#Mali : Mise en œuvre des recommandations du Dialogue inter-Maliens : Maintenir le dialogue permanent pour construire le consensus

C’est ce que préconise l’enseignant-chercheur à l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB). Abdoul Sogodogo juge essentiel de poursuivre à cet effet les concertations entre les différents acteurs

Publié mardi 14 mai 2024 à 08:22 , mis à jour mardi 21 mai 2024 à 03:32
#Mali : Mise en œuvre des recommandations du Dialogue inter-Maliens : Maintenir le dialogue permanent pour construire le consensus

Enfin, le Mali vient de décider d’assumer seul la gestion de la crise politique et sécuritaire qu’il traverse depuis 2012 par l’internalisation des solutions. Les recommandations du Dialogue inter-Maliens (DIM) indiquent désormais les chemins à suivre. Je retiens du Dialogue qu’il est essentiel de poursuivre les concertations entre les différents acteurs. En effet, plusieurs recommandations issues du DIM nécessitent la construction d’un consensus, parfois avec des acteurs spécifiques, pour leur mise en œuvre. Par exemple, la rationalisation des partis politiques, le contrôle de la ligne éditoriale des prêches par les religieux, la dissolution des groupes d’autodéfense, etc.

Nous observons que les recommandations sont nombreuses et touchent différents aspects de la vie nationale. Cela montre la volonté des participants au DIM de traiter toutes les préoccupations des populations maliennes sans tabou : prolongation de la Transition, promotion de la candidature du colonel Assimi Goïta à la prochaine élection présidentielle, négociation avec les groupes armés sécessionnistes, y compris les terroristes djihadistes maliens, etc.

Il est important de souligner que ces recommandations sont diversement appréciées par les populations maliennes et font l’objet de nombreuses critiques de la part de la classe politique. En premier lieu, de nombreux partis politiques n’y ont pas participé, malgré l’esprit d’inclusivité qui a caractérisé le Dialogue inter-Maliens. De plus, les groupes armés terroristes ont également été absents des discussions. Néanmoins, à travers certaines recommandations, on peut percevoir la volonté des participants au Dialogue inter-Maliens de créer un cadre de dialogue avec ces grands absents, ce dont on peut se réjouir.

Les recommandations du Dialogue inter-Maliens suscitent de l’espoir, car leur mise en œuvre, dans une approche participative et inclusive, pourrait conduire à de larges consensus en faveur de la paix et de la cohésion nationale au Mali. Le succès et l’efficacité de la mise en œuvre des recommandations dépendront des politiques publiques qui en découleront. En veillant à ce que ces politiques soient cohérentes, appropriées et favorables, il est possible de maximiser l’impact des recommandations et de favoriser des changements significatifs pour la paix et le développement du pays.

Rappelons que le Dialogue inter-Maliens fait référence aux pourparlers et aux discussions entre Maliens (organisé par les autorités de Transition) dans le but de résoudre les crises politiques et sécuritaires qui affectent le pays depuis 2012. Ces discussions visent principalement à trouver des solutions aux conflits internes, à la gouvernance, à la sécurité et au développement du pays. En tournant dos à l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger de 2015, les autorités de Transition ont fait le choix d’engager une discussion directe avec les citoyens autour de deux questions essentielles : la paix et la réconciliation.

Cette démarche constitue en soi une rupture avec les approches antérieures de construction de la paix au Mali qui privilégiaient l’intervention d’une tierce partie (acteurs internationaux) appelée «médiateur». Ce médiateur a souvent été l’Algérie, la Libye, le Burkina Faso ou encore la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Seuls les gouvernements, les groupes armés (les indépendantistes et les groupes d’autodéfense) et, souvent, quelques organisations de la société civile prenaient part à ces négociations de paix. Les populations affectées par les conflits se trouvaient pratiquement exclues de ces espaces de décision où les accords étaient conclus.  À l’inverse, le Dialogue inter-Maliens est un processus complexe qui implique une variété d’acteurs nationaux issus de la société civile et des partis politiques.

Même si, force est de constater que le retrait annoncé de certains partis politiques du processus suite à la suspension générale de leurs activités par les autorités de Transition a soulevé des interrogations sur l’inclusivité et le caractère participatif du DIM.  Au fond, les populations maliennes espèrent un changement de paradigme dans la fabrication des politiques publiques issues du DIM qui doivent traduire en actions concrètes les recommandations.

Il s’agit de s’assurer d’une forte légitimité des éventuelles politiques et une grande redevabilité des parties prenantes (gouvernants, société civile, opérateurs économiques, etc.). Cela semble une des voies appropriées pour répondre efficacement aux besoins (sécurité, paix, santé, éducation, etc.) des citoyens. Nous constatons que le dialogue s’est tenu sur l’ensemble du territoire national et les différentes thématiques annoncées ont été largement abordées par les participants. On a relevé que certaines recommandations formulées par des participants au dialogue débordaient les Termes de référence (TDR) (candidature aux élections présidentielles…) Cela montre à suffisance la volonté des populations de débattre de la vie de la nation dans son entièreté.

Cependant, les contraintes de délai, de moyens et les enjeux sécuritaires peuvent justifier l’approche «top down» retenue, en ce sens que les thématiques n’ont pas été impulsées par le bas. Nous remarquons également qu’en mettant l’accent sur le citoyen comme acteur principal du dialogue, les autorités s’inscrivent dans une logique de co-construction (citoyen et autorité) des politiques publiques issues du dialogue avec les populations affectées.

Abdoul SOGODOGO, enseignant-chercheur

À l’Université des Sciences Juridiques et
Politiques de Bamako (USJPB)

Rédaction Lessor

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