et assainissement : Un pacte de durabilité qui engage tous !

Par cet acte, le gouvernement, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers, la société civile, le secteur privé sont désormais tenus par une seule responsabilité, celle de rendre durable, l’accès aux services d’eau, d’hygiène et d’assainissement.

Par Cheick Amadou DIA


Publié lundi 02 mars 2026 à 09:05

Extraction d’or dans les cours d'eau : Fini le laxisme !

Extraction d’or dans les cours d'eau : Fini le laxisme !

La journée du vendredi 12 décembre 2025 marque la fin des opération de traque, de saisie et de destruction des engins artisanaux servant à la recherche de l’or dans les cours d'eau et sur leurs rives bordant les forêts, dans la Région de Bougouni. Plus d’une centaine de dragues et de machines «cracheur» ont été mises à feu au grand dam de leurs propriétaires.

Par Cheick Amadou DIA


Publié lundi 15 décembre 2025 à 10:14

Sauvegarde du fleuve Niger : La chasse aux dragues

Sauvegarde du fleuve Niger : La chasse aux dragues

Le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable mène une lutte implacable contre ces engins très polluants utilisés pour extraire l’or du fond des cours d’eaux. L’objectif est clair : retrouver toutes les dragues partout où elles se trouvent, les saisir et les détruire.

Par Cheick Amadou DIA


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 08:50

Fonds vert pour le climat : L’ambassadeur Seyni Nafo au poste de co-pilote

Fonds vert pour le climat : L’ambassadeur Seyni Nafo au poste de co-pilote

Depuis janvier 2025, notre compatriote est le co-président du Fonds vert pour le climat (FVC) au nom des pays en développement, regroupant plus de 150 États dont le Mali. Le Green climate fund (GCF) en anglais ou le Fond vert pour le climat est la plus grande ressource financière multilatérale pour le climat au monde. Avec près de 60 milliards de dollars US (environ de 34.000 milliards de Fcfa) de portefeuille..

Par Cheick Amadou DIA


Publié jeudi 27 novembre 2025 à 08:45

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner