Le procès de l’ancien directeur de la sécurité d’Etat, le Colonel-major Kassoum Goïta et ses coaccusés se poursuit devant la chambre criminelle de la Cour d’appel, avec la comparution ce lundi 20 juillet 2026 du témoin Soumaila Bagayoko. Sergent-chef de l’Armée au moment des faits, ce dernier est un neveu du «féticheur» Issa Samaké dit «Djoss», aussi mis en cause dans la même affaire.
Dans son témoignage, Soumaila Bagayoko a déclaré que tout a commencé le jour où son oncle lssa Samaké lui a joint au téléphone en lui demandant de venir. «Quand je suis venu, il m’a parlé d’un projet de coup d’Etat qui sera dirigé par l’ancien directeur de la sécurité d’Etat, le Colonel-major Kassoum Goïta». Et de poursuivre : «Dans la foulée, mon oncle m’a mis en contact avec le Colonel que j’ai rencontré une fois dans sa voiture nuitamment à Sotuba».
Soumaila Bagayoko a ensuite indiqué qu’au cours de leur trajet en véhicule, le Colonel-major Kassoum Goïta lui a confirmé qu’ils veulent faire le changement en faisant revenir l’ancien Président de la Transition, Bah Daou, au pouvoir. De ce fait, Kassoum Goïta lui aurait demandé s’il connait des éléments au niveau de la police nationale. Il lui aurait demandé également de fournir des «engins lourds». « C’est ainsi que je les ai dénoncés à la sécurité d’Etat à travers une connaissance là-bas », a souligné le témoin.
Chose surprenante, à la demande des juges, Soumaila Bagayoko a indiqué n’avoir pas pu identifier le Colonel-major Kassoum Goïta au moment de leur rencontre car, selon lui, il faisait sombre dans le véhicule.
A la demande du parquet, de savoir s’il a fait la dénonciation pour le pays ou pour les conforts, le témoin a répondu avoir agi par amour du Mali.
Quant à la défense, elle s’est demandée si quelqu’un d’autre ne s’est pas présenté à Soumaila Bagayoko au nom du Colonel-major Kassoum Goïta du fait qu’il n’a pas pu identifier l’officier supérieur ni reconnaitre sa voix même lors du procès.
Après son témoignage, Soumaila Bagayoko a été confronté à son «oncle» Issa Samaké et le Colonel-major Kassoum Goïta. Les deux accusés ont catégoriquement nié les allégations du témoin. Kassoum Goïta a déclaré n’avoir jamais vu ni rencontré Soumaila Bagayoko.
Juste après, la partie civile a, dans son réquisitoire, signalé qu’à la lumière du débat, il y a des points de convergence entre la tentative de «déstabilisation des autorités» d’alors et les accusés.
Dans la foulée, les juges ont suspendu le procès pour cause sanitaire suite à la chute brutale du représentant du contentieux d’Etat. L’audience reprend demain avec le réquisitoire du ministère public et la plaidoirie de la défense.
Bembablin DOUMBIA
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