Les experts ont donné un avis éclairé sur les préoccupations liées au financement de la santé
L’argent est le nerf de la guerre, a-t-on coutume de dire. Ça l’est encore plus dans le domaine la santé où les exigences sont fortes en matière de qualité des soins, des ressources humaines, de disponibilité des infrastructures et des équipements de pointe. Malgré ces besoins essentiels, l’État assure le financement de la santé à hauteur de 5,74% du budget national. C’est une préoccupation qui figurait en bonne place parmi les thématiques des États généraux de la santé (EGS) qui ont pris fin, hier au Centre international de conférences de Bamako (CICB).
La question a fait mercredi dernier, l’objet de débats au sein du groupe 3, présidé par le gouverneur de la Région de Kita, Daouda Maïga. Les têtes couronnées du secteur comme le Pr Akory Ag Iknane ont versé leurs avis d’expert dans les échanges. Les travaux se sont tenus autour des questions relatives au budget alloué à la santé, les sources de financement, les gratuités des soins, les assurances sociales. S’y ajoutent l’accessibilité financière aux soins et aux services de santé, la participation communautaire au financement de la santé, le financement du secteur privé et la lourdeur administrative dans la mobilisation des ressources financières.
Sur ces questions, les points de vue étaient nettement tranchés. Les réflexions ont débouché sur plusieurs recommandations. Un spécialiste de l’économie de la santé a tenu que l’assistance prenne en compte la rationalité et l’efficience des financements. Selon lui, il faut faire des recommandations dans le sens de la bonne gestion des ressources disponibles.
Les participants ont été unanimes sur la nécessité de l’opérationnalisation du Régime d’assurance maladie universelle (Ramu) et son ancrage au niveau de la Présidence de la République. Ils ont également recommandé l’augmentation du budget alloué à la santé, conformément à la déclaration d’Abuja, mais aussi la diversification des sources de financement en privilégiant les financements innovants.
Le président du groupe a souligné l’importance de ces thématiques pour la bonne conduite de notre système de santé qui part de la base, notamment des Centres de santé communautaire (Cscom) aux Centres de santé de référence (Csref) et autres hôpitaux du District vers les établissements hospitaliers de 3è référence. Daouda Maïga a expliqué que des contributions importantes ont été faites sur la gratuité de la prise en charge des indigents reconnus comme tels (à travers le Régime d’assistance médicale (Ramed) ndlr) et certaines catégories sociales.
Le gouverneur de Kita a souligné que les débats ont porté sur les sources de financement provenant de l’extérieur ou du budget national. Daouda Maïga a noté que les participants ont évoqué également les expériences de la sous-région, de l’Afrique et même du monde. Il a assuré que l’expertise des participants a largement aidé à formuler une centaine de recommandations.
Mohamed DIAWARA
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