Des panélistes lors des travaux
Étant donné que la frontière entre la
communication institutionnelle et le journalisme est souvent floue, le panel a
constitué de cadre de clarification des rôles, des complémentarités
et des tensions entre ces deux fonctions. De ce fait, au cours des
échanges, les panelistes ont donné leur point de vue sur les questions
relatives à l’équilibre entre la communication et le journalisme. Premier
paneliste à prendre la parole, Salif Sanogo a laissé entendre que former les
journalistes en journalisme en même temps qu’en communication est une
aberration et ce n’est pas possible. Selon l’ancien directeur général de
l’ORTM, soit on est journaliste soit on est communicant.
Toutefois, il a admis qu’on peut faire le journalisme pour s’initier à la
communication. «Le journaliste travaille avec une matière première qu’on
appelle l’information et il travaille sur la base des faits. Et comme on le
dit, les faits sont sacrés, le commentaire est libre.
Donc le journaliste
ne peut pas déformer les faits sinon il enfreint les codes d’éthique et
déontologique», a-t-il expliqué pour étayer ses propos. Et de souligner que le communicant est
quelqu’un qui vend une idée, un produit... Partant de ce fait, Salif
Sanogo a laissé entendre que le communicant peut alors édulcorer les faits
pour mieux vendre ce qu’il a à vendre. Donc à ce niveau, dira le paneliste
Sanogo, il y a une différence entre un journaliste et un communicant. Par
ailleurs, a-t-il ajouté, il y a des spécialistes qui indiquent que le
journaliste et le communicant sont des «associés rivaux» dans la mesure où,
quelque part, ils peuvent contribuer à la même mission. Pour Salif
Sanogo, dans le cadre de cette complémentarité, un communicant du
gouvernement peut apporter un plus au journaliste, mais il restera
toujours dans son rôle de communicant pour défendre les intérêts du
gouvernement, en apportant par exemple une information de première main à un
journaliste qui pourra ensuite l’exploiter.
En ce moment, a averti le paneliste, le
journaliste doit aussi savoir prendre une certaine distance en vérifiant voire
en recoupant cette information. «Le journaliste et le communicant
sont des associés rivaux. Leurs centres d’intérêt diffèrent, mais par
moment, ils peuvent se retrouver. Dans le contexte actuel du Mali, dans le
cadre de la lutte contre le terrorisme, le communicant institutionnel et
le journaliste peuvent parler le même langage pour servir, dans ce
cas, les intérêts supérieurs de la Nation», a fait savoir l’ancien
directeur général de la Télévision nationale.
De son côté, le directeur général du Centre d’information gouvernementale du Mali (Cigma) a également soutenu que les deux métiers sont complémentaires et qu’actuellement beaucoup de journalistes sont beaucoup plus dans la communication du fait de la non maîtrise de la frontière entre les deux métiers. «Le journalisme et la communication sont complémentaires, mais il y a une nuance entre les deux», a déclaré Ibrahim Traoré. Du fait de cette nuance et de l’étroitesse de la frontière entre les deux métiers, Oumar Moussa Traoré, directeur de la Radio rurale au sein de l’ORTM, a fait savoir que les acteurs concernés sont condamnés à se donner la main pour cheminer ensemble. Sans se démarquer des trois autres panelistes, le directeur général adjoint de l’Agence guinéenne de presse, Mamoud Barry a appuyé l’idée selon laquelle la communication vise à soigner une image tandis que le journaliste va au-delà. Les Journées de relance de l’Agence nationale de presse du Mali prennent fin aujourd’hui et les échanges de la journée porteront sur la stratégie de relance de la structure.
Alassane Cissouma
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