Violences psychologiques : Attention à la moindre négligence !

Cette situation aboutit très souvent à une instabilité chez la personne, voire la déprime. Au regard des conséquences sur le psychisme, il est conseillé de consulter les psychologues ou d’autres spécialistes pour une prise en charge

Publié lundi 29 mai 2023 à 06:04
Violences psychologiques : Attention à la moindre négligence !

Ces  violences que subissent les enfants (dans la majorité des cas) peuvent déboucher sur la dépression qui est un problème de santé publique

 

 

«Je suis issu d’une famille polygame avec deux belles-mères. J’ai perdu ma mère très tôt, depuis mes 11 ans. Bien avant son décès, j’avais des difficultés d’adaptation au sein de la famille, car mon père m’a toujours rejeté avec mes trois frères utérins.

Nous vivions le calvaire des mensonges de nos marâtres, de privation de nourritures et d’autres sévices. Après avoir obtenu le diplôme d’études fondamentales (DEF), j’ai fugué pour aller à Tombouctou chez ma sœur aînée dont le mari avait du mal à m’accepter. Il me battait et confisqua mon téléphone portable pour m’empêcher de dénoncer ses maltraitances.


Avait-il atteint la cime de la cruauté au point de me refuser des soins ? Je ne disposais que de deux fringues. Je plaignais ma sœur qui était sous l’emprise de son époux. J’ai redoublé la 10è année et suis revenue dans la maison paternelle. Je n’étais pas au bout de mes peines parce que j’étais constamment renvoyée de la maison et dormait souvent dans des maisons en chantier abandonnées.

En classe de terminale, mon père m’a finalement chassé de la famille. J’ai fini par trouver gîte et couvert chez un oncle à Baco Djicoroni Golf (en Commune V du  District de Bamako). L’épouse de ce dernier m’accusait d’entretenir une complicité avec lui dans ses virées nocturnes et me sevrait aussi de nourriture. 


Je finis par opter pour un petit boulot de technicien de surface où j’avais en charge de nettoyer une rôtisserie chaque matin avant d’aller à l’école et revenir faire des petites commissions. J’avais une indemnité de 500 Fcfa par jour que je percevais tous les trois jours. Ce qui permettait de m’alimenter».


C’est toujours notre martyr du jour qui poursuit ses explications. «J’ai exercé d’autres petits métiers pour une question de subsistance. Mon baccalauréat en poche, je n’ai eu aucun soutien de mon père. J’ai proposé à une université privée de la ville de me mettre en relation avec des lycées partenaires pour grossir son effectif. En contrepartie, cette université devrait m’exempter de paiement de frais pour la formation.


Ce deal fut accepté». Ce témoignage poignant d’un jeune garçon, qui a demandé à garder l’anonymat, sur l’enfer familial donne froid dans le dos.  Mais rappelle surtout  que la violence quelle que soit la forme (physique, morale ou psychologique) peut aboutir à de graves conséquences comme la déprime, voire la dépression ou faire basculer dans l’univers de la prostitution ou de la drogue, entre autres.

Dans le cas du jeune garçon, il a fini par nourrir une haine viscérale à l’égard de son géniteur et aurait frôlé la dépression.  Or dans notre société, la santé mentale est une question taboue. Peu de gens acceptent de l’aborder, notamment en famille ou dans les médias. Pourtant, la violence surtout psychologique peut déboucher sur la dépression qui est un problème de santé publique.

 

60% de femmes-Il est établi par des spécialistes que les réalités sociales auxquelles nous sommes confrontées quotidiennement impactent le psychisme de l’être humain. Ces réalités peuvent être d’ordre relationnel à savoir des difficultés d’adaptation sociale, liées à la vie en couple ou à une situation monoparentale. Le manque d’affection, le chômage, la violence parentale et l’addiction aux stupéfiants (drogue) ou à l’alcool sont aussi incriminés comme pouvant être à l’origine de la dépression mentale. Il faut simplement comprendre que ça ne concerne pas que les autres.


Dr Ibrahim Haïdara, promoteur du cabinet psychologique «PSY2A» explique que le mal être représente un fréquent motif de consultation dans son cabinet. Selon ses statistiques, 40% des adultes qu’il reçoit sont des hommes adultes. Et les femmes représentent 60%. Pour le psychologue, la consommation d’alcool ou de stupéfiants, les déboires conjugaux, les problèmes d’héritage, les harcèlements et problèmes sexuels, le divorce et autres peuvent être des facteurs déclencheurs. Et d’expliquer clairement que certaines situations peuvent fragiliser et déboucher sur de graves conséquences.

 

Un père alcoolique- «Mes parents biologiques m’ont donné en adoption à une tante sous prétexte qu’elle n’avait pas eu d’enfant. Mon père envoyait chaque mois de l’argent pour ma prise en charge et cette femme s’en servait pour payer ses tontines. Je souffrais en silence des maltraitances de cette tante et finit par faire des choses dont je ne suis pas fière aujourd’hui.


Je suis passée par la prostitution et avais même basculé dans l’univers de la drogue. J’ai contracté une grossesse et ma tante m’a renvoyée chez mes parents. Aujourd’hui, je suis une mère célibataire. Ce vécu m’a beaucoup affecté et j’en suis dépressive. J’essaie de me reconstruire mais je suis devenue très agressive et je n’ai aucun scrupule à utiliser tous les moyens pour me défendre», explique la jeune fille.

Selon le psychologue, c’est une forme de dépression. Mais il a tenu à préciser que toutes les consultations psychothérapeutiques ne sont synonymes de folie. Certaines gens sont simplement instables. Un exemple anonyme.


Un jeune garçon explique avoir vécu de graves violences psychologiques et physiques de la part de son père alcoolique depuis qu’il avait 12 ans. «Toute ma fratrie a souffert de cette violence avec des paroles obscènes, des agissements d’un père qui n’avait cure de l’avenir de ses enfants et finira même par divorcer». Il ajoute avoir été marqué par cet épisode de sa vie. «J’étais donc refugié dans la drogue et fumait mon cannabis à 15 ans».

Il reconnaît que le mal être psychologique peut impacter nos comportements. Il faut donc consulter les spécialistes parce qu’une négligence coupable peut aboutir à des situations dramatiques. Le psychologue plaide pour une prise en charge gratuite des consultations psychologiques au regard de ses conséquences 

Kadiatou OUATTARA

Rédaction Lessor

Lire aussi : Lutte contre le terrorisme : Les FAMa intensifient leurs opérations sur les théâtres Est et Centre

Les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires, poursuivent leurs opérations permanentes de surveillance, de contrôle et de sécurisation du territoire national dans le cadre de l'opération Dougoukoloko..

Lire aussi : Fonction publique d'État : 1.122 emplois mis en compétition

Les concours directs de recrutement dans la Fonction publique d'Etat au titre de l'année budgétaire 2026 sont ouverts. Le ministère l'a annoncé à travers un communiqué rendu public sur ses plateformes digitales..

Lire aussi : À l'heure du Mali : Kidal ne sera jamais Canossa

L'histoire médiévale nous enseigne qu'en 1077, un empereur germanique, se sentant excommunié par le pape, s'en est allé s'agenouiller devant ce dernier à Canossa, petite ville italienne, s'avouant vaincu et demandant pardon pour que son pouvoir soit sauf. Cela après trois jours d'attente, pied.

Lire aussi : Talhandak, Kidal et Tessalit : Des positions terroristes ciblées et traitées avec précision

Engagées dans l’opération Dougoukoloko, les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires, ont mené ce mercredi 7 octobre 2026 de nouvelles frappes aéroterrestres décisives dans le théâtre Est, ciblant avec succès plusieurs positions stratégiques de groupes armés terro.

Lire aussi : Renforcement de la présence des FAMa à Kidal : Le Gouvernement salue une étape clé pour la souveraineté nationale

Le Gouvernement de la Transition porte à la connaissance de l'opinion que les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires russes, poursuivent le renforcement et la consolidation de leur présence dans la Région de Kidal, dans le cadre de l'opération Dougoukoloko. Ainsi, le 6 .

Lire aussi : Sécurisation du territoire : Les FAMa frappent les groupes terroristes au Centre et à l’Est

Dans le prolongement de son précédent communiqué, l’état-major général des Armées annonce que les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires russes, poursuivent l’opération baptisée Dougoukoloko, lancée ce mardi 6 octobre 2026 dans le théâtre Est..

Les articles de l'auteur

Coopération Mali-HCR : Le ministre rencontre le haut-commissaire aux réfugiés à Genève

En marge des travaux de la 77ᵉ session ordinaire du Comité exécutif du Programme du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Genève en Suisse, le Haut-Commissaire Barham Salih a reçu en audience le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 16 octobre 2026 à 14:57

Burkina : Le Premier ministre reçoit les ministres de l’Enseignement supérieur de l’AES et du Togo

Le Camarade Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a reçu en audience, le mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou, les ministres en charge de l’Enseignement supérieur des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et du Togo. Cette audience s’inscrit dans le cadre de la deuxième Conférence des responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR) de l’AES, tenue les 13 et 14 octobre dans la capitale burkinabè..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 16 octobre 2026 à 14:50

Niger : Un nouveau programme en vue avec le fmi pour 118 milliards de fcfa

Les autorités nigériennes et les services du Fonds monétaire international (FMI) sont parvenus, la semaine dernière, à un accord sur un nouveau programme de 38 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), après la conclusion d’un accord au niveau des services sur la dernière revue du programme économique appuyé par la même facilité..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 16 octobre 2026 à 14:49

Négociations AES-Cedeao : Les experts du Mali, du Niger et du Burkina Faso harmonisent leurs vues

En prélude aux premières négociations formelles entre la Confédération des états du Sahel (AES) et la Communauté économiques des états de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), des experts du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont tenu une rencontre préparatoire, mercredi 14 octobre 2026, à Ouagadougou.

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 16 octobre 2026 à 14:33

Diaspora malienne : Renforcement du dialogue pour une meilleure inclusion

La première réunion du Comité de pilotage du Cadre de concertation des Maliens établis à l’extérieur (CCMEX) s’est ouverte hier dans un hôtel de Bamako. La cérémonie a été présidée par le secrétaire général du département, Amadou Diarra Yalcouyé..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 16 octobre 2026 à 14:05

Lutte contre le terrorisme : Les FAMa neutralisent deux importantes bases terroristes dans les régions de Dioura et Ségou

Dans le cadre de l’opération Dougoukoloko, les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires, ont mené avec succès deux frappes aériennes de précision les 14 et 15 octobre 2026..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 15 octobre 2026 à 16:51

Mois de la solidarité : 200 kits scolaires remis aux élèves de l’école fondamentale de ngolobougou

Dans le cadre de la 31ᵉ édition du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, 200 kits scolaires ont été remis, le mercredi 14 octobre 2026, aux élèves de l’école fondamentale de Ngolobougou, dans la Commune rurale de Kalaban-Coro..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 15 octobre 2026 à 09:51

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner