Ismaël Ishaq Maïga
Notre éducation et notre culture islamiques nous imposent en parlant d’un disparu, de n’en dire que le Bien. Dans l’impossibilité de dire du Bien, la sagesse recommande de se taire. De Soumana Sako, je ne me tairai point et je ne dirai que du Bien, car c’est bien ce qu’il nous lègue aujourd’hui.
C’est un jour d’avril 1991, au lendemain de sa désignation comme Chef du gouvernement de transition, que je rencontrai pour la toute première fois, le Dr Soumana Sako, à son cabinet, dans les locaux de la Caisse Autonome d’Amortissement sise au quartier du fleuve. Une rencontre sous l’entremise de son ami de toujours, le Dr Gagny Timbo. Une rencontre qui suscitait en moi, une grande appréhension, tant la réputation de l’homme était quasi surnaturelle.
Une rencontre cordiale, à l’issue de laquelle, il sollicitait votre humble serviteur en qualité de Conseiller à la Communication. Une offre qui suscita en moi une très grosse frayeur. Je n’ai pas manqué d’évoquer mes craintes d’une mission de haute portée à moins de trente ans d’âge et de ma très petite expérience de journaliste-réalisateur, à la Radiodiffusion Télévision Malienne (RTM). « Redouter une mission c’est déjà en appréhender véritablement la portée. Je réitère donc mon choix porté sur toi. » En soldat discipliné fraichement moulu du Service National des Jeunes, je viens de réaliser que le Chef du Gouvernement m’instruit une mission !
À l’évidence, Dr Soumana Sako a toujours incarné l’exigence morale et le sens du devoir. Celui qui a marqué l’histoire contemporaine du Mali par son engagement pour la transparence, la bonne gouvernance et la rigueur dans la gestion des affaires publiques, n’en attend pas moins de ses collaborateurs et de tous ses collaborateurs. En 1991, une telle exigence, au-delà des hommes, symbolise la volonté d’un Mali en reconstruction de se doter d’institutions solides et crédibles, au service du peuple ; comme le mentionnait déjà, le ministre Harouna Niang, Directeur de Cabinet alors, du Premier ministre.
Visionnaire et patriote, Dr Sacko fut également un grand intellectuel, reconnu au-delà de nos frontières pour la qualité de ses analyses économiques et son attachement à la souveraineté africaine. à longueur de journée, nous étions assailli de sollicitations de placements médias des plus grands titres de la presse internationale. Il tenait particulièrement à ce que toutes les sollicitations soient satisfaites et portées vers des résultats pour le pays, et n’hésitait pas à donner de son temps jusqu’à des heures indues aux médias. Sennen Andriamirado de Jeune Afrique était toujours enthousiaste à être le dernier sur la liste, tant il tenait à avoir tout son temps pour des échanges souvent houleux, mais toujours constructifs sur la marche de la démocratie naissante au Mali.
La presse à ses yeux demeure la vitrine de la démocratie. Aussi nous exhortait –t-il, en tous lieux et en toutes circonstances, à servir le pays avec loyauté, compétence et probité. Il n’hésitait pas, face aux turbulences de l’heure, de nous inviter à ne jamais désespérer du Mali.
En effet sa vision du Mali reposait sur la présence marquée des jeunes et des femmes dans la gestion de la vie publique. De son point de vue, « les femmes symbolisent la mobilisation, la générosité, le don de soi, l’amour de l’enfant, l’avenir du pays, l’abnégation. » S’il y a un aspect sur lequel ne transigeait pas l’enfant de Nyamina, c’est celui de la cohabitation de la politique et de la religion. Il a toujours invité les religieux à se mettre à l’écart du champ politique.
C’est à son initiative que nous avons, en 1991 déjà, esquissé les prémisses de la communication gouvernementale au Mali, et de la désignation de chargés de Communication au sein des départements ministériels et des grandes structures publiques, au moment où l’on se contentait d’un rôle réducteur d’attache de presse. Il s’agissait pour lui de la mise en place d’un véritable bureau d’informations et de relations publiques pour tous les départements ministériels et leurs démembrements.
Son inspiration nous a poussé à un accompagnement tous azimuts des médias. Tel le père de famille qui rentre de mission, il tenait à apporter dans ses valises des équipements un tant soit peu sommaires à l’AMAP ou à la RTM, dans la perspective d’un renforcement de capacité de ces organes de presse publique. Le pluralisme médiatique était à ses premiers balbutiements et la presse privée n’est pas demeurée en reste de ses mesures d’accompagnement.
Lorsqu’il était question pour moi de poursuivre une formation post-universitaire à l’Université du Québec à Montréal, au Canada, la seule condition de ‘’Wallace’’ était que je propose mon remplaçant. Mon choix s’est porté sur le grand frère Yacouba Doumbia, qui dans la foulée, aura servi pas moins de quatre chefs de gouvernement.
Pour rappel, le Dr Soumana Sacko a formé et inspiré plusieurs générations de cadres au Mali et ailleurs. Ses collaborateurs que nous étions se souviendront de lui comme d’un homme juste, courageux et profondément attaché aux valeurs de la République. Son héritage demeure une source d’inspiration pour tous ceux qui croient en un Mali debout, travailleur et intègre.
À sa veuve Maiché Diawara, à ses enfants, à sa famille, à ses proches, à ses compagnons de lutte et à l’ensemble du peuple malien, nous adressons nos condoléances les plus attristées.
Que son âme repose en paix et que son exemple continue de guider la Nation.
Paix à son âme. Gloire à son œuvre !
Par Ismaël Ishaq MAÏGA,
Ancien Journaliste à la RTM, ancien Conseiller à la Communication
du Premier ministre,
Dr Soumana Sako
Rédaction Lessor
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