Cette décision unilatérale a été jugée inacceptable par les trois pays de la Confédération des États du Sahel (Confédération AES). C’est la teneur d’une déclaration du collège signée, hier, par le Président de la Confédération, le Général d’Armée Assimi Goïta.
Dans cette déclaration, le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, le Général d'armée Assimi Goïta, Président de la Transition du Mali et le Général de brigade Abdourahamane Tiani, Président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie du Niger, rappellent avoir créé, le 16 septembre 2023 l’Alliance des États du Sahel, dans le but de défendre la dignité de leur peuple et de préserver l'intégrité de leur territoire face aux velléités impérialistes et néocolonialistes.
Ce nouvel élan décisif porté par une volonté commune d'accéder à une souveraineté véritable et d'amorcer une réelle dynamique des peuples, s'est renforcé suite au retrait des trois pays de la Cedeao le 28 janvier 2024.
Le Collège des Chefs d’État de la Confédération AES dit avoir constaté que depuis l’adoption de cette nouvelle posture stratégique portée par des aspirations légitimes à la liberté et la paix, la junte française impérialiste sentant ses intérêts menacés, appuyée par certains chefs d’État de la sous-région, tente désespérément de porter un coup d'arrêt à la dynamique émancipatrice enclenchée par l’AES.
En réitérant le caractère irréversible et immédiat du retrait des pays de l’AES de la Cedeao, dans sa déclaration du 14 décembre 2024, le Collège des Chefs d’État de l’AES considère, à juste titre, la décision de proroger pour 6 mois le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cedeao comme étant une énième tentative qui permettrait à la junte française et à ses supplétifs de poursuivre la planification et la conduite des actions de déstabilisation contre l'AES.
En lieu et place d'une gestion concertée entre l’AES et la Cedeao des aspects techniques liés au retrait avec effet immédiat, le Collège des chefs d’État indique avoir été surpris de cette décision unilatérale de prorogation qui ne saurait lier les pays de l’AES.
Le Collège des Chefs d’État constate avec regret qu'au sein de la Cedeao, des manoeuvres de déstabilisation sont régulièrement initiées par une poignée de Chefs d’État qui imposent leurs désidérata et des agendas étrangers au reste de l'organisation.
À l’évidence, ces actions viennent prouver que la question sécuritaire à laquelle s'attaquent avec succès les pays de l’AES dans la sous-région et dont le bénéfice profite à toute la région, n'est pas une préoccupation réelle pour ces acteurs à la solde d’un maître aux abois.
Aussi, le Collège des Chefs d’État dit suivre avec une grande attention les manoeuvres de tromperie initiées par la junte française, prétextant de fermer ses bases militaires dans certains pays africains, pour les remplacer par un dispositif moins visible mais poursuivant la même velléité néocoloniale.
À ces activités, s'ajoutent des opérations de réorganisation et de regroupement de groupes terroristes dans le Bassin du Lac Tchad, dans le Sahel et dans certaines zones frontalières à savoir : Niger-Nigeria ; Niger-Bénin ; Niger-Burkina ; Bénin-Burkina. Ceux-ci reçoivent de la part d’États étrangers des appuis divers, notamment financiers et des moyens logistiques visant à déstabiliser l’AES.
Face à la gravité de ces faits, le Collège des Chefs d’État de la Confédération décide de mettre les forces de défense et de sécurité en état d'alerte maximale et de faire de l’espace confédéral un théâtre unique d'opérations militaires, coexistant avec les théâtres militaires nationaux en cours.
Il appelle les populations de l’AES à redoubler de vigilance; à dénoncer systématiquement tout fait suspect aux forces de sécurité et à rejeter les propositions d’enrôlement au sein des groupes terroristes. Le Collège des Chefs d’État réitère son engagement à poursuivre avec détermination le combat du peuple de l’AES pour sa souveraineté véritable et sa dignité.
Madiba KEÏTA
Les ministres ont réaffirmé leur volonté commune de poursuivre le renforcement de leur coopération dans les domaines politique, diplomatique, sécuritaire, économique et sociale, au bénéfice de leurs peuples respectifs et dans l'intérêt de la paix, de la stabilité et du développement.
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