In memoriam : Aboubacar Traoré repose désormais au cimetière de Lafiabougou à Sikasso

Détenteur d’une Maîtrise en droit, Aboubacar Traoré intègre la Rédaction de L’Essor en 2018. Au Desk politique, il s’est fait vite remarquer par son professionnalisme, son sérieux et surtout sa disponibilité. Ses anciens collaborateurs se souviennent d’un homme respectueux, jovial et très pieux

Publié mardi 30 septembre 2025 à 08:53
In memoriam : Aboubacar Traoré repose désormais  au cimetière de Lafiabougou à Sikasso

Décédé le dimanche 28 septembre des suites d’une courte maladie à Bamako, notre collègue Aboubacar Traoré a été inhumé hier lundi à Sikasso auprès des siens au cimetière de Lafiabougou, conformément à la volonté de sa famille.

La délégation qui a accompagné la dépouille tôt hier est arrivée à Sikasso vers 11 heures. Outre des parents, camarades de promotion et amis du défunt, cette forte délégation comprenait aussi des collègues de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap). Pendant ce temps, c’était la tristesse généralisée dans la cour de l’Amap à Bamako. Comme l’a dit un autre collègue : on n’aurait pu entendre voler une mouche. Même dans les bureaux régnait un silence assourdissant. Tous les collèges avaient l’air abattu.

Une fois arrivée à destination, la délégation a pris la direction de la morgue de la mosquée de Takaso à Macourani 2 pour y déposer le corps en attendant l’heure indiquée. C’est dans cette mosquée même qu’a eu lieu la prière mortuaire à 16 heures.

Devant la concession familiale, l’émotion était vive. Après les salutations d’usage et les bénédictions en faveur du défunt, parents, amis et collaborateurs ont pris place, soit sous une bâche aménagée pour la circonstance, soit sous des arbres. Des femmes, hommes, jeunes et vieux du voisinage étaient présents en grand nombre pour manifester leur soutien et solidarité à la famille Traoré dans cette dure épreuve.

Aboubacar Keïta, ami d’enfance du défunt a expliqué qu’il était un amoureux de l’écriture. C’est la raison pour laquelle, Aboubacar Traoré a choisi le métier de journaliste. Selon lui, le défunt avait un goût pour l’élégance et les parures. Son ami se souvient de l’une de ses citations préférées émanant d’Albert Camus : «mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur de ce monde». Pour lui, c’est cela qui rendait ses écrits concis et précis. Un de ses collèges de l’Amap retient de lui sa politesse et son amour pour la langue de Molière et l’habillement. C’est pourquoi, il l’appelait «Monsieur le ministre» comme certains autres collègues. Ladji Bouaré affirme que le regretté était très éloquent sur les thèmes de discussions en rapport avec l’économie, la politique et les questions sécuritaires. Doukouné dit Badjan Coulibaly de l’Amap garde un bon souvenir de collaboration avec lui dans le cadre de l’animation du site web de L’Essor.

Très ému, son grand frère Abdoulaye Traoré dit qu’il était respectueux. Selon lui, dans la famille Traoré, Aboubacar était jovial et faisait son devoir de frère.

Né en 1980 à Sikasso, Aboubacar Traoré était détenteur d’une Maîtrise en droit privé option affaires obtenue à la Faculté des sciences juridiques et économiques de Bamako (FSJE) en 2004. Il fut le trésorier général et vice-président de la commission d’organisation de la cérémonie de sortie de la promotion Abdoulaye Garba Tapo en droit privé. C’est en 2018 qu’il a intégré l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap) comme journaliste-reporter au quotidien national L’Essor. Auparavant, il avait effectué un stage de qualification dans le cadre de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (Apej) au cabinet de Me Cheick Sidi Bekaye Mangara entre 2004 et 2005.  Il a aussi participé à plusieurs séminaires de renforcement des capacités des journalistes, notamment sur «la responsabilité du journaliste en période de crise et post-conflit», «le rôle du journaliste en période électorale» et «le journalisme face à la justice transitoire». 

Au niveau de l’Essor, Aboubacar Traoré s’était fait remarquer par sa dextérité dans le traitement des informations judiciaires, sur la sécurité, la lutte contre le terrorisme notamment les opérations anti-terroristes des Forces armées maliennes. Son ancien chef Desk actuellement chef du Desk web Massa Sidibé retient de lui un travailleur assidu, passionné de débats se rapportant à l’actualité nationale et internationale, ayant de la répartie et très ouvert d’esprit. Selon lui, il fut un journaliste qui a apporté de la plus-value à l’animation du Desk politique. 

Après plus de six ans à la tête du Desk politique, Massa dit avoir retrouvé depuis le mois de février 2025, les mêmes qualités individuelles et professionnelles chez Aboubacar Traoré au sein du Desk web dont il est l’un des piliers. C’est donc avec une grande émotion qu’il dit avoir appris son décès dimanche matin quelques heures seulement après avoir échangé avec lui sur la mise en ligne d’un article en lien avec la sécurité.

Pour Dieudonné Diama, actuel chef du Desk politique, le défunt était un journaliste qui aimait son travail et qui était toujours disponible quelle que soit l’heure. Selon lui, il accomplissait correctement toutes les tâches qu’on lui confiait.

Aboubacar Traoré a été accompagné à sa dernière demeure hier par une foule nombreuse au cimetière de Lafiabougou à Sikasso. Il laisse derrière lui une veuve et trois enfants inconsolables.

Ainsi va la vie. Dors en paix cher collègue. Tes sourires éclatants vont certainement nous manquer.

Envoyé spécial

Namory KOUYATE

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