Plusieurs
acteurs du monde de la culture ont suivi la projection
L’avant-première a été projetée, le weekend dernier au
Palais de la culture Amadou Hampâté Ba, en présence de plusieurs personnalités
du monde de la culture, dont le directeur général du Centre national de la
cinématographie du Mali (CNCM), Sidi Lamine Bagayoko, mais aussi des
partenaires techniques et financiers. Donner la parole aux déplacés internes
pour sensibiliser les Maliens à l’urgence de la paix et de la réconciliation
est l’ambition de ce documentaire de 75 minutes. L’œuvre retrace les
souffrances des populations affectées par la crise tout en portant un message
d’espoir en faveur du dialogue et de la cohésion sociale.
Dans son
intervention, le réalisateur a fait la genèse du projet qui a pris corps à la
suite de nombreuses rencontres avec les personnes déplacées. «Au fil des
échanges, j’ai recueilli des témoignages bouleversants des familles,
contraintes à abandonner leurs villages», a expliqué le cinéaste. Le projet a ensuite été soumis au FAMOC dans
le cadre d’un appel à projets. Grâce au financement obtenu, le documentaire a
pu être réalisé avant d’être présenté au public. Pour le cinéaste, la crise
malienne impose une mobilisation de toutes les composantes de la société. Il
dira que chaque citoyen doit contribuer à son niveau, à la recherche de
solutions durables. L’œuvre se veut ainsi un véritable outil de plaidoyer
destiné aussi bien aux autorités qu’aux familles, aux femmes, aux jeunes et à l’ensemble des communautés.
«Ces films portent des messages de plaidoyer. Chacun y trouvera un message qui
l’interpelle et pourra réfléchir», a-t-il déclaré, soulignant que cette réalisation
vise également à alimenter le débat public et à accompagner les efforts de
construction de la paix. À travers les témoignages recueillis, les personnes
affectées par la crise plaident pour le retour de la paix, la réconciliation et
le dialogue entre les Maliens. Des déplacés internes notamment, les femmes et
les leaders communautaires ont tous
exprimé le souhait de voir le pays tourner la page des violences. Aussi, le
documentaire invite à privilégier les retrouvailles, le vivre-ensemble et la solidarité nationale comme leviers
d’une paix durable.
Pour
N’Golo Diarra, cette réalisation constitue une contribution à l’effort de la
paix. Il a également évoqué son parcours dans le cinéma documentaire avant de
faire mention spéciale à son équipe et à
tous ceux qui ont participé à la réalisation de cette œuvre.
Pour sa
part, Sidi Lamine Bagayoko a salué la qualité du travail réalisé. Il a félicité
le réalisateur pour cette initiative qui met le 7è art au service de la
cohésion sociale et de la consolidation de la paix.
Le patron
du CNCM a aussi réaffirmé l’engagement de sa structure à accompagner les
professionnels du cinéma dans leurs projets et à poursuivre les actions visant
à redynamiser le secteur. À cet effet, l’institution entend multiplier les
projections au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba ainsi que dans d’autres
espaces culturels, afin de faire du cinéma un véritable outil de mémoire, de
sensibilisation et de développement.
Il est utile de noter que N’Golo Diarra n’est pas novice dans le domaine. Il détient à son actif, la production de plusieurs films comme «Fourfourira», régulièrement diffusé sur l’ORTM, «L’Héritage», consacré à la succession des femmes et des filles après le décès de leurs parents. Une œuvre qui n’a pas encore été diffusée en raison de la sensibilité du sujet.
Rédaction Lessor
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