Vue d’un grand carrefour de la capitale dans la journée d’hier
La fluidité de la circulation à Bamako ne passe pas
inaperçue. Il suffit de faire un tour dans la ville pour s’en convaincre. Les
routes sont très accessibles du fait du faible nombre de voitures dans la
circulation. De Kalaban Coro, au Quartier du fleuve, en passant par la Tour
d’Afrique et le Grand marché de Bamako, ça roule partout au grand bonheur des
usagers.
Automobilistes, motocyclistes, piétons sont unanimes que le départ de
certains usagers à l’intérieur du pays et la reprise ineffective des activités
économiques sont à l’origine de cette fluidité. Il est 8h30 : au niveau
d’un feu tricolore à Torokorobougou en Commune V du District de Bamako, un
motocycliste indique que la fluidité de la circulation est due au fait que
beaucoup d’usagers sont encore chez eux pour la fête. Et d’ajouter que d’autres
n’ont pas repris leurs activités.
Il soutient qu’il faut attendre le lundi 18
juillet pour que les routes reprennent leur traditionnelle ambiance. Vers la pharmacie du deuxième pont à
Badalabougou, l’embouteillage n’est pas au rendez-vous comme à l’accoutumée.
Madou Coulibaly, vendeur de cigarettes et d’essence, abonde dans le même le
sens. Selon lui, cette faible fluidité de la circulation impacte son business.
«On fait beaucoup de ventes quand les gens circulent», reconnaît le
quadragénaire.
Quelques mètres plus loin, Gouro Bocoum vend des lunettes. Selon lui, la circulation est très fluide. Il pense que c’est l’effet de la fête de l’Eid-el-Adha. à l’en croire, les gens sont allés fêter dans leur localité d’origine. Grâce à cette fluidité, estime-t-il, les piétons traversent la route sans grand souci. Le jeune vendeur de 21 ans confie qu’en temps normal, les piétons peuvent attendre plusieurs minutes avant de pouvoir traverser la route. Cependant, il regrette a faible affluence des usagers qui impacte son commerce. En face du Centre international de conférences de Bamako (CICB), un taximan se lamente : «Je ne peux rien vous dire par rapport à la fluidité. C’est ce mardi que j’ai commencé à travailler. Pour le moment, je n’ai eu aucun client».
PÉRIODE DE REPOS-Au marché appelé «Placi kôrô», la Sotrama
de Chaka Diarra est arrêtée. C’est hier qu’il a repris le travail. Avant la
fête, c’était bloqué partout, dit-il.
Selon lui, les gens profitent de la fête pour se reposer. Il les
encourage dans ce sens pour conserver leur santé. Chaka est convaincu que la
fluidité prendra fin au plus tard vendredi. Pour son collègue Fousseyni Traoré,
la fluidité profite surtout aux piétons, pas aux conducteurs de Sotrama. «Les
clients se font rares, les lendemains de fête et c’est difficile d’avoir la
recette», explique le chauffeur.
Les parkers témoignent également de la réduction du nombre d’usagers de la circulation. Sékou Sidibé, gérant d’un parking de motos au Grand marché précise qu’aux lendemains de la fête, il tourne avec une moyenne d’environ 100 motos contre plus de 300 en temps normal. À Jana parking, la fluidité de la circulation apporte son lot de baisse des revenus. Issa Djiré, l’agent de ce parking, nous montre du doigt les espaces vacants de son site. Avant la fête, dit-il, le parking était super occupé. Ce mardi, comptabilise notre interlocuteur, il y a eu moins de 100 voitures. Alors que d’habitude, il gère plus de 260 véhicules par jour.
Mohamed DIAWARA
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