Issa Bengaly, secrétaire administratif de l’UNTM : «S’il n’y avait pas de dialogue, nous n’allions pas accepter la trêve»

Dans la mouvance de la Journée internationale du travail, le secrétaire administratif du bureau exécutif de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Issa Bengaly, fait l’état des lieux du dialogue social et des avancées enregistrées. Il évoque aussi les perspectives de son organisation syndicale

Publié mercredi 03 mai 2023 à 09:23
Issa Bengaly, secrétaire administratif de l’UNTM : «S’il n’y avait pas de dialogue, nous n’allions pas accepter la trêve»

L’Essor : Où en est-on avec le dialogue social entre les syndicats et le gouvernement ?

Issa Bengaly : Le dialogue social se passe bien. S’il n’y avait pas de dialogue, je pense qu’on n’allait jamais accepter la trêve. Nous observons cette pause dans la lutte parce que la situation actuelle du pays nous y oblige. Concernant nos revendications, nous sommes toujours en pourparlers. Le procès-verbal de conciliation du 5 février 2021 tarde à être mis en œuvre. L’État a fourni beaucoup d’efforts, mais il reste beaucoup à faire aussi.


C’est la fin qui compte. Nous avons interpellé le gouvernement pour qu’on essaie de voir dans un cadre du dialogue fécond la mise en œuvre totale de ce procès-verbal. Tant qu’il y a un mécanisme d’échanges, le dialogue marche.


L’Essor : Quelles sont les avancées enregistrées ?

Issa Bengaly : L’organisation de la Conférence sociale est une avancée dans le dialogue social. On a été assisté par le Bureau international du travail. Cette avancée devra être concrétisée par des recommandations de la conférence dans le domaine du travail. Par exemple, la mise en place d’un cadre de dialogue social et le Pacte de stabilité et de croissance qui est un outil qu’on peut utiliser dans le cadre d’un dialogue. C’est un document qui va gérer le monde du travail.

Un draft a été fait et soumis à l’appréciation des partenaires sociaux. Il s’agit maintenant d’organiser une journée pour l’adoption du document. Il y a d’autres mécanismes qui existent déjà comme le Conseil supérieur du travail et celui de la Fonction publique qui concourent à la bonne marche du dialogue social. Il y a les élections professionnelles à travers lesquelles on doit dégager déjà un code des élections propres aux élections professionnelles. Nous sommes dans la  dynamique de mise en œuvre des recommandations.

La mise en œuvre de certains points des recommandations notamment l’augmentation des primes et de la valeur indiciaire est une urgence. L’État devrait songer rapidement à ça. Il faudra que la mise en œuvre des recommandations ne se limite pas à la mise en place du cadre national du dialogue social et la tenue des élections professionnelles.

 

L’Essor : Quelles sont les perspectives de votre centrale ?

Issa Bengaly : Si l’Armée monte en puissance, cela veut dire que la paix c’est pour bientôt. Cette paix ouvre la voie au développement. Tant que l’économie n’est pas stable, il est évident que les travailleurs eux-mêmes seront démunis. Nous devons créer des richesses à partir d’un outil que représente la sécurité.

Une fois que les mécanismes sont mis en place et que chacun s’y retrouve, on n’aura pas assez de difficultés pour pouvoir aplanir les problèmes. En termes d’acquis, toutes les revendications que nous avons mises en sourdine du fait de la situation générale du pays seront remises sur le tapis de plein droit, une fois que le pays retrouvera la paix.

 

L’Essor : Les deux unités industrielles textiles du Mali, la Compagnie malienne de textile (Comatex) et Bakary textile commerce et industries (Batex-ci) traversent des difficultés. Quelles sont les actions que vous avez menées dans le cadre de la résolution de ces difficultés ?

Issa Bengaly : Nous avons interpellé le gouvernement sur cette situation. On avait déposé un préavis de grève courant 2022. Les autorités ont rappelé que la situation du pays était telle qu’il fallait éviter tout débrayage. Le gouvernement a pris des engagements pour le redémarrage de ces entreprises surtout la Comatex à Ségou. Elle est à pied d’œuvre pour la faire redémarrer. On n’a même pas le choix. L’économie du pays en dépend.

Une usine qui transforme le coton local, il faut forcément s’intéresser à cela. L’UNTM aura un œil plus regardant sur la situation. En cas de retard dans le processus, nous allons revenir à la charge. En ce qui concerne Batex-ci, elle n’est pas fermée. Compte tenu des problèmes auxquels cette industrie textile fait face, la production est très minorée. La bataille de notre centrale syndicale consiste à faire en sorte que l’État prenne ses responsabilités par rapport à toutes ces usines qui sont dans un état de délabrement.

 

L’Essor : Votre mot de la fin

Issa Bengaly : Le contexte du Mali est très exceptionnel. On est obligé de faire l’union sacrée. Chacun doit se surpasser pour qu’on puisse aller à l’essentiel. Il faut donc aller à une convergence d’actions qui ne devrait pas occulter les acquis antérieurs des travailleurs, surtout ceux de l’UNTM.

Par ailleurs, la trêve ne devrait pas être préjudiciable aux militants. On invite le gouvernement à s’intéresser au procès-verbal de conciliation de 2021. Nous témoignons de notre gratitude aux travailleurs pour la grande mobilisation pendant les manifestations de la Fête du travail. Par ailleurs, nous nous préparerons à lancer la Coupe corporative à partir du 19 mai.

Mohamed DIAWARA

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