Le Général à la retraite Amadou Sagafourou Guèye (g) et le ministre Yaya Gologo
L’objectif de cet atelier est de contribuer à la valorisation des distinctions honorifiques, à travers le renforcement des compétences des agents publics de l’encadrement supérieur et la promotion des valeurs incarnées par ces distinctions. Les échanges ont porté sur deux thématiques en lien avec les distinctions. Le premier est consacré au cadre institutionnel et juridique des distinctions honorifiques; et le second à l’organisation des cérémonies de décorations nationales.
Cette rencontre permettra aux participants d’approfondir leur connaissance du cadre institutionnel et juridique des distinctions honorifiques, des critères d’éligibilité et des procédures d’attribution. Elle vise également à leur permettre de mieux comprendre le sens des cérémonies de décorations nationales et les valeurs qu’elles doivent véhiculer.
Pour le Grand Chancelier des Ordres nationaux, Amadou Sagafourou Guèye., les distinctions honorifiques en général, et celles du Mali en particulier, puisent leur source dans notre fond culturel. Selon lui, toutes nos communautés, dans l’espace soudano-sahélien, avaient l’habitude d’honorer les meilleurs. «Ceux qui, par leur courage, leur bravoure, leur pugnacité, leur rendement et leur apport à la protection et à la survie de la communauté, faisaient la fierté de leurs communautés », a souligné le général Amadou Sagafourou Guèye.
Il a rappelé, qu’afin que les martyrs attachés à la terre de leurs ancêtres, qui ont tenu tête aux colonisateurs, ne tombent pas dans les oubliettes de l’histoire et que leurs vies et leurs œuvres servent d’exemples aux générations futures, le gouvernement de l’époque a créé, par la loi n°104/AN-RM du 3 août 1961, les Ordres nationaux du Mali. Ceux-ci constituent un symbole de reconnaissance envers les femmes et les hommes qui œuvrent en faveur des idéaux de la nation. Selon le général de brigade à la retraite, l’Ordre national institue la reconnaissance du mérite de tout Malien ou étranger. Cette loi a par la suite été abrogée et remplacée par la loi n°63-31/AN-RM du 31 mai 1963.
Parlant de l’Ordre national et des autres distinctions spécifiques, le Grand Chancelier des Ordres nationaux a indiqué qu’ils sont destinés à récompenser les personnes qui se sont distinguées par des mérites exceptionnels ou par une fidélité continue dans l’accomplissement de services civils ou militaires au profit de la nation.
Pour sa part, le ministre Yaya Gologo a souligné que, sous l’impulsion du président de la Transition, chef de l’État, le Général d’armée Assimi Goïta, le capital humain est placé au cœur de la transformation du pays. Car, a-t-il estimé, aucune réforme, politique publique ou projet de développement ne peut produire durablement ses effets sans des femmes et des hommes compétents, intègres, engagés et conscients de leurs responsabilités. « C’est dans cette perspective que le gouvernement de la Transition a adopté le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV), qui vise notamment à renforcer l’éducation civique et patriotique, le respect des valeurs et la bonne gestion du bien public », a souligné le ministre Gologo. Selon lui, une distinction honorifique n’est pas seulement une médaille ou une cérémonie officielle, mais constitue un message de remerciement de la nation à l’homme ou à la femme pour son engagement au service de la nation.
D’après le ministre en charge de la Refondation de l’État, la distinction honorifique ne doit être perçue ni comme une simple formalité administrative, ni comme un avantage automatiquement attaché à un poste, à un grade ou à l’ancienneté. Elle doit plutôt être le reflet d’un mérite réel, d’un engagement reconnu et d’un service rendu à la nation, dans le respect des critères et des procédures établis.
« Dans le contexte actuel de refondation de notre État et de notre société, cette valeur prend une dimension particulière. Nous voulons construire un État plus responsable, plus efficace, plus proche du citoyen et davantage fondé sur le mérite et la responsabilité », a martelé le ministre Gologo. Pour lui, c’est tout le sens de cet atelier. Le plan d’actions 2024-2028 du PNEV prévoit, en effet, la formation de l’encadrement supérieur sur les critères d’accès aux distinctions honorifiques.
D’après Yaya Gologo, l’encadrement supérieur a été ciblé parce que les responsables de l’administration occupent une position essentielle dans le processus de proposition des candidatures. Ils doivent donc disposer d’une bonne connaissance du cadre institutionnel et juridique, des critères applicables et des procédures à respecter. Ils doivent également développer une culture de la reconnaissance du mérite fondée sur l’objectivité, l’équité et la responsabilité.
Ibrahim THIAM
Rédaction Lessor
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