#Mali : Dénonciation de l’Accord issu du processus d’Alger : Sous la loupe du Dr Abdoul Sogodogo

Pour Dr Abdoul Sogodogo, enseignant-chercheur à l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB), il est temps d’essayer une approche endogène. Il ajoute que les nouvelles dynamiques politiques sécuritaires au Sahel constituent une opportunité de redistribution des cartes

Publié mardi 30 janvier 2024 à 07:49
#Mali :  Dénonciation de l’Accord issu du processus d’Alger : Sous la loupe du Dr Abdoul Sogodogo

Dr Abdoul Sogodogo : «j’ai vu un acte de courage politique dans la dénonciation de l’accord»

 

 

Pour Dr Abdoul Sogodogo,  depuis 1963, le Mali vit une succession de rébellions qui se sont toutes soldées par des accords (1992, 2006 et 2015) issus des médiations algériennes. Et ces accords n’ont jamais été assez efficaces pour endiguer la crise sécessionniste, ce qui explique d’ailleurs la résurgence du conflit. En conséquence, l’enseignant-chercheur à l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB) propose d’essayer autre chose, notamment une approche endogène en vue de réguler le conflit qui mine le pays depuis la veille de son indépendance. « C’est pourquoi, j’ai vu un acte de courage politique dans la dénonciation de l’accord signé en 2015 entre le Mali et les groupes armés dans des conditions désavantageuses pour l’État », juge l’universitaire qui rappellera que les parties avaient délaissé tour à tour l’application de l’Accord.

Ensuite, les nouvelles dynamiques politiques sécuritaires au Sahel notamment l’effondrement du G5-Sahel, l’impuissance de la Cedeao et l’émergence de l’Alliance des états du Sahel (AES) offrent de nouvelles perspectives, c’est-à-dire une redistribution des cartes. Dans cet environnement mouvant, lui semble-t-il, le Mali veut renégocier sa position dans la zone. Depuis 2021, Dr Abdoul Sogodogo fait comprendre que l’état veut se constituer en acteur du jeu international en cours au Sahel plutôt que de se contenter, comme par le passé, d’être seulement un enjeu pour les autres.


« On observe que l’accord était mal aimé depuis sa naissance par les parties signataires en raison des rapports de force militaires ayant prévalu à sa signature », indique  l’enseignant-chercheur, tout en signalant qu’il est intervenu à un moment crucial pour mettre fin aux affrontements armés d’alors. Et, malheureusement, cela reste son seul mérite visible pour les populations maliennes qui attendaient plus, précisément la paix. Mais au lieu d’apporter la paix, l’Accord semble sacraliser les désaccords entre le gouvernement et les sécessionnistes, regrette Dr Sogodogo.

De toute évidence, il dira que l’Accord a souffert de légitimité et est resté longtemps la chose de ses seuls signataires. «Il n’a pas trouvé une volonté populaire au Mali exigeant son application, mais au contraire, il a été présenté comme le catalyseur de la division du Mali », déplore Dr Abdoul Sogodogo. En plus, il soutient que l’ONU s’est inscrite dans une logique de post-conflit alors que le conflit est en cours.

 Selon lui, l’action de la Mission onusienne a été instrumentalisée aisément par certains acteurs et les sanctions contre les acteurs entravant la mise en œuvre de l’Accord n’étaient pas assez dissuasives. En somme, l’enseignant-chercheur retient malgré toutes les bonnes volontés annoncées par les pays frères et amis du Mali, qu’il s’avère que cet Accord ne prenait pas suffisamment en charge les besoins et les intérêts des parties signataires. L’universitaire précise que pour le gouvernement, la forme républicaine, unitaire et laïque de l’état ne peut faire l’objet d’aucune négociation. Pourtant, au fond, il analyse que les mouvements sécessionnistes depuis 1963 ont toujours réclamé une indépendance de l’Azawad.

En lieu et place d’une indépendance, les accords successifs conclus entre le gouvernement et les groupes armés sous la médiation algérienne progressivement ont consacré la décentralisation et la démilitarisation des régions du nord du pays. Dans cette suite logique, pour l’opinion publique, Dr Sogodogo fait remarquer que l’Accord de 2015 est perçu comme un élément qui insinuait une sorte d’autonomie de l’Azawad qui présageait une indépendance. Sans accord, le professeur de l’USJPB estime qu’il va de soi qu’on cherche un nouveau consensus avec tous les acteurs y compris les groupes armés et les minorités de tous bords. Pour lui, cela prendra peut-être énormément de temps d’inclure tous les acteurs dans ce processus. Mais ce temps n’est pas un luxe.

L’enseignant-chercheur relève qu’il est nécessaire de se donner ce temps et les moyens pour la participation et l’inclusion de toutes les forces vives de notre pays. Pour Dr Abdoul Sogodogo, le rapatriement de tout le processus permettra une appropriation nationale. Mieux, il dira qu’il est crucial d’engager ce dialogue entre Maliens afin qu’on arrive à réécrire un nouveau récit. Pour lui, cela demande sans doute de la sincérité et la tolérance pour réussir là où l’Accord de 2015 a trébuché surtout que ce conflit, a priori malien, a une dimension régionale. L’enseignant-chercheur soutient que le respect exigé par les autorités maliennes sur la scène internationale dépend de leur capacité non seulement à assurer la sécurité du pays, mais également à promouvoir la cohésion nationale.

Souleymane SIDIBE

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