Accidents de la circulation : De fortes mesures pour réduire le phénomène

L’une des mesures principales est l’interdiction faite aux véhicules de transport public de voyageurs de circuler et stationner de zéro heure à 05 heures du matin sur les axes routiers interurbains et internationaux. Les compagnies doivent également avoir des chauffeurs de relais sur les longs trajets comme Bamako-Gao. Les contrevenants pourront se voir retirer la licence d’opérer au Mali

Publié mercredi 11 octobre 2023 à 05:54
Accidents de la circulation : De fortes mesures pour réduire le phénomène

Un grave accident de la circulation routière impliquant une Sotrama surchargée

 

De graves accidents de la circulation routière, dont celui survenu le 13 juin dernier entre Fana et Konobougou (20 tués et 32 blessés), endeuillent fréquemment notre pays. Face à ces tragédies qui impliquent les véhicules de transport public de voyageurs et autres moyens de déplacement, le ministère du Transport et des Infrastructures a décidé de prendre le taureau par les cornes.


Il a tenu les 4 et 12 juillet derniers des réunions relatives à la fréquence des accidents impliquant les véhicules de transport public voyageurs. Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de ces réunions, il a été adopté un arrêté interministériel n°2023-2448/MTI-MATD-MSPC du 07 septembre fixant les horaires d’interdiction de la circulation de transport public de voyageurs sur les axes routiers interurbains et internationaux.

Cet arrêté interdit la circulation de zéro heure à 05 heures du matin, mais aussi l’arrêt et le stationnement de zéro heure à 05 heures du matin sur les axes routiers interurbains et internationaux. D’autres mesures allant dans le même sens que cet arrêté interministériel, sont le respect strict des limites de vitesse (fixées à 50km/h en agglomération et à 90km/h en rase campagne pour les véhicules de transport public), la mise aux normes des ralentisseurs de vitesse installés anarchiquement sur les axes routiers et la soumission des chauffeurs professionnels à la visite médicale périodique.

Nous avons rencontré les acteurs clés du transport et de la sécurité routière pour comprendre la portée de cette décision et ses implications sur la sécurité routière. Pour le directeur général de l’Agence nationale de sécurité routière (Anaser), l’interdiction de circuler de nuit se justifie par le fait que la plupart des accidents sont dus à la circulation nocturne, à l’excès de vitesse et au non respect des règles de la circulation routière.


Il a, en effet, été constaté que des chauffeurs conduisent de jour comme de nuit. Ainsi, à une certaine période de la nuit, ils manquent de vigilance. Ce qui peut conduire à un drame. «Et quand il y a des accidents de masse où on a beaucoup de tués et de blessés, il est très difficile à 3 heures du matin d’aller secourir à 100 ou 200 kilomètres. Aussi, à 3 heures du matin, vous n’avez pas le plateau technique nécessaire dans les hôpitaux pour pouvoir soigner tous les blessés. Certains blessés peuvent mourir malheureusement du fait qu’à cette heure tardive, on n’a pas tous les spécialistes sur place», explique Ousmane Maïga.

Selon lui, ces dispositions ne sont que les premières d’une série de mesures. Ces mesures immédiates visent donc à diminuer la fréquence des accidents, en obligeant les chauffeurs à se reposer. Le directeur général de l’Anaser estime que le renforcement de la sécurité routière passera par l’application stricte des dispositions de cet arrêté. Pour que les chauffeurs adhèrent à ces mesures, les structures techniques des ministères concernés ont mené une campagne de sensibilisation. «On a vulgarisé l’arrêté un peu partout.


On a travaillé avec les gouverneurs des régions pour qu’eux aussi, dans leurs ressorts géographiques, puissent vraiment prendre les dispositions», révèle Ousmane Maïga. Et de préciser que cette phase de sensibilisation a continué jusqu’à ce mois d’octobre. Selon lui, ces mesures ne sont que transitoires.

«C’est-à-dire qu’il faut que les compagnies puissent avoir des chauffeurs de relais. Par exemple, celui qui conduit pendant la journée de Bamako jusqu’à Mopti pour un car qui doit aller à Gao, il faut qu’il ait un second chauffeur qui est déjà à Mopti. Celui-ci qui s’est reposé toute la journée peut donc valablement prendre le bus pour l’amener à Gao», dit-il. Avant d’ajouter que dès lors que les compagnies de transport vont s’inscrire dans cette perspective, les termes de l’arrêté pourraient être abrogés et permettre à ce qu’il ait la rotation 24h/24.

 

Audit des compagnies- Le patron de l’Anaser confie que les autres dispositions vont s’appliquer de façon progressive tout en continuant avec la sensibilisation et faire en sorte que d’ici la fin de l’année, les compagnies de transport routier de voyageurs aient un maximum de sécurité pour préserver les vies humaines sur les routes.


En outre, Ousmane Maïga annonce l’audit de sécurité routière des compagnies. «On a un nouveau code de la route. On va auditer les compagnies. Celles qui ne respecteront pas les dispositions légales législatives en matière de sécurité routière se verront sanctionner. La sanction peut aller jusqu’au retrait de la licence d’opérer au Mali. Avant, nous allons faire des campagnes de sensibilisation pour que les gérants, propriétaires des compagnies puissent se conformer à la réglementation», détaille-t-il.

À en croire le directeur général de l’Anaser, l’application de cet arrêté et la sensibilisation lors de la Semaine nationale de la sécurité routière ont permis de réduire les accidents. Il espère que ce changement positif va continuer. Pour l’instant, poursuit-il, sa structure a indexé des compagnies accidentogènes sans complaisance. «On les a mises sur la liste noire. On est allé les voir pour leur rappeler les dispositifs légales et réglementaires», nous confie Ousmane Maïga. Il indique que toutes les actions seront évaluées en fin d’année pour voir ce qui a changé et peut être amélioré davantage.

Pour sa part, le directeur général des transports signale qu’au troisième mois de l’application de l’arrêté, ils vont envoyer des contrôleurs sur le terrain pour constater de visu l’applicabilité des mesures sur les différents axes routiers. Selon Mamadou Sow, des instructions fermes ont été données à tous les responsables des sociétés de transport, pour que leurs chauffeurs ne conduisent pas au-delà de minuit.

Pour une meilleure application de ces mesures, le patron des transports interpelle tout le monde : d’abord les compagnies de transport, ensuite les agents chargés de veiller à l’application notamment la police et la gendarmerie, et les voyageurs qui incitent souvent les conducteurs à rouler à grande vitesse. «Si le chauffeur ne va pas vite, on dit   qu’il est mou. Les cars des chauffeurs les plus enclins à observer une grande vitesse, se remplissent très vite. Même s’il est minuit, des passagers insistent qu’ils ne s’arrêtent pas. Tout le monde est interpellé», regrette Mamadou Sow. Il invite les habitants des villages traversés à dénoncer les compagnies de transport qui ne respectent pas ces mesures.

Du côté de la faîtière des transporteurs routiers, le secrétaire général du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR) affirme que le conseil a participé à la réunion du 12 juillet dernier et a largement diffusé le communiqué conjoint et l’arrêté interministériel au niveau des transporteurs et des chauffeurs et conducteurs routiers. «Nous veillons aussi à ce que les transporteurs respectent scrupuleusement ces deux textes. Nous ne ménagerons aucun effort pour les rappeler à l’ordre à chaque fois que cela est nécessaire», déclare Boubacar Kané.

Pour lui, la bonne application de ces mesures par les transporteurs ainsi que les chauffeurs aura un grand impact positif dans la réduction du nombre d’accidents et de victimes sur nos routes. Pour une meilleure application de ces mesures, le secrétaire général du CMTR interpelle les forces de sécurité. «Nous demandons aux forces de sécurité de réprimer les graves violations au code de la route et aux autres textes en vigueur concernant la circulation routière. Autant le CMTR est contre les tracasseries inutiles de la part des forces de sécurité», note-t-il.

Amadou GUEGUERE

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