Projet de restauration des terres dégradées : 100.000 emplois pour sauver le delta du Niger au Mali

Le projet, étalé sur sept ans (2023-2030), prévoit d’accroître l’adoption de pratiques intelligentes de restauration et l’amélioration de l’accès aux opportunités de revenus pour plus de 2 millions de personnes dans le Delta intérieur du Niger. Mais aussi le tracé de la Grande muraille verte

Publié vendredi 31 janvier 2025 à 07:12
Projet de restauration des terres dégradées : 100.000 emplois pour sauver le delta du Niger au Mali

Le PRTD couvre les Régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti, Douentza, Nara, Nioro et Kita

 

La signature d’une convention de 118 sous-projets communautaires retenus à cet effet s’est déroulée, hier, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Présidée par le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de division Abdoulaye Maïga, la cérémonie a enregistré la présence de plusieurs membres du gouvernement dont la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Doumbia Mariam Tangara.

On notait également la présence de la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Clara De Sousa, des gouverneurs des huit régions concernées et des maires des 87 communes bénéficiaires. Pays sahélien et continental, le Mali fait face, depuis de nombreuses années, aux effets néfastes du changement climatique, exacerbés par la dégradation des sols et du couvert végétal, l’assèchement des cours d’eau, l’érosion des berges et la perte de sa biodiversité.

C’est pour inverser cette tendance, en faisant de la restauration des terres un levier de croissance et de résilience pour les générations futures, que le gouvernement, avec l’appui de son partenaire financier (Banque mondiale), a initié ce projet pour servir de levier de croissance et de résilience aux générations présentes et futures.

Dans une présentation liminaire, le coordonnateur de l’Unité de gestion du Projet de restauration des terres dégradées (PRTD), Madou Diallo, a détaillé le processus. Suite à un appel à projets ayant recensé 1.026 idées, un processus rigoureux de sélection a permis de retenir 118 sous-projets qui bénéficient d’un financement de 6,9 milliards de Fcfa sous forme de subvention du PRTD. Ils impliquent 1.500 bénéficiaires et touchent 142.025 personnes, dont 52% de femmes et de jeunes.

En créant plus de 100.000 emplois, les projets renforceront les moyens de subsistance des communautés rurales. Les activités prévues porteront sur l’agroforesterie et l’arboriculture pour la production durable de bois et de produits forestiers non ligneux, la culture du «bourgou» pour l’aliment du bétail, la réhabilitation des étangs et mares pour la pêche traditionnelle et leur empoissonnement, la gestion durable des terres et la conservation des eaux et sols avec des techniques innovantes, la régénération naturelle assistée (RNA), l’aménagement de périmètres pastoraux et fourragers …

 

6 À 62 MILLIONS DE FCFA- Avec des financements allant de 6 à 62 millions de Fcfa par sous-projet, le PRTD apporte une réponse concrète aux défis environnementaux et socioéconomiques qui touchent les zones arides du Mali. Il ambitionne ainsi de restaurer les écosystèmes fragilisés, améliorer la résilience des populations face aux effets du changement climatique, renforcer la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance durables et stimuler un engagement collectif pour un avenir durable.

«Le Delta intérieur du Niger (DIN) et la Grande muraille verte sont des zones essentielles pour la biodiversité et les populations locales», a rappelé Clara De Sousa. Leur préservation nécessite une action collective et coordonnée pour transformer les défis en opportunités durables. C’est dans cet esprit que la Banque mondiale s’est engagée à appuyer notre pays dans la réalisation de cette initiative ambitieuse. Son responsable a salué les efforts du gouvernement malien à travers ces sous-projets qui, bien au-delà de simples réponses aux défis écologiques et climatiques, sont des catalyseurs de développement économique et social.

De son côté, la ministre Tangara a salué un grand jour pour son département qui, sous le leadership du Président de la Transition, enregistre des progrès notables dans la réalisation de ses missions. Elle en veut pour preuve, l’augmentation significative du budget du ministère en charge de l’Environnement.

Le Premier ministre Maïga a rappelé l’utilité du programme. «Ce projet cadre bien avec les termes de la lettre de cadrage du Chef de l’État, à savoir la satisfaction des besoins des populations grâce à une économie forte et résiliente, l’amélioration du système éducatif et l’emploi, en particulier celui des jeunes», a déclaré le Chef du gouvernement.

Pour le Général de division Abdoulaye Maïga, ces 118 sous-projets ne sont pas une initiative isolée. Ils sont le pilier d’un programme intégré qui associe restauration écologique, lutte contre le changement climatique, promotion d’un développement socio-économique inclusif. Il a instruit le chef du département en charge de l’Environnement de veiller à leur mise en œuvre rigoureuse.

Le PRTD couvre les Régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti, Douentza, Nara, Nioro et Kita.

Cheick Amadou DIA

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