Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Abdoulaye Diop a pris part, samedi 18 avril à Lomé, à la cérémonie de lancement de la nouvelle Stratégie togolaise pour le Sahel. Occasion pour lui de saluer les actions des autorités togolaises pour la paix et d’exprimer le soutien de notre pays aux initiatives sincères en faveur du Sahel.
Le chef de la diplomatie malienne a profité de cette tribune pour saluer le Président togolais, Faure Gnassingbé pour l’action qu’il mène au nom du Togo en faveur de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement de la région du Sahel, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique de manière générale.
Selon Abdoulaye Diop, notre pays se réjouit de participer à cette cérémonie qui illustre, une nouvelle fois, la volonté du Togo d’adapter son engagement aux nouvelles réalités géopolitiques et sécuritaires, en vue de renforcer la stabilité régionale et la coopération entre les pays du Sahel et ceux du Golfe de Guinée dans un environnement géopolitique et un monde en pleine mutation. «Sur le principe, nous saluons cette initiative renouvelée du gouvernement togolais de poursuivre son action en faveur de la paix et de la sécurité sous-régionales», a indiqué le chef de la diplomatie malienne.
Dans la démarche, il est heureux que les autorités togolaises aient fait le choix de l’inclusivité, en associant les parties prenantes, particulièrement les États concernés non seulement à cette cérémonie de lancement de la Stratégie Togo-Sahel, mais aussi à sa mise en œuvre. D’après lui, les piliers sur lesquels repose la Stratégie appellent à une action concertée, cohérente et respectueuse de la souveraineté des États. Pour le ministre Diop, dans sa substance, la Stratégie Togo-Sahel s’inscrit en cohérence avec la vision de nos autorités de parvenir au retour de la paix et de la stabilité dans nos États et dans la région du Sahel, dans un esprit de pragmatisme, de réalisme et de sagesse.
«Le premier mérite de cette Stratégie est qu’elle émane d’un pays qui n’a eu de cesse de prôner, mais de pratiquer le dialogue avec les pays du Sahel, en soulignant que leur situation de transition politique ne saurait être le prétexte à leur relégation au second plan, dans certains cas à leur diabolisation car, à l’évidence, ces pays du Sahel, vivent au quotidien et au prix de la quiétude, voire de la vie de paisibles citoyens, la crise qui leur est imposée», a ajouté Abdoulaye Diop, qui a insisté sur le renforcement de l’intégration sous-régionale, car la Confédération AES vise à favoriser une meilleure intégration, un meilleur brassage des populations, déjà liées entre elles par des relations naturelles et historiques de fraternité, culturelles et des liens géographiques.
Le ministre Abdoulaye Diop lors de son intervention
Toutefois, il dira que la coopération et l’intégration régionales en Afrique de l’Ouest doivent désormais tenir compte de la reconfiguration géopolitique de la région marquée par la coexistence de deux entités qui doivent travailler ensemble dans le but de préserver les intérêts des populations ouest africaines et promouvoir leurs aspirations à la paix et au développement, dans un esprit de solidarité et de respect mutuel.
CRÉER LA CONFIANCE- Pour Abdoulaye Diop, la coopération internationale et particulièrement sous-régionale est un atout considérable à l’atteinte de nos objectifs communs de paix et de sécurité. Cependant, le chef de la diplomatie malienne prévient que la coopération en matière de sécurité au plan régional exige des préalables. Il s’agit de créer la confiance notamment, la nécessité pour certains États de la région de cesser le soutien à des groupes terroristes ou l’utilisation de leur territoire pour déstabiliser les voisins, cesser d’accueillir des forces étrangères hostiles engagées dans des actions de déstabilisation ou de subversion des États voisins, avoir la même définition du terrorisme car la nature fluctuante de la lutte contre le terrorisme amène à constater qu’il est désormais soutenu ou financé par certains États de la région ou extérieurs à notre région.
D’après Abdoulaye Diop, dans un premier temps, il est possible d’envisager des collaborations sur une base bilatérale là où c’est possible, de travailler à établir de nouveaux mécanismes de coopération sécuritaire endogènes sous leadership africain, financés et contrôlés par des Africains.
Il soutient que la situation au Sahel a nécessité un réajustement des interventions internationales et régionales. «Les interventions de nos partenaires doivent soutenir l’action gouvernementale des États du Sahel, plutôt que de tenter de se substituer à nos États…», a souligné le ministre Abdoulaye Diop, qui pense que le Sahel est victime de sa richesse, de ses potentialités, de son espace, de ses ressources en eau souterraine et en minerais stratégiques.
Selon lui, le Mali soutient les initiatives sincères en faveur du Sahel. Il dira que cela signifie, que «nous souhaitons que nos partenaires comprennent que la Confédération AES veille à la souveraineté de ses États membres et à éviter toute ingérence extérieure». Avec cette nouvelle Stratégie, le Togo, contrairement à certains pays de la sous-région, a compris que toute menace pesant sur la paix régionale affecte directement la quiétude des populations et que les menaces sécuritaires du Sahel ne s’arrêtent pas aux frontières sahéliennes. Mais ont des répercussions directes sur les pays côtiers.
Dieudonné DIAMA
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