Fête de Tabaski : Les tatoueuses se frottent les mains

Les clientes se bousculent à leurs portillons pour se faire belles pour la fête. Les femmes mariées et les aides ménagères représentent le plus gros contingent des férues de henné traditionnel.

Publié vendredi 08 juillet 2022 à 18:22
Fête de Tabaski : Les tatoueuses se frottent les mains

Ce mercredi vers 13 heures, une fine pluie arrose le quartier de Hamdallaye, en Commune IV du District Bamako. Pendant ce temps, un groupe de cinq femmes est assis sous un hangar. L’une d’entre elles, sur une chaise, a le pied droit posé sur la cuisse de la tatoueuse du henné traditionnel ou  «farafin diabi» (en Bambara). 


Les autres prennent leur mal en patience et devisent. La tatoueuse, Djénébou Kanté, surnommée la lame d’or, pour son habileté, est habillée en T-shirt noir assorti d’un pagne. Elle applique une colle blanche sur le pied de sa cliente. À côté de la quadragénaire, se trouve un récipient contenant la pâte du henné. Très concentrée sur sa tâche, elle confie avoir appris ce travail de deux sœurs qui exerçaient en famille. 


Depuis le dimanche dernier, les férues de henné traditionnel, notamment des femmes mariées et des aides ménagères, se bousculent aux portillons de la  tatoueuse. Selon cette veuve qui a quatre enfants, la plupart de ses clientes devaient voyager. «C’est à deux ou trois jours de la fête que je serai vraiment submergée», ajoute-t-elle, avant de préciser qu’elle officie à la maison à l’occasion des fêtes musulmanes. Elle se réjouit de l’affluence  et explique tatouer 7 à 8 clientes par jour entre 6 heures et 1 heure du matin. Selon Djénébou,  certaines personnes attendent la dernière minute pour se présenter. 


C’est elle-même qui propose des modèles à sa clientèle. «C’est rare que les clientes me proposent des modèles, assure-t-elle. Je pratique ce métier depuis une vingtaine d’années maintenant. Donc les modèles me viennent naturellement». Par contre, les matériels de tatouage, notamment la colle et le henné coutent cher. «Malgré la cherté des produits, je continue de tatouer entre 2000 et 10.000 Fcfa», souligne-t-elle. Pour la tatoueuse, ce métier lui a permis de joindre les deux bouts et d’assurer les frais scolaires de ses enfants.


Mme Fomba Neissa Diakité est venue depuis 7 heures du matin pour son tatouage. Déjà servie, ses mains et ses pieds couverts de henné sont cachés dans des sachets noirs pour que la qualité du tatouage soit à la hauteur. «Avant je n’appliquais pas le henné traditionnel parce que ma mère me l’interdisait du fait que j’étais célibataire. Depuis mon mariage, je le fais.


Mon conjoint adore le henné traditionnel et je l’applique quand j’ai le temps et l’argent», explique-t-elle. De son côté, Aminata Keïta aime le henné parce qu’il donne beaucoup d’élégance à la femme et lui permet, pense-t-elle, de se démarquer des filles célibataires. «La fête est meilleure quand on se tresse et applique le henné», indique cette fidèle cliente de la lame d’or. Maimouna Keïta âgée de 16 ans a été initiée au tatouage il y a quatre ans. Cette lycéenne a hérité cette pratique de sa mère et explique que c’est vendredi dernier seulement qu’elle a commencé à tatouer les femmes pour la fête de Tabaski. «Habituellement à cette occasion, je tatoue 11 personnes par jour. 


Mon prix oscille entre 2500 à 5000 Fcfa. Mes clients sont généralement des femmes mariées ou fiancées. J’ai des sœurs qui m’aident à appliquer le henné pour aller plus rapidement», indique-t-elle. Alimatou Koussoubé lave ses pieds avant de recevoir le tatouage de Maimouna Keïta. «J’ai décidé de me faire tatouer par elle sur recommandation d‘une sœur. Je suis une aide-ménagère et je dois retourner à Guissa (mon village) dans le cercle de Bankass», précise cette cliente. Précisant que le modèle qu’elle va appliquer va lui couter 2500 Fcfa et estime que c’est un prix abordable. 


Mariam Sangaré de teint clair est assise devant la porte de sa boutique de vente de produits cosmétiques à Bolibana (Commune IV du District de Bamako). C’est grâce aux activités de tatouage qu’elle a acquis cette boutique. La femme d’une trentaine d’années fait du tatouage moderne (indou djabi). Elle trace les sourcils pour mettre du tatouage aussi. Selon elle, les prix de ses offres dépendent du design et du genre de henné variant entre 2.000 à 15. 000 Fcfa. 


Mariam Sangaré relève que le henné rouge unique est le tatouage le plus cher. C’est à cinq jours de la fête qu’elle commence ses activités de tatouage. Les clientes sont légion à l’approche des fêtes surtout de Tabaski. Les esthéticiennes en profitent au maximum.     

     

Fatoumata M. SIDIBE

Rédaction Lessor

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Lire aussi : Ramadan : Faible engouement pour les jus industriels

Beaucoup pensent que ce commerce est particulièrement rentable en période de jeûne. Pourtant, la réalité est toute autre pour nombre de commerçants.

Les articles de l'auteur

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 MARS 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 23:29

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

Journée internationale de la femme : Zoom sur deux amazones aux parcours exemplaires

A l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont le parcours peut inspirer d’autres..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 08 mars 2026 à 12:20

CAN-féminine : La compétition reportée au mois de juillet

C’était attendu, c’est désormais officiel. La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé hier le report de la CAN-féminine qui était prévue du 17 mars au 3 avril au Maroc. Le tournoi aura finalement lieu du 25 juillet au 16 août 2026, toujours dans le Royaume chérifien..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:19

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner