Mamoudou Abdoulaye Diallo a été reconduit à la tête de l’organisation
Cette rencontre a également permis le renouvellement du Conseil d’administration de l’interprofession. Composé de 60 membres, celui-ci regroupe 20 producteurs, 20 marchands de bétail et 20 transformateurs. Une dizaine de femmes y siègent désormais, témoignant d’une meilleure prise en compte de leur rôle dans la chaîne de valeur. La cérémonie de clôture des travaux était présidée par le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de Corps d’Armée, Ismaël Wagué.
À la suite de sa reconduction, Mamoudou Abdoulaye Diallo a exprimé sa reconnaissance aux représentants des 20 régions pour la confiance renouvelée. Pour lui, cette décision constitue une reconnaissance du travail accompli au cours du premier mandat. « Cela dénote que nous avons été à la hauteur et que nous avons rempli la mission que les acteurs de la filière nous avaient confiée », a-t-il déclaré.
Le président de l’IFBV a rappelé le poids stratégique de l’élevage dans l’économie nationale et son rôle dans la vie de millions de Maliens. Il a souligné que l’interprofession rassemble l’ensemble des maillons essentiels de la chaîne de valeur, allant des producteurs aux transformateurs, en passant par les marchands de bétail.
Pour ce nouveau mandat, l’ambition affichée est de consolider les acquis et d’étendre davantage l’implantation de l’organisation au niveau national et international. Mamoudou Abdoulaye Diallo entend également insuffler une nouvelle dynamique au développement de la filière, avec l’accompagnement de l’État et des partenaires techniques et financiers.
L’un des grands défis sera toutefois de renforcer l’autonomie financière de l’IFBV. À cet effet, son président plaide pour la mise en place de mécanismes de mobilisation de ressources internes, notamment à travers des prélèvements sur les exportations de bétail et les transactions effectuées sur les marchés à bétail. « Si nous arrivons à développer notre propre stratégie de mobilisation interne des ressources, nous pourrons nous autofinancer », a-t-il expliqué. Ces ressources pourraient contribuer au financement d’infrastructures indispensables au développement de la filière, notamment la construction et l’aménagement de marchés à bétail, la réalisation de parcs de vaccination et la mise en place de pharmacies vétérinaires rurales. Autant d’équipements destinés à améliorer les conditions de travail des professionnels et à faciliter l’accès des éleveurs aux services vétérinaires.
Mamoudou Abdoulaye Diallo a également salué les efforts des pouvoirs publics en faveur du secteur, citant notamment la stratégie nationale de sécurisation du bétail et la préparation des états généraux de l’élevage. Il a souhaité que ces initiatives ouvrent de nouvelles perspectives pour une filière plus compétitive et mieux structurée.
À l’ouverture des travaux, le secrétaire général du ministère de l’Élevage et de la Pêche, Balla Keïta, a rappelé le cadre juridique et les missions assignées à l’IFBV. Créée dans le cadre de la Loi d’orientation agricole (LOA), l’interprofession a pour vocation de représenter et défendre les intérêts des acteurs de la filière, promouvoir et valoriser le bétail-viande, mais aussi faciliter le dialogue entre les différents maillons.
Elle joue également un rôle dans la prévention et la gestion des conflits, le renforcement de la solidarité entre professionnels ainsi que l’amélioration de la sécurité sanitaire animale et alimentaire. Malgré sa relative jeunesse, l’IFBV a enregistré plusieurs avancées, selon Balla Keïta. Parmi celles-ci, figurent le renforcement des capacités des familles professionnelles et l’obtention du certificat d’enregistrement du label des viandes rouges « Mali Sogo » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). Pour le secrétaire général, ce label représente un outil majeur de valorisation du bétail malien. Il a invité les acteurs à mieux l’exploiter afin d’accroître la présence de la viande malienne sur les marchés régionaux et internationaux.
Le renforcement des capacités des acteurs et la médiation entre les différentes catégories professionnelles figurent également parmi les acquis majeurs.
À l’heure où le Mali ambitionne de faire de l’élevage un véritable moteur de croissance et de création de richesses, le nouveau mandat de l’IFBV s’annonce comme celui de la consolidation. Entre structuration des acteurs, conquête de nouveaux marchés et recherche d’une autonomie financière durable, l’interprofession devra transformer ses acquis en leviers pour bâtir une filière bétail-viande plus forte, plus organisée et davantage compétitive.
Makan SISSOKO
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