Le 12 juillet 2026, entre 9 heures et 10 heures, Issa Koné, un ouvrier d'une quarantaine d'années, a été retrouvé sans vie dans sa chambre. Son corps, couvert de sang, portait de nombreuses blessures. Très vite, la nouvelle s’est repandue comme une trainée de poudre dans tout le quartier et ses environnants. Alertés, les éléments de la Police et ceux de la Protection civile se sont rendus sur les lieux. Une fois sur place, ils ont constaté l’horreur avant de procéder aux constatations d'usage en l’espèce. Puis la dépouille du malheureux a été évacuée à la morgue. Une enquête a aussitôt été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame et identifier le/ou les auteurs.
À la suite des premières investigations, les soupçons se sont rapidement orientés vers l'épouse de la victime, une certaine Bintou Fomba, plus connue sous le sobriquet « Batoma ». Interpellée puis auditionnée par les éléments enquêteurs, elle a d'emblée rejeté toute implication dans cette sordide histoire. Teigneux, les officiers de police judiciaire (OPJ) l’ont bardée de questions. Ne sachant plus quoi répondre, la dame a craqué avant reconnaître les faits, selon des sources proches de l'enquête.
L’élément déclencheur d’un acte criminel- D'après ses déclarations, les relations avec son mari s'étaient fortement dégradées ces derniers mois. Elle lui reprochait notamment ses retours tardifs à la maison après le boulot, son manque de participation aux dépenses du foyer ainsi que son projet de contracter un second mariage. C’est en réalité ce dernier projet qui fut l’élément déclencheur pour qu’elle passe à l’acte. Les enquêteurs se sont intéressés à un autre épisode de l’union de ce couple, survenu quelques jours auparavant.
Selon plusieurs témoignages recueillis dans le voisinage, le samedi 4 juillet 2026, l'épouse aurait demandé à son mari de l'accompagner sur les berges du fleuve Niger pour y déposer des résidus d'une préparation sacrificielle. Une fois sur place, le nommé Issa Koné aurait été agressé par des individus qui l'auraient violemment frappé avant de disparaître avec sa moto. Et son épouse aurait assisté à cette scène sans broncher. Toute fois, les enquêteurs cherchèrent encore à établir un éventuel lien entre cette agression et le meurtre survenu quelques jours plus tard.
Toujours selon les informations recueillies au cours de l'enquête, après cette agression, Bintou Fomba aurait acheté une nouvelle moto à son mari et lui aurait remis une somme de 100 000 francs CFA pour l'aider à préparer son futur mariage. Histoire de faire oublier à son époux l’agression, dont il a été victime sur la berge. Cependant, les limiers pensent que c’était de la poudre aux yeux et soupçonnent une profonde rancœur persistante chez cette femme. Le jour où tout a basculé, c’était un dimanche. Complètement aveuglée par la jalousie, elle aurait attendu que son mari soit seul dans leur chambre à coucher pour en finir avec lui, après avoir soigneusement préparé son plan.
C’est ainsi que, profitant de l’inadvertance de son époux, elle se saisi d’un pilon pour le frapper sur la tête. Le coup était si violent que le pauvre chuta d’un seul coup à terre. Envahie par la rage, elle s’acharna sur le pauvre déjà à terre et lui asséna plusieurs coups de machette à la tête et à la poitrine. D’où sa mort.
Après les faits, la principale suspecte se serait rendue sur le lieu de travail de son désormais défunt mari, à Sabalibougou-Courani, non loin de l'abattoir frigorifique. Là, elle annonça à ses collègues la mort de son époux qui, aurait-elle dit, a été victime d'une attaque de bandits armés à leur domicile.
Mais avant, la suspecte avait envoyé leur fille chez les parents de son défunt mari à Sikasso. Dans la foulée, elle aurait fait main basse sur plusieurs effets personnels de la victime, notamment ses téléphones portables et les clés de ses deux véhicules en réparation. Selon les enquêteurs, c'est le comportement jugé inhabituel de l'épouse, combiné aux différents éléments recueillis au cours des investigations, qui a fini par attirer leur attention et conduire à son interpellation.
Les investigations ont également révélé qu'Issa Koné devait, le jour même des faits (dimanche), se rendre dans sa future belle-famille, située dans un quartier périphérique de l'Arrondissement III du District de Bamako, dans le cadre de son projet de mariage. Alors que les enquêtes se poursuivaient pour établir toutes les circonstances de cette sordide histoire, la victime devrait être inhumée le lendemain des faits (lundi) au cimetière de Fana, localité dont le couple serait originaire.
Tamba CAMARA
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