Bamassa Sissoko, président de la 3è chambre civile à la Cour suprême : Un magistrat au parcours exemplaire

Né de Diabou Soucko et de Tiémoko Sissoko, qui a laissé derrière lui à Kéniéba, l’image d’un homme pétri de valeurs morales dont on se souvient encore dans la localité, Bamassa Sissoko ne pouvait être qu’un homme épris de justice.

Publié mercredi 05 novembre 2025 à 08:44
Bamassa Sissoko, président de la 3è chambre civile à la Cour suprême : Un magistrat au parcours exemplaire

 «Plus d’une fois, j’ai vu le papa être sollicité dans le voisinage immédiat pour le règlement de différends qui pouvaient opposer tantôt un couple, tantôt un parent à un enfant parce qu’on le savait franc et véridique», raconte-t-il. Ainsi, après avoir passé le baccalauréat en 1989 et privé de bourse d’études à l’extérieur au motif qu’il était premier ex-aequo avec un autre camarade et qu’il n’y avait qu’une seule bourse disponible, Bamassa Sissoko opte pour les Sciences juridiques à l’École nationale d’administration (Ena).

Après ses brillantes études, il effectue le concours d’entrée à l’Institut national de formation judiciaire qu’il passe avec succès. «À la fin de ma formation à l’Institut de formation judiciaire en 1997 et avant ma prise de fonction, mon père m’a prodigué beaucoup de conseils qui guident, aujourd’hui, ma conduite dans l’accomplissement de mon sacerdoce», souligne-t-il. Et de poursuivre : «Les collègues qui m’ont côtoyé savent que je suis très regardant dans l’exercice de mes fonctions.» 

Les conseils précieux de son père porteront fruit car l’homme a été élevé au grade d’Officier de l’ordre national à titre exceptionnel par le Président de la Transition, en guise de reconnaissance de la nation. «Ma fierté, c’est cette distinction honorifique qui est intervenue dans des circonstances qui ne sont pas ordinaires. Être célébré un jour de 22 septembre, sur le Boulevard de l'Indépendance par le premier des Maliens, je ne pense pas que je puisse m'attendre à un honneur encore qui soit plus expressif que cette distinction », se réjouit Bamassa Sissoko.

Il se félicite également d'avoir bénéficié de cette confiance de la part de la nation, à travers le Général d'armée Assimi Goïta. « Je serai éternellement reconnaissant envers celle-ci et je ferai tout mon possible pour m'acquitter de ce devoir de redevabilité envers elle en restant digne de cette confiance qui a été portée à ma personne », assure Bamassa Sissoko. Pour lui, l'acte qui a été posé par le Chef de l'État, à travers la reconnaissance du mérite de certains cadres de la nation, va créer une émulation car une preuve de plus a été établie que le mérite finit par être reconnu et que la nation n’oubliera aucun de ses fils méritants.

Cette distinction est la consécration d’une riche carrière. Après la formation à l’Institut national de formation judiciaire, Bamassa Sissoko a été muté au Tribunal de grande instance de Kita en qualité de juge au siège. « Dix-huit mois à peine, j'ai reçu ma première promotion en devenant au sein de la même juridiction, juge d'instruction et président du Tribunal du travail de la même localité », signale le natif de Kéniéba. De 2000 à 2005, il sert au Tribunal de grande instance de Koutiala en qualité de juge d'instruction, cumulativement avec les fonctions de président du Tribunal du travail de la même localité.


Après, il passe 9 ans à Yélimané en tant que juge de paix à compétence étendue. « Plus tard, il m’a été expliqué que ma longévité à la tête de cette juridiction se justifiait du fait que mon tempérament me conférait un profil idéal pour gérer le service public de la justice au niveau de ce cercle, sensible tant par le volume des affaires que par leur sensibilité », confie Bamassa Sissoko.

Entre 2013 et 2015, l’homme interrompt ses fonctions pour renforcer ses capacités en France précisément à la Faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de l’université Robert Schuman de Strasbourg et à l’Institut de recherches sur l’évolution de la nation et de l’Etat de l’université de Lorraine (Nancy), où il obtient respectivement un Master en droit privé fondamental ainsi qu’un diplôme en Cour constitutionnelle et Cour internationale.

« En 2015, j'ai été honoré de faire partie des neuf sages de la République en intégrant la Cour Constitutionnelle du Mali », confie Bamassa Sissoko. Et de poursuivre : « c'est à la faveur de la dissolution de cette institution en août 2020 que j'ai été déployé à la Cour d'appel de Bamako en qualité de conseiller ». En 2022, il sera nommé à la Cour suprême en qualité de conseiller à la section judiciaire.

« Deux ans plus tard, le président de la Cour suprême m'a fait confiance en me nommant président de la 3è chambre civile de cette section, poste que j’occupe à ce jour », explique-t-il. 
Bamassa Sissoko a été élu très tôt au conseil supérieur de la magistrature pour un mandat de quatre ans qui a été renouvelé totalisant huit ans.


« A ce titre, on siégeait à Koulouba pour gérer la carrière des magistrats, procéder à leur mutation et statuer en matière disciplinaire sur des questions relevant de cette matière », précise le magistrat de grade exceptionnel. Il aura par la suite, la chance d'être élu au sein du comité directeur du Syndicat autonome de la magistrature où il a commencé en qualité de secrétaire au conflit avant de finir par être secrétaire général.

Bamassa Sissoko a conduit, avec succès, le célèbre procès de l’avion présidentiel et des équipements militaires qui a connu son épilogue en juillet dernier en qualité de président de la Cour d’assises. Il rappelle que la gestion de ce genre de dossier exige une rigueur avec soi-même et une parfaite maîtrise de ses pièces constitutives.

 « Ainsi, de ma nomination à la présidence de la Cour d’assises à l’épilogue de l’instance, j’ai sursis à tout déplacement tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays pour me préserver contre toute supputation ou autres risques », confie celui qui dormait dans sa chambre à coucher avec les dossiers et les pièces à conviction pendant toute la durée du procès en vue de leur sécurité. 

D’après lui, à l'issue de ce procès, la plupart des Maliens se sont retrouvés dans le verdict qui a été prononcé.  « Donc, quand vous menez un procès et que toutes les parties, y compris ceux qui ont été condamnés à travers des avocats, disent que les débats ont été exhaustifs et que leurs droits ont été respectés, vous ne pouvez qu’être satisfait », se réjouit Bamassa Sissoko.

Contrairement aux autres récipiendaires, l’homme n’est pas appelé à faire valoir ses droits à la retraite cette année. « Il me reste un bon bout de parcours encore à faire au sein de la magistrature », précise le président de la 3è chambre civile à la Cour suprême.


Rédaction Lessor

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Lire aussi : Ramadan : Faible engouement pour les jus industriels

Beaucoup pensent que ce commerce est particulièrement rentable en période de jeûne. Pourtant, la réalité est toute autre pour nombre de commerçants.

Les articles de l'auteur

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

Journée internationale de la femme : Zoom sur deux amazones aux parcours exemplaires

A l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont le parcours peut inspirer d’autres..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 08 mars 2026 à 12:20

CAN-féminine : La compétition reportée au mois de juillet

C’était attendu, c’est désormais officiel. La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé hier le report de la CAN-féminine qui était prévue du 17 mars au 3 avril au Maroc. Le tournoi aura finalement lieu du 25 juillet au 16 août 2026, toujours dans le Royaume chérifien..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:19

Familles fondatrices de Bamako : Le petit-fils le plus âgé de «jamanatigi» s’appelle Samba Niaré

Dans l’article intitulé «Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è Jamanatigi», une erreur nous a fait dire que le contrôleur général de police à la retraite Mamadou Niaré dit Gari est le petit-fils le plus âgé de Titi Niaré qui a été intronisé, le samedi 7 février à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:50

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner