Le secteur de l’agriculture est frappé de plein fouet par les effets du changement climatique
Pour toucher du doigt la
réalité, notre équipe de reportage s’est intéressée à un certain nombre de
secteurs dans la Région de Sikasso. Il s’agit notamment de l’agriculture,
l’environnement, l’élevage et la santé. «L’arrivée précoce des
pluies, celle tardive, les poches de sécheresse en début d’hivernage et
l’abondance des pluies lors de l’hivernage», le président de la Chambre
régionale d’agriculture, Abdoulaye Bamba, dresse le tableau des défis auxquels
les producteurs de Sikasso font face à cause des effets du changement
climatique.
Le phénomène a quasiment
bouleversé le calendrier des producteurs. Il leur cause de grosses pertes. Il
s’agit de l’assèchement de certains plants ou encore la destruction totale
d’autres à cause de l’abondance de l’humidité du sol ou encore des inondations.
«Cette année, l’humidité du sol a détruit ma parcelle de 2 ha de papaye»,
confie Abdoulaye Bamba. Il renchérit avec le cas de la parcelle de riz de la
plaine de Loulouni qui a été submergée par l’eau (90% des plants de riz ont été
détruits) et celui des orangers qui ont été déracinés par la tornade à
Hérémakono.
Par ailleurs, le président
de la Chambre régionale d’agriculture dit que de nos jours, le secteur de
l’agriculture de la région est frappé de plein fouet par ces effets. Il
reconnaît que Sikasso est une zone tropicale humide, mais les producteurs ne
sont pas habitués à ces intempéries. «Avant, l’hivernage débutait au mois de
mai pour prendre fin en septembre mais actuellement, il commence en juillet et
se termine jusqu’en novembre». Il invite les producteurs à suivre les conseils
des techniciens de la direction régionale de l’agriculture, de la Compagnie
malienne de développement des textiles (CMDT) ainsi que de la météo qui les
encadrent.
BOULEVERSEMENTS – Tout
comme l’agriculture, l’environnement est également touché. Le directeur
régional de l’assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances
(DRACPN), Moussa Ballo, affirme que l’environnement à Sikasso est confronté à
un certain nombre de défis. Il s’agit de la diminution de la biodiversité et
des ressources naturelles, de la pollution de l’air et du déversement du
contenu des latrines lors des inondations (ce qui a des impacts sur la santé
humaine). Pour réduire les effets du
changement climatique sur l’environnement, M. Ballo préconise la réduction de
la quantité des déchets. À cet effet, il a mis un accent particulier sur la
transformation des cartons en alvéoles,
Sur le même registre, le
responsable de la DRACPN de Sikasso, souligne que les exploitants des
charrettes doivent verser le contenu des latrines dans les stations de vidange.
C’est de là que ces contenus seront transformés en engrais organiques pour les
champs de culture. Toute chose qui permettra à la population du Kénédougou de
consommer des produits bio (bons pour la santé).
Sur le plan sanitaire,
l’Étude de cas sur le Mali dénommé « Comment le changement climatique et
environnemental aggrave les conflits et les inégalités » précise que la hausse
des températures et du nombre de journées très chaudes aboutira à des canicules
plus fréquentes. La population touchée par,
au moins, une vague de chaleur par an passera de 2% en 2000 à entre 3,6 et 9%
en 2030 au Mali. Ce qui, selon l’étude, pourra se traduire par une hausse de la
mortalité liée à la chaleur.
BÉTAIL À LA PEINE – «Cette
année, les fréquentes inondations du fait du changement climatique ont causé
des dégâts au cheptel de la région. Il s’agit principalement des animaux dans
les localités de Zangaradougou, Finkolo, Kignan et Loulouni», déclare le
directeur régional des productions et industries animales, Jean Martin Kamaté.
Selon lui, dans les zones de pâturages, les crues ont réduit le mouvement des
animaux tout en leur rendant difficile l’accès aux marchés de bétail. « Toute
chose qui impacte négativement sur le circuit d’approvisionnement des marchés
de bétail », explique-t-il. Les vents violents,
également causés par le changement climatique, détruisent les arbustes et
dégradent la nature. Cela complique l’alimentation du bétail. Pour remédier à
la situation, M. Kamaté appelle les éleveurs de Sikasso à la résilience.
Quant à la présidente de
l’Association des femmes engagées pour la lutte contre les effets néfastes du
changement climatique (AFECC) du Mali, Aïssata Keita, elle apporte des
éclaircissements. Pour le cas du Mali, elle soutient que le pays est exposé aux
aléas climatiques qui perturbent considérablement les activités économiques. Cela,
à travers des sècheresses récurrentes, la raréfaction des ressources naturelles
et les phénomènes extrêmes. «Tous les secteurs sont impactés mais
l’agriculture, l’élevage et l’environnement restent largement tributaires de
ces aléas», indique–t-elle.
En termes de perspectives,
la présidente de l’AFECC priorise notamment l’éducation, l’information et la
sensibilisation du public sur les causes et les conséquences du changement
climatique, tout en mettant en lumière les questions urgentes liées au phénomène.
Aïssata Keita invite, également, les médias à diffuser des messages de
plaidoyer sur les effets du phénomène en direction des décideurs.
POLITIQUE NATIONALE – Selon
l’assistant technique de l’Agence de l’environnement et du développement
durable (AEDD), Abdrahamane Dème, le gouvernement du Mali est conscient des
grands risques et enjeux du changement climatique. «C’est pourquoi, la vision
de sa politique nationale sur les changements climatiques est de définir d’ici
2025 un cadre de développement socio-économique durable. Ce qui intègre les
défis du changement climatique dans tous les secteurs de son développement afin
d’améliorer le bien-être des populations», dit M. Dème.
Cette politique se développera autour des cinq piliers opérationnels définis à Bali lors de la COP13 en 2007 : la vision partagée, l’adaptation, l’atténuation, le transfert de technologies et le financement, tout en associant de manière intégrée l’ensemble des programmations et acteurs du monde. Également, suite à l’accord de Paris, le Mali a mis en œuvre sa Contribution déterminée au niveau national (CDN) dans quatre secteurs : À l’horizon 2023, elle fixe les ambitions nationales de réduction de gaz à effet de serre à 39% pour les changements d’affectations des terres et la foresterie, 31% pour l’énergie, 31% pour les déchets et 25% pour l’agriculture.
Par ailleurs, l’assistant technique de l’AEDD a ajouté qu’en matière de lutte contre les effets du changement climatique, le gouvernement du Mali a, entre autres, élaboré la Politique nationale sur le changement climatique (PNCC), la Stratégie nationale sur le changement climatique (SNCC) et le Plan d’action national climat (PANC).
Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso
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