Notre pays a décidé de faire de ses ressources minières un véritable levier de développement économique en privilégiant leur transformation locale et une meilleure valorisation au profit des populations. En témoignent les réformes engagées dans le secteur minier depuis l’arrivée des autorités de la Transition.
Parmi lesquelles, les Audits du secteur minier, le nouveau Code minier, la renégociation des conventions, l’assainissement du cadastre, la création de nouvelles structures de gouvernance, le lancement de la raffinerie nationale d’or et la diversification de la production avec le lithium. La présentation de ce bilan était au cœur d’une rencontre d’échanges animée par le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, ce mercredi 8 juillet 2026, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). L’initiative se tient dans le cadre de l’an cinq de la Transition.
Dans son exposé, Pr Amadou Keïta a situé les réformes dans un contexte international marqué par la transition énergétique et la compétition croissante autour des ressources minérales stratégiques. Face à cette évolution, a-t-il expliqué, le Mali entend désormais faire de ses ressources un véritable levier de développement économique en privilégiant leur transformation locale et une meilleure valorisation au profit des populations.
Selon le ministre, cette orientation s’est traduite par la réalisation d’un audit du secteur minier ayant révélé des insuffisances dans les relations contractuelles entre l’État et certaines sociétés minières, mais également des faiblesses au niveau du dispositif institutionnel. Ces constats ont conduit à l’adoption, en 2023, d’un nouveau Code minier ainsi qu’à une loi spécifique relative au contenu local destinée à accroître la participation des entreprises et des compétences nationales dans l'industrie extractive.
Le chef du département des Mines a indiqué que les négociations engagées avec plusieurs compagnies minières à la suite de ces audits ont permis de recouvrer plus de 760 milliards de Fcfa au profit du Trésor public. Il a également rappelé l’annulation de 121 titres miniers qui a permis d’assainir le cadastre minier et de renforcer la transparence dans la gestion des permis.
Le nouveau Code minier introduit plusieurs innovations majeures notamment la participation de l’État et des investisseurs privés nationaux dans les projets miniers, la création de cinq fonds destinés au développement local et à l’appui du secteur, la suppression de certaines exonérations fiscales durant la phase d’exploitation.
Sur le plan institutionnel, le ministre a mis en exergue la création de plusieurs structures dont la Brigade spéciale des Mines chargée de lutter contre l’exploitation illégale, l’Office malien des substances précieuses (Omasp), la Société du patrimoine minier du Mali (Sopamim) et la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales (Sorem). Il a également salué la mise en service d’un nouveau cadastre minier numérique conçu par des experts maliens afin de moderniser la gestion des titres miniers.
Le Pr Amadou Keïta a aussi évoqué les efforts entrepris pour accroître la valeur ajoutée des ressources nationales. À ce titre, il a cité le projet de construction de la première raffinerie nationale d’or, qui devrait permettre de transformer localement la production aurifère avant son exportation. Il a également souligné les avancées enregistrées dans la diversification du secteur avec les projets de lithium de Goulamina et de Bougouni appelés à renforcer la position du Mali sur le marché africain de ce minerai stratégique.
Le ministre a, en outre, rappelé que le Fonds minier de développement local a permis de redistribuer 18,4 milliards de Fcfa aux collectivités territoriales pour financer des infrastructures dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’hydraulique et des routes.
Abordant les perspectives, le Pr Amadou Keïta a indiqué que les priorités porteront notamment sur la formation des ressources humaines, l’opérationnalisation de l’École des Mines et du Pétrole, le renforcement du suivi des exploitations minières, la poursuite de la diversification des ressources, le développement de la transformation locale des minerais et l’émergence de champions nationaux dans l’industrie extractive.
« L’ensemble de ces réformes participe de la volonté des autorités de faire du secteur minier un moteur de croissance, de création de valeur et de développement durable au bénéfice de l’économie nationale et des populations maliennes », a fait savoir le ministre.
Makan SISSOKO
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