Comment l’or est exploité au Mali ? Quel est l’état de l’environnement dans lequel il est extrait ? Quelle est la situation de l’exploitation de l’orpaillage dans notre pays ? Ces questions étaient au cœur d’un point de presse organisé par l’Union des comptoirs et raffineries d’or au Mali (Ucrom), samedi dernier, au Centre Djoliba de Bamako.
D’entrée de jeu, le représentant du Centre d’études stratégiques «Djogo ni maya blon» a estimé que l’extraction du métal précieux est faite dans le seul intérêt des sociétés minières et des gouvernants qui délivrent les permis et assurent le contrôle des activités. De cette gestion opaque des ressources, l’État sort perdant, dans la mesure où ses 20% de part sont insignifiants, comparés à ce qui doit lui revenir, a argumenté Boubacar Bocoum. Par exemple, selon lui, il y a plus de 7 ans que les multinationales opérant au Mali n’ont pas versé un centime de dividende à l’État, correspondant aux 20% d’emprunt fait par le pays à l’installation des mines.
Cependant, le Centre «Djogo ni maya blon», dans ses recherches de solutions, a fait des propositions aux gouvernants, afin que nos ressources aurifères soient un outil de développement économique et de lutte contre la pauvreté. Dans la gamme, il y a la mise en place de la co-entreprise.
En ce sens, les sociétés d’exploitation qui ont les moyens techniques et financiers, deviennent des actionnaires. L’État et les collectivités seront les actionnaires majoritaires. Toutes les superficies sur lesquelles se trouvent les permis d’extraction doivent être récupérées, estimera-t-il. Car, à en croire le chercheur, ces terres appartiennent aujourd’hui aux sociétés qui possèdent les permis d’exploitation. Ce qui les met hors de contrôle des autorités.
Le Centre propose une coopération avec les pays africains non producteurs d’or, afin de créer des consortiums et des comptoirs, qui sont les seuls moyens de garantir une gestion efficiente de nos productions d’or, a souligné l’expert. «Djogo ni maya blon» déplore également l’impact négatif de l’activité d’extraction de l’or sur l’environnement. Le témoignage de la présidente de l’association nationale «Wassa Ton» du Cercle de Kéniéba (Kayes) donne froid au dos. Mme Méyété Aye explique que le fleuve Falémé est en passe de disparaître à cause de l’orpaillage illégal dans son lit. La faune et la flore sont en voie d’extinction. La santé des populations en pâtit.
Elle impute cette situation à des ressortissants asiatiques et à d’autres nationalités présentes dans le Cercle (environ 75 selon la police). «Aujourd’hui, Dieu merci, on ne voit plus d’étrangers dans notre cercle», se réjouit Mme Méyété, en saluant le courage et la détermination des autorités de la Transition qui ont mené des opérations de déguerpissement. Son collègue de Yanfolila, Farabalaye Kouyaté abondera dans le même sens.
Le président de l’Ucrom, lui, a pointé du doigt la mauvaise organisation du secteur et le fait que le circuit d’exportation de l’or échappe à tout contrôle de nos autorités. Si l’État encourageait l’installation des raffineries et des comptoirs d’achats dans les zones de production, le Mali deviendrait le premier producteur d’or au monde, assure CROM
El Hadj Karamoko Doumbia a estimé que notre pays dispose des plus grands gisements d’or au monde. En effet, le Mali ne dispose que de deux raffineries d’or qui sont peu connues. Selon le responsable de l’une d’elles, Adoul Thiam, l’orpaillage seul génère chaque année, 2,5 milliards de Fcfa. Les produits dérivés de l’or tel que l’argent est importé de Dubaï, indique-t-il «Alors que nous pouvons être également un exportateur de ce métal précieux», dira le raffineur.
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