Conditions et modalités d’emploi des langues nationales officielles : Le CNT donne son quitus

Cinq textes dont celui déterminant les conditions et les modalités d’emploi des langues officielles du Mali ont été votés hier par les membres de l’organe législatif de la Transition. Et deux autres ont été renvoyés à la prochaine séance pour complément d’informations

Publié vendredi 25 avril 2025 à 07:58
Conditions et modalités d’emploi des langues nationales officielles : Le CNT donne son quitus

Réunis hier pour la première séance plénière de la session ordinaire d’avril 2025 ouverte, il y a plus de deux semaines, les membres du Conseil national de Transition (CNT) ont examiné cinq textes dont le projet de loi organique déterminant les conditions et les modalités d’emploi des langues officielles du Mali. Ce projet de loi a été défendu par le ministre de l’éducation nationale, Amadou Sy Savané devant les conseillers sous la houlette de leur Président, le Général de corps d’armée Malick Diaw.

Pour répondre aux aspirations des populations, les autorités de la Transition ont entrepris une véritable refondation de l’État à travers l’organisation des Assises nationales pour la refondation (ANR) en fin 2021. Les participants à ces Assises ont fait des recommandations parmi lesquelles figure la valorisation des langues nationales dans tous les secteurs de la vie publique. La Constitution du 22 juillet 2023 à son article 31 dit que «les langues nationales sont les langues officielles du Mali. Une loi organique détermine les conditions et les modalités de leur emploi. Le français est la langue de travail. L’État peut adopter toute autre langue comme langue de travail». Le CNT vient donc de concrétiser cette disposition constitutionnelle en adoptant la loi organique déterminant les conditions et les modalités d’emploi des langues officielles du Mali.

Du rapport de la commission Lois saisie pour l’étude au fond de ce texte, il ressort que les langues officielles du Mali par ordre alphabétique sont la Bamanankan, le Bomu, le Bozo, le Dogozo (langue dogon), le Fulfuldé, le Hasanya (langue maure), le Mamara (langue minianka). Mais aussi, le Manikakan (langue malinké), le Soninké, le Songhay, le Syenara (langue senoufo), le Tamasheq et le Kassonkhé. Les membres du CNT ont adopté un amendement supprimant cet article pour ne pas limiter les langues officielles à ces 13 citées dans le texte et laisser la porte ouverte à d’autres langues nationales ainsi que pour rester conforme à la Constitution. Après des débats houleux, le texte a été adopté par 122 des votants avec une abstention.


Le Président du CNT, le Général de corps d’armée Malick Diaw, lors de la plénière

Les membres du CNT ont ensuite examiné le projet de loi portant création de la Caisse des dépôts et consignations du Mali (CDC-Mali). Ce texte a été défendu par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo à la place de son collègue de l’Économie et des Finances. Il ressort des explications que cette caisse se substituera au Trésor public dans la réception et la gestion des dépôts et consignations administratives, judiciaires et conventionnelles des organismes et des particuliers. Elle sera chargée d’apporter des solutions novatrices à la problématique de financement des investissements au Mali. Le texte a été adopté à l’unanimité par 122 des votants.

Les membres du CNT ont aussi adopté le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°2025-016/PT-RM du 17 mars 2025 autorisant la ratification de la convention d’appui budgétaire comportant un prêt, signée à Bamako, le 26 février 2025 entre le gouvernement et le Fonds du Qatar pour le développement.  à travers cette convention, le fonds du Qatar pour le développement accorde au gouvernement, un montant de 50 millions de dollars américains (environ 31,447 milliards de Fcfa) composé d’un prêt de 45 millions et d’un don de 5 millions de dollars américains. Ce projet de loi également défendu par le ministre Moussa Alassane Diallo a été adopté par les membres du CNT à l’unanimité par 120 votants.

Dans la matinée, les parlementaires avaient examiné deux autres textes tous deux portés par le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kéléma. Le premier concernait la ratification de l’ordonnance n°2024-023/PT-RM du 31 décembre 2024 autorisant la ratification de l’accord de prêt signé à Lomé le 30 août 2024 entre le gouvernement et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) pour le financement partiel de la phase II du Programme de développement de l’irrigation dans le bassin du Bani et à Selingué (PDI-BS) dans le Moyen Bani.


À travers cet accord, la Boad accorde au gouvernement, un financement d’un montant global de 30 milliards de Fcfa avec une tranche concessionnelle de 5 milliards de Fcfa et une tranche souveraine de 25 milliards de Fcfa. Le texte a été adopté par 122 votants avec une voix contre. Le second texte est le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°2025-001 du 13 janvier 2025 portant création du projet de mise en valeur des plaines rizicoles de Tombouctou. Les membres du CNT l’ont adopté à l’unanimité avec 125 votants.

Deux autres textes à l’ordre du jour ont été renvoyés à la prochaine séance pour complément d’informations.

Dieudonné DIAMA

Lire aussi : Mopti et Ségou : Les terroristes en déroute

Les vecteurs aériens des Forces armées maliennes (FAMa) ont mené le 2 avril, des frappes précises et décisives qui ont neutralisé plusieurs groupes terroristes dans les Régions de Mopti et Ségou, a annoncé, ce samedi, l'État-major général des Armées dans un communiqué..

Lire aussi : Kita : L’auteur du quintuple meurtre condamné à la perpétuité

Ce verdict met fin à une affaire tragique qui s'était déroulée dans la nuit du 6 au 7 décembre 2023. Broulaye Coulibaly avait assassiné successivement les deux épouses de son oncle avant d’ôter la vie à trois enfants..

Lire aussi : Kidal: Des auteurs de poses d'engins explosifs improvisés neutralisés

Les Forces armées maliennes (FAMa) ont porté un coup dur aux groupes armés terroristes, ce jeudi 2 avril à 45 km au sud-est de Kidal. Une dizaine de véhicules et plusieurs motos ont été détruits..

Lire aussi : Programme Protect : Le comité de pilotage tient sa première session

La session inaugurale du comité de pilotage du Programme de renforcement du système de protection de la population (PROTECT) s’est tenue, hier, dans la salle de réunion du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale..

Lire aussi : Campagne agricole 2025 : Des résultats encourageants, malgré un contexte difficile

Lors de sa 16è session tenue hier à la Primature, sous la présidence du Premier ministre Abdoulaye Maïga, l’instance agricole nationale a fait le bilan de la campagne dernière, présenté le programme 2026 et les projections sur 2027 et 2028 des activités du secteur primaire.

Lire aussi : EMP-ABB : 30 nouveaux diplômés en maintien de la paix et reconstruction de l’Etat

La cérémonie de remise des diplômes de la 3è cohorte du Master en maintien de la paix et reconstruction de l’État de l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye (EMP-ABB) a eu lieu, jeudi 2 avril, dans les locaux de l’institution..

Les articles de l'auteur

Amap : Abdel Kader Maïga, nouveau directeur de l’Agence nationale de presse du Mali

Dans la vague de nomination opérée au niveau de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap) il y a quelques jours, Abdel Kader Maïga prend les rênes de l’Agence nationale de presse du Mali..

Par Dieudonné DIAMA


Publié vendredi 20 février 2026 à 08:43

Palais de Koulouba : Un dîner à l’honneur des présidents Tiani et Traoré

Dans le cadre de la 2è session du collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a offert un dîner à l’honneur de ses hôtes le Général d’armée Abdourahamane Tiani du Niger et le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso, au palais de Koulouba dans la soirée du lundi dernier..

Par Dieudonné DIAMA


Publié mercredi 24 décembre 2025 à 08:32

Présidence de la Confédération AES : Le riche héritage du général d’armée Assimi Goïta

La Confédération des états du Sahel (Confédération AES) sous le leadership et la présidence du Général d’armée Assimi Goïta est aujourd’hui une réalité géopolitique au Sahel, en Afrique de l’Ouest et en Afrique de façon générale avec laquelle il faut désormais compter. Cette alliance créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger pour faire face aux défis communs sur le plan sécuritaire et de développement est en train de faire son petit bonhomme de chemin..

Par Dieudonné DIAMA


Publié lundi 22 décembre 2025 à 08:57

Gestion de la crise des hydrocarbures : Comment le gouvernement et les opérateurs pétroliers ont déjoué les pronostics

Ces derniers mois ont été marqués par un changement de posture des groupes armés terroristes qui ont décidé de s’attaquer aux sources d’approvisionnement du pays en produits pétroliers dans le but d’asphyxier l’économie nationale et de révolter les populations contre les autorités..

Par Dieudonné DIAMA


Publié mardi 09 décembre 2025 à 08:51

Couverture de la 2è session du Collège des Chefs d’État de la Confédération AES : Les médias intéressés invités à se manifester pour les accréditations

La 2è session du collège des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel (AES) se tiendra à Bamako les 22 et 23 décembre prochains. En prélude à cette importante rencontre, la commission nationale d’organisation est à pied d’œuvre pour une éclatante réussite..

Par Dieudonné DIAMA


Publié mardi 09 décembre 2025 à 08:43

Boubacar Samaké, président du COSAES Libye : «Les trois Chefs d’État de l’AES sont des libérateurs et des patriotes engagés»

Dans cet entretien, Boubacar Samaké, président du Comité de soutien à l’Alliance des États du Sahel en Libye (COSAES Libye), explique les raisons qui ont motivé la création de son association. Il appelle les populations de la Confédération des États du Sahel (AES) à soutenir les Chefs d’État du Mali, du Burkina Faso et du Niger qu’il qualifie de messies, de libérateurs et de patriotes engagés..

Par Dieudonné DIAMA


Publié mercredi 03 décembre 2025 à 08:55

Dr Aly Tounkara : «Nous assistons à une réduction nette de l’intensité des conflits…»

Dans cet entretien, le directeur exécutif du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel(CE3S) livre son analyse sur la nouvelle posture des groupes radicaux violents qui s’attaquent désormais aux sources de ravitaillement du pays en carburant. Dr Aly Tounkara se prononce aussi sur les informations non fondées circulant sur un éventuel encerclement de Bamako et sur les actions à mener par les autorités pour contrer ces fausses informations alarmistes.

Par Dieudonné DIAMA


Publié mardi 25 novembre 2025 à 08:34

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner