#Mali : Arachide : Une denrée à la fois importée et exportée

Le prix du sac de 100 kg fluctue selon l’état du marché. Vendu actuellement à 18.000 Fcfa, il peut parfois atteindre 25.000 Fcfa ou chuter à 15.000 Fcfa

Publié mardi 08 octobre 2024 à 17:40
#Mali : Arachide : Une denrée à la fois importée et exportée

 L’exportation se fait avec un chargement quotidien de quinze à vingt wagons

 

En cette période, l’arachide est le produit vedette qui capte immédiatement l’attention des usagers du marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako. Les sacs d’arachides de certains commerçants grossistes et les étales surchargés des détaillants, peu soucieux de l’ordre public, débordent sur la principale voie goudronnée qui traverse ce marché. Piétons et conducteurs d’engins doivent redoubler de vigilance pour éviter les accidents. Entre les commerçants, la concurrence est rude : chacun interpelle, à sa manière, les passants. Dans cette zone surnommée «Bougouni place», l’arachide se vend comme du petit pain.

Président du marché des arachides de Ouolofobougou, Abdoulaye Konaté, entouré par plusieurs vendeurs et revendeurs, explique que l’arachide est à la fois une denrée importée et exportée. «Avant que notre propre récolte ne débute, nous importons l’arachide de la Côte d’Ivoire. Ensuite, nous l’exportons au Sénégal, d’où les Gambiens s’approvisionnent également», explique notre interlocuteur. Il précise que la «campagne de l’arachide» commence au Mali après celle de la Côte d’Ivoire. «Ici, l’exportation se fait avec un chargement quotidien de quinze à vingt wagons», dit-il.

Le prix du sac d’arachide de 100 kg fluctue selon l’état du marché : vendu actuellement à 18.000 Fcfa, il peut parfois atteindre 25.000 Fcfa ou descendre à 15.000 Fcfa. Et le sac de 100 kg de cacahuètes destinées à la fabrication de pâte d’arachide est vendu à 70.000 Fcfa. Abdoulaye Konaté estime que ce commerce est très bénéfique pour l’économie nationale, notamment grâce aux frais de douane qui peuvent aller jusqu’à plus de 250.000 Fcfa par camion. «Chaque camion doit s’acquitter de ces frais, ce qui constitue une source de revenus non négligeable pour le pays», déduit le commerçant. Il note qu’une bonne partie de sa marchandise provient des régions de Sikasso et de Bougouni, notamment des localités de Kolondièba et Wassolo.

À quelques mètres de là, Moussa Haïdara, un autre exportateur, explique que ses principaux clients sont des étrangers et des femmes locales. «Nous avons des jeunes qui se chargent d’exporter notre arachide vers le Sénégal et la Gambie», affirme-t-il. Selon lui, la qualité du produit joue un rôle déterminant dans les revenus : «Avec une arachide de bonne qualité, il n’y a pas de souci à se faire. Les clients paient le prix fort pour la qualité», assure-t-il. Cependant, des problèmes peuvent survenir, comme la pourriture des cacahuètes en cas de panne des véhicules de transport. Selon Moussa, la production est excédentaire cette année, ce qui permet de couvrir largement la demande locale et d’exporter vers des pays voisins, particulièrement le Sénégal. «Nos gros clients sont des sénégalais. Certains achètent jusqu’à 60 sacs à la fois», confie-t-il. 

TracasserieS- Medoun Sarr, un exportateur sénégalais, fait face à d’importantes difficultés lors de l’acheminement de ses cargaisons. Bien que «les documents requis (feuille de route, certificat sanitaire, etc.) soient en règle», il se plaint des contrôles routiers fréquents qui bloqueraient les marchandises pendant des heures. «Nous obtenons ces documents qui coûtent 40.000 Fcfa auprès de transitaires agréés, mais lors des contrôles, on nous dit souvent qu’ils ne sont pas valides. Récemment, ma cargaison a fait 2 jours de route à cause des douaniers.

Pour éviter des pertes, j’ai été obligé de payer 500.000 Fcfa», accuse le commerçant sénégalais. Il appelle les autorités maliennes à s’impliquer pour faciliter les procédures. Massama Sidibé, un vendeur d’arachide depuis plus de dix ans,  discute avec un client en français du prix des sacs d’arachide. Prenant quelques graines dans sa main pour bien le faire voir au client, il met en avant l’importance de l’exportation pour soutenir la production locale. «Le Mali ne peut consommer toute l’arachide qu’il produit.

L’exportation est donc essentielle pour réguler les excédents et stimuler la production», soutient-il. Selon le chef de la division statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), l’arachide constitue l’un des moteurs de l’économie nationale. Samba Barry estime que la promotion de cette filière peut contribuer à améliorer le Produit intérieur brut (PIB) à travers la vente de l’arachide coque et l’huile d’arachide. Et de souligner qu’en 2023, les superficies emblavées en arachide sont de 494.788 ha sur une prévision de 493 174 ha, soit 100,33% de réalisation. La production est de 454.736 tonnes en 2023 contre 442.679 tonnes en 2022, soit une hausse de 3%. Samba Barry précise que les principaux bassins de production sont les régions de Koulikoro, Kayes, Bougouni, Kita et Sikasso.

Fatoumata Mory SIDIBE

Lire aussi : Formations universitaires : La FDFRI s’offre 16 salles de TD

La Faculté de droit privé (Fdpri) de l’Université Kurunkanfuga de Bamako (UKB) vient de se doter d’un nouveau bloc de 16 salles de travaux dirigés (TD). Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Bouréma Kansaye, a présidé, jeudi 21 mai 2026 à la Fdpri.

Lire aussi : Semaine de l’intégration africaine : Le ministre Mossa Ag Attaher inaugure un forage à Lassa

Dans le cadre de la Semaine nationale de l’intégration africaine, le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a inauguré, lundi dernier, un forage au profit des populations de Lassa..

Lire aussi : Mobilité Verte : Oumou Sall Seck salue une initiative porteuse d’emplois

Dans un contexte marqué par la hausse des besoins en transport urbain et la dépendance aux hydrocarbures importés, l’entreprise mise sur des solutions innovantes capables de réduire les coûts d’exploitation.

Lire aussi : Autonomisation et égalité du genre : La quête d’une pleine participation des femmes aux instances de décisions

Le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a organisé, jeudi 21 mai au Centre national de documentation et d’information sur la femme et l’enfant (CNDIFE), l’atelier de restitution de la participation de la délégation du Mali à la 70è session de la Commissio.

Lire aussi : Ex-URSS : Les anciens étudiants et stagiaires maliens commémorent la grande victoire du 9 mai 1945

C’est la date à laquelle le peuple soviétique a offert au monde une leçon éternelle de courage et de résistance.

Lire aussi : Examens de fin d’année 2026 : Le ministre Amadou Sy Savané garantit transparence, équité et sécurité

Le ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, a réuni hier les principaux acteurs du secteur éducatif autour d’un déjeuner de presse au CICB. L’objectif était de faire le point sur l’organisation des examens de fin d’année scolaire 2025-2026 et de réaffirmer la déterm.

Les articles de l'auteur

Jouets pour enfants : Un marché très lucratif

Pour satisfaire les mômes, les parents se plient volontiers à leurs caprices, ce qui fait le bonheur des vendeurs de ces objets de distraction.

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mercredi 22 avril 2026 à 08:08

Recyclage du textile : Les coupons font la bonne affaire

Dans les ateliers de couture, les morceaux de tissus sont utilisés pour confectionner des habits et d’autres objets comme les sacs à main. Un travail utilitaire qui permet d’éviter la pollution de notre environnement.

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mardi 21 avril 2026 à 08:10

Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mercredi 18 mars 2026 à 08:21

Uemoa : Ouverture de la 11ème session de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires

La 11ème session de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) au Mali se tient depuis hier dans un hôtel de Bamako..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié jeudi 26 février 2026 à 08:42

Pafeem : Des formateurs formés aux nouvelles techniques

La session de formation des formateurs consacrée aux techniques de facilitation de l’apprentissage organisée par le Projet de promotion de l’accès au financement, de l’entreprenariat et de l’emploi au Mali (Pafeem), sous l’égide du ministère de l’Économie et des Finances et en partenariat avec la Société financière internationale (SFI), a été clôturée, lundi dernier, dans les locaux du projet..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié vendredi 20 février 2026 à 08:38

Information géospatiale : Les acteurs se concertent sur le plan d’actions

Le Forum national d’appropriation du plan d’actions national pour une gestion intégrée de l’information géospatiale (Plan GIIG) se tient, depuis hier, dans un hôtel de Bamako. Objectif : renforcer l’adhésion de l’ensemble des parties prenantes (administration, secteur privé et société civile) au document..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:48

Vocation d’enseigner : À l’épreuve des défis

Pour transmettre le goût d’enseigner, il est nécessaire de s’appesantir sur la formation rigoureuse des pédagogues et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Mais la reprise en main par l’État de la souveraineté éducative est aussi une exigence.

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié lundi 05 janvier 2026 à 08:44

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner